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Terreur

Ces responsables musulmans qui dénoncent l'Etat islamique

L'imam Syed Soharwardy  de Calgary entame aujourd'hui une grève de la faim de 48 heures.

L'imam albertain Syed Soharwardy, lors d'une manifestation contre la violence. L'imama devait débuter vendredi une grève de la faim pour dénoncer les exactions commises par l'Etat islamique. Photo tirée de la page Facebook de l'imam.

Il y a dix jours, le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux appelait les "responsables religieux, surtout musulmans", à condamner "sans ambiguïté aucune" les crimes de l'Etat islamique (EI, ex-Daech) et à "dénoncer l'invocation de la religion pour les justifier", sous peine d'entamer la "crédibilité (du) dialogue interreligieux".

Ces dernières semaines, les condamnations des exactions perpétrées par les jihadistes ultra-radicaux, de la part de pays, organisations, responsables ou institutions musulmanes se sont multipliées.

Dernier exemple en date, un imam canadien qui, souhaitant dénoncer les exactions commises par les jihadistes de l'Etat islamique, a décidé d'entamer vendredi une grève de la faim de 48 heures. "Je veux que tout le monde sache que l'EI ne fait pas partie de la communauté musulmane", a déclaré l'imam Syed Soharwardy de Calgary, la plus grande ville de la province canadienne d'Alberta, cité par Ici Radio Canada.

Fondateur de "Musulmans contre le terrorisme" et du Conseil suprême islamique du Canada, l'imam Soharwardy dit craindre par dessus-tout la radicalisation de jeunes Canadiens. Le jihadistes "travaillent activement à recruter de jeunes musulmans au Canada", a-t-il averti, cité par la radio canadienne 98.5fm.

 

(Lire aussi : Les jeunes Britanniques attirés par les groupes extrémistes)

 

La semaine dernière, rappelle la radio, le ministère canadien des Affaires étrangères avait fait état d'informations selon lesquelles un Canadien aurait été tué en Irak. Le gouvernement n'avait toutefois pas confirmé qu'il s'agissait bien de Farah Mohamed Shirdon, identifié par CBC comme un ancien résident de Calgary s'étant radicalisé au Canada, avant de se rendre au Moyen-Orient pour combattre avec l'État islamique. En février 2014, le directeur des services canadiens de contre-espionnage, Michel Coulombe, avait déclaré devant une commission sénatoriale qu'au moins 130 Canadiens participaient à des activités "terroristes" à l'étranger, dont une trentaine se trouvaient en Syrie.

Réagissant à l'exécution par l'EI de James Foley, l'imam estime que la mort du journaliste américain et de milliers de civils, en Syrie et en Irak, constitue un crime contre l'humanité. Aujourd'hui, il ne cache pas son pessimisme, estimant que les actes violents de l'EI vont s'étendre au-delà du Moyen-Orient.

 

L'exécution de James Foley a suscité un nouvel élan dans les condamnations de l'EI, qui avaient débuté avant déjà.

La présidence tunisienne a vivement condamné jeudi les "crimes sauvages" de l'EI, jugeant que cette organisation représentait "un danger pour tous les Etats de la région".
Le président de l'Indonésie, le pays musulman le plus peuple du monde, Susilo Bambang Yudhoyono, a jugé la violence des jihadistes "humiliante" pour les musulmans. "C'est choquant, hors de contrôle", a-t-il déclaré au quotidien The Australian.

Le 21 juillet déjà, l'Organisation de la Coopération islamique (OCI), avait qualifié "le déplacement forcé" des chrétiens d'Irak, persécutés par les jihadistes, de "crime intolérable". Un mois plus tard, c'est le grand mufti d'Arabie saoudite, Abdel Aziz al-Cheikh, qui dénonçait violemment les jihadistes de l'EI et d'el-Qaëda, les qualifiant d'"ennemi numéro un de l'islam". Le même jour, le recteur de la grande mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, appelait les musulmans de France à dénoncer "les attaques barbares perpétrées en Irak contre les chrétiens, les femmes et autres minorités".

A la mi-août, le Grand Mufti d'Egypte, Shawki Allam, avait qualifié, selon l'agence Mena, l'EI de groupe "extrémiste et sanguinaire posant un danger pour l'islam et les musulmans, ternissant leur image, et répandant le sang et la corruption".

De son côté, l'Iran a démenti jeudi vouloir lier la question d'une coopération avec les Occidentaux dans la lutte contre les jihdaistes en Irak aux négociations nucléaires avec les grandes puissances.

 

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commentaires (4)

Les autorités religieuses et civiles du monde arabo-musulman ont le devoir d'émettre encore les condamanations les plus énergiques de la barbarie de l'Etat islamique/Daech, et surtout de procéder à des actions concrètes contre cette barbarie, sinon elle va donner une impulsion jamais vue à l'islamophobie dans le monde entier.

Halim Abou Chacra

18 h 22, le 22 août 2014

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Commentaires (4)

  • Les autorités religieuses et civiles du monde arabo-musulman ont le devoir d'émettre encore les condamanations les plus énergiques de la barbarie de l'Etat islamique/Daech, et surtout de procéder à des actions concrètes contre cette barbarie, sinon elle va donner une impulsion jamais vue à l'islamophobie dans le monde entier.

    Halim Abou Chacra

    18 h 22, le 22 août 2014

  • LES OCCIDENTAUX, POUR SAUVER LEURS DÉMOCRATIES, DEVRAIENT SE DÉBARRASSER DES EXTRÉMISTES QU'ILS ONT ACCUEILLIS DANS LEURS PAYS RESPECTIFS !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    16 h 26, le 22 août 2014

  • De la poudre aux yeux tout ca...!

    Cadige William

    16 h 05, le 22 août 2014

  • Et au Liban? Qui c est qui a ouvert sa bouche, a part Hassan Nasrallah qui lui est implique jusq'au cou dans d'autres massacres??

    IMB a SPO

    15 h 26, le 22 août 2014