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Frappes, aides, évacuations... Ce qui est fait ou évoqué pour venir en aide aux déplacés dans le nord de l'Irak

Des déplacés irakiens de la minorité yazidie fuyant le mont Sinjar et se dirigeant vers la frontière syrienne, le 11 août 2014. REUTERS/Rodi Said

Les efforts internationaux s'intensifiaient mercredi pour évacuer les déplacés chassés de leurs villes par les violences et pris au piège dans les montagnes du nord de l'Irak. Des centaines de milliers de personnes ont été jetées sur les routes par l'offensive fulgurante des jihadistes de l’État islamique (EI) qui se sont emparés depuis le 9 juin de pans entiers du territoire au nord, à l'ouest et à l'est de Bagdad, sans véritable résistance des forces armées irakiennes. La crise humanitaire s'aggravant avec l'avancée des jihadistes vers la région autonome du Kurdistan, où ont trouvé refuge les déplacés, les Occidentaux tentent de trouver les moyens de contrer la progression de l'EI et de sauver notamment  la minorité chrétienne et celle kurdophone et non musulmane des Yazidis.

 

 

Largage d'aide

Des dizaines de milliers de membres de la minorité yazidie sont bloqués dans les montagnes de Sinjar "sans nourriture, sans eau et sans abri", indique le Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR).
Jusqu'à 35.000 personnes ayant fui cette région ont réussi à se réfugier ces dernières 72 heures dans le Kurdistan, en passant par la Syrie, selon le HCR. Ils sont épuisés et déshydratés. Des largages humanitaires américains et britanniques ont été effectués ces derniers jours dans les montagnes de Sinjar, alors que Paris a envoyé de l'aide et que l'Australie va participer aux largages.

 

Un photojournaliste raconte à CNN comment s'est déroulé le largage d'aide et l'évacuation d'Irakiens yazidis sur le Mont Sinjar.

 

Mardi, un hélicoptère irakien transportant des déplacés yazidis et de l'aide humanitaire s'est écrasé dans le mont Sinjar. La députée yazidie Vian Dakhil (voir son appel à l'aide déchirant ici) a été blessée, de même qu'une journaliste du New York Times et un photographe freelance.

 

Des soldats américains préparent l'aide humanitaire qui sera larguée au-dessus de Sinjar, en Irak. AFP PHOTO / US Air Force / Senior Airman Colin Cates

 

Frappes

Parallèlement aux aides humanitaires, les États-Unis, impliqués pour la première fois militairement en Irak depuis le retrait de leurs troupes fin 2011, mènent quotidiennement depuis vendredi des frappes aériennes sur des positions jihadistes dans le Nord. L'objectif est de protéger le personnel américain à Erbil, la capitale du Kurdistan, et éviter un éventuel "génocide" selon le président Barack Obama, alors que l'EI est accusé de persécution des minorités, d'exécutions sommaires et de viols, des exactions qui peuvent constituer "des crimes contre l'Humanité" selon l'ONU.

Washington a en outre envoyé 130 conseillers militaires supplémentaires, arrivés mardi à Erbil pour évaluer "plus en profondeur" les besoins des Yazidis. Ils n'ont pas vocation à combattre et viennent en renfort des quelque 300 conseillers déjà sur le terrain pour épauler le gouvernement dans sa lutte contre l'EI.

Fait notable, à rebours de sa doctrine de non-violence et de ce qu'il avait rejeté en 2013 pour la Syrie, le Vatican a approuvé de facto les frappes américaines contre les jihadistes pour protéger les minorités de l'Irak, au nom d'un péril exceptionnellement grave. Mercredi, la Conférence des évêques de France a clairement appelé à "user de la force" en Irak pour aider chrétiens et yazidis et dénoncé "l'attentisme en Europe".

 

Un avion de combat américain F/A-18C Hornet, se prépare à décoller du porte-avion USS George H.W. Bush. Ces avions ont mené des frappes contre des positions de l'EI. REUTERS/Hamad I Mohammed

 

Un appel qui trouve un écho politique en France puisque François fillon, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin ont exhorté, mercredi, François Hollande à intervenir au Proche Orient - Gaza et Irak - pour éviter "le déshonneur". Dans une lettre ouverte au chef de l'Etat publiée par Le Monde daté du 14 août, les trois ex-Premiers ministres demandent notamment "un engagement massif" de l'UE pour les réfugiés et "le soutien sans ambiguïté" aux actions militaires pour stopper l'avance des jihadistes en Irak.


Livraison d'armes

Lundi, le Département d’État avait annoncé que les États-Unis livrent des armes aux peshmergas, les forces kurdes qui combattent les jihadistes de l’EI au nord de l'Irak. La porte-parole de la diplomatie américaine a précisé que ces livraisons ont commencé la semaine dernière, sans toutefois détailler le type d'armes livrées. Londres a annoncé qu'elle leur acheminerait du "matériel militaire d'autres Etats contributeurs" sans préciser lesquels.

Mercredi, l'Elysée a indiqué, dans un communiqué, que la France acheminera "dans les heures qui viennent" des armes en Irak "pour soutenir la capacité opérationnelle des forces engagées contre l'Etat islamique".

 

Évacuation

Après des appels d'experts onusiens à agir rapidement pour éviter un "génocide potentiel" contre ces minorités, le secrétaire d’État John Kerry a annoncé mercredi que son pays étudiait l'évacuation "urgente" de ces civils. "Nous allons faire une évaluation rapide et critique parce que nous pensons qu'il est urgent d'essayer de faire sortir ces gens des montagnes" de Sinjar, le bastion des Yazidis d'où ils ont été chassés le 3 août, a-t-il.

 

La proposition d'Aznavour

 

Archives AFP

 

Le chanteur d'origine arménienne Charles Aznavour propose de son côté que les communautés persécutées du Moyen-Orient s'installent dans les villages français "à l'abandon" avec pour obligation de les reconstruire, pour les faire revivre, dans une tribune publiée dans Le Figaro mercredi.
"Dans la situation actuelle, ces chrétiens, ces Kurdes, ces yazidis, ces musulmans et ces Arméniens doivent, comme tant d'autres, quitter ce pays le plus vite possible", écrit l'artiste, ambassadeur d'Arménie en Suisse et représentant permanent d'Erevan auprès de l'ONU et de l'Unesco en évoquant l'Irak ou encore la Syrie.

 

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