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Un monde de solutions (II)

Une casse, et ça répare !

Consommation
Didier Dillens | Le Soir-Victoire pour Sparknews/Belgique
20/09/2014

Que faire d'une chaise bancale? D'un grille-pain qui ne marche plus? D'un pantalon dont la fermeture Éclair a déclaré forfait? On jette? On répare? Oui, mais...
La plupart d'entre nous ne savent plus réparer les objets acquis, génération « kleenex » que nous sommes. Ce savoir-faire existe pourtant toujours, il suffit de le partager avec d'autres.


S'entraider, c'est justement l'idée des Repair Cafés, les cafés de réparation. Désormais, le coup de la panne n'est plus seulement une technique de drague, mais une invitation à revoir nos habitudes de consommation, une ode à la convivialité et à l'entraide ! Le principe est simple : proposer des rencontres ouvertes à tous dont l'entrée est libre, avec des outils et du matériel disponibles, pour faire toutes les réparations possibles et imaginables. Des experts, tous bénévoles, sont aussi au rendez-vous: électriciens, couturières, menuisiers, réparateurs de bicyclette. On y apporte les choses en mauvais état que l'on a chez soi et on se met à l'ouvrage avec les gens du métier et ceux qui ont de l'expérience.


Lancé en 2009 aux Pays-Bas par la militante écologiste hollandaise Martine Postma, le Repair Café vise à limiter la production des déchets et a depuis essaimé dans de nombreux autres pays. Mais c'est sans doute en Belgique qu'il a connu le plus grand engouement.
Le premier Repair Café du pays a vu le jour à Bruxelles en septembre 2012; ils sont aujourd'hui 80 sur tout le territoire, dont 10 rien qu'à Bruxelles !
«Les premiers mois, les gens faisaient la file pour faire réparer leurs objets», se remémore avec enthousiasme Frédéric Vignaux, cofondateur et animateur du Repair Café de Berchem-Sainte-Agathe et vice-président de Repair Together, association qui mutualise les moyens nécessaires à la création et la gestion des Repair Cafés francophones de Belgique. « Ce qui est intéressant dans le concept, c'est le fait de réparer ensemble. C'est très participatif », continue Frédéric Vignaux.


Un Repair Café n'est cependant pas un atelier de réparation. « La réparation est gratuite, mais par contre, la personne qui vient avec un objet à remettre en état participe à sa réparation. Elle donne de son temps. Dans certains cas, comme réparer une bicyclette, faire de la couture, elle peut même acquérir un savoir-faire suffisant pour le faire toute seule.»
Vous l'aurez compris, dans les Repair Cafés, on répare les objets et les contacts humains. On y bavarde en prenant un thé, on y participe à des ateliers créatifs: «Ces endroits attirent aussi bien les gens qui n'ont pas les moyens financiers de faire réparer leurs appareils que ceux qui cherchent du lien social ou qui veulent lutter à leur manière contre l'obsolescence programmée et le gaspillage.» Une concurrence déloyale vis-à-vis des réparateurs classiques, les Repair Cafés? Pas du tout, estime Frédéric Vignaux: «C'est équivalent de l'aide que l'on se donne entre voisins.»


http://repairtogether.wordpress.com/

 

 

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