Irina Dovgan, une blonde svelte et souriante de 52 ans, raconte son calvaire de quatre jours qui a pris fin lorsque des journalistes étrangers l’ont aperçue à Donetsk, donnant à son histoire un retentissement international. Genya Savilov/AFP
Les séparatistes prorusses l'ont d'abord torturée, puis l'ont exhibée en plein centre de leur bastion de Donetsk où des femmes lui ont donné des coups de pied, ont écrasé des tomates sur son visage. Le crime d'Irina ? Être pro-Kiev. Irina Dovgan, une blonde svelte et souriante de 52 ans, raconte son calvaire de quatre jours qui a pris fin lorsque des journalistes étrangers l'ont aperçue à Donetsk, donnant à son histoire un retentissement international. Portant un tee-shirt imprimé « Dieu merci je suis ukrainienne » offert par une télévision ukrainienne, cette esthéticienne reçoit dans un appartement d'amis à la périphérie de Kiev où elle s'est réfugiée.
Le 24 août, jour de l'indépendance de l'Ukraine, une dizaine d'hommes débarquent dans sa maison à Iassynouvata, près de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine. Cagoule sur le visage, elle est accusée de guider les tirs d'artillerie pour l'armée ukrainienne et emmenée dans un QG séparatiste à Donetsk.
« Ils tiraient près de mon oreille au point de me rendre pratiquement sourde. Ils me racontaient en détail comment ils allaient me violer en groupe. Ils me frappaient à coups de poing, avec leurs pieds et les crosses de leurs armes », énumère Mme Dovgan, dont un avant-bras et une hanche portent toujours deux gros hématomes, une semaine après sa libération. « Je me traînais sur le sol et les suppliais de ne pas me toucher », se souvient Irina.
« Puis ils m'ont montré une photo de ma fille de 15 ans en disant "Combien d'hommes va-t-elle supporter avant de crever, à ton avis ? Une quarantaine, une soixantaine ?" »
Après le passage à tabac, les tortionnaires d'Irina menacent de l'attacher sur la ligne de tir de l'artillerie ukrainienne, enveloppée dans le drapeau ukrainien. « J'ai pensé "Dieu merci, je serai simplement tuée" », se souvient-elle. Mais ils changent d'avis et Irina se retrouve dans le centre de Donetsk, drapeau ukrainien jaune et bleu sur les épaules et une pancarte « Agent des forces punitives, elle tue nos enfants » sur la poitrine. Des hommes l'insultent, des jeunes se prennent en photo avec elle en arrière-plan. Mais ce sont les femmes qui s'acharnent le plus.
« Une femme a dit à son mari d'arrêter la voiture. Elle a sorti des tomates du coffre et les a jetées sur moi, puis elle en a écrasé plusieurs sur mon visage. Une septuagénaire m'a frappée au dos et à la tête avec son bâton », raconte encore Irina. Une jeune femme lui donne un coup de pied. C'est à ce moment-là que des journalistes étrangers aperçoivent Irina. Les photos de cette scène publiées par le New York Times suscitent une forte émotion en Ukraine et à l'étranger. C'est visiblement ce qui sauve Irina, qui se croyait déjà condamnée à mort. Le lendemain, un chef rebelle la convoque pour lui dire qu'il n'avait rien à lui reprocher et que ses tortionnaires ont été punis. Elle est libérée. Originaire de Iassynouvata, une petite ville près de Donetsk, Mme Dovgan est l'une des rares à avoir affiché ouvertement sa position pro-ukrainienne dans cette région en proie à une insurrection armée prorusse.
« Ce n'est pas la peine de croire qu'on peut trouver un accord avec les rebelles, les appeler au bon sens. Ces gens n'ont pas de lois, pas d'honneur ou de pitié. Ce sont des sauvages », explique-t-elle aujourd'hui.
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Typiques des méthodes KGBistes poutiniennes gnomes et naines extrême-Mongolo-sibériennes.... !
14 h 57, le 08 septembre 2014