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Le Hezbollah condamne les attaques israéliennes et critique l'approche du gouvernement sur les négociations

Le cheikh jaafarite Ahmad Kabalan appelle le président Aoun à « empêcher le déchirement national plutôt que d'aggraver les divisions internes ».

Le Hezbollah condamne les attaques israéliennes et critique l'approche du gouvernement sur les négociations

De la fumée s’élevant du site d’explosions contrôlées par Israël à Henniyé, village voisin de Mansouri, le 5 septembre 2026. Photo par Kawnat HAJU / AFP

Le Hezbollah a condamné samedi ce qu'il a qualifié d'escalade continue d'Israël au Liban, accusant les États-Unis de soutenir ces attaques et le gouvernement libanais de ne pas avoir su protéger le pays. Dans un communiqué, la formation chiite pro-iranienne a affirmé que l'État hébreu poursuivait ses « tueries, bombardements, destructions et démolitions systématiques de maisons et de villages », ajoutant que les attaques de jeudi avaient fait quatre morts et des dizaines de blessés.

Le Hezbollah a reproché au gouvernement libanais une « absence totale » dans l'exercice de ses responsabilités et de persister dans ce qu'il a qualifié de « choix erronés, empreints de soumission et de capitulation ». Les frappes israéliennes en cours sont menées avec « la pleine collaboration, la couverture et la planification des États-Unis », dans le but de faire pression sur les autorités libanaises pour qu'elles mettent en œuvre un agenda connu, « quitte à plonger le Liban dans le bourbier des conflits internes », a-t-il ajouté.

Les négociations directes libano-israéliennes et l'accord-cadre entre les deux parties conclu dans ce contexte, ainsi que la poursuite de l'occupation, des attaques et des destructions démontrent l'échec de ce processus, selon le Hezbollah, pour lequel la libération de certains détenus libanais était importante mais elle « ne saurait servir de prétexte pour occulter la poursuite de l'agression, de l'occupation et du meurtre de Libanais ».

Les négociations entre le Liban et Israël étaient dans l'impasse jusqu'à la libération vendredi par Israël de quatre détenus, capturés par l'armée israélienne, une initiative susceptible de relancer les pourparlers.

Le Hezbollah a également appelé les autorités libanaises à « revoir leurs calculs », à mettre de côté leurs différends et à revenir à ce qu'il a qualifié de « constantes nationales unificatrices » protégeant la souveraineté du Liban, tout en exhortant les Libanais à « faire bloc dans une position nationale unifiée » afin de préserver la force et la souveraineté du pays, ainsi que sa capacité à contrer les attaques israéliennes.

La critique d'Ahmad Kabalan au président Joseph Aoun

Le mufti jaafarite, Ahmad Kabalan, a pour sa part adressé une critique acerbe au président Joseph Aoun, pour lui demander d'« empêcher le déchirement national plutôt que d'aggraver les divisions internes , soulignant que « la propension à ces divisions est à son plus haut niveau ». Le dignitaire religieux s’exprimait à l’occasion du cinquième anniversaire de la disparition de son père, le cheikh Abdel Amir Kabalan, ancien président du Conseil supérieur chiite. Ces critiques interviennent alors que le chef de l'État s'accroche aux négociations avec Israël, malgré la poursuite de l'occupation et des bombardements israéliens, assurant que même si elles se heurtent à des obstacles « les négociations sont préférables à la guerre ».

Selon lui, cette situation nécessite « partenariat, solidarité souveraine, justice, confiance nationale et présence forte de toutes les institutions de l’État au cœur du Sud, en particulier dans la bande de terre occupée ». Il a insisté sur la nécessité de préserver le consensus national, rappelant à cet égard un principe défendu par le cheikh Abdel Amir : « Aucune communauté et aucun engagement extérieur ne doivent être placés au-dessus des engagements de la formule nationale et de ses pactes constitutifs. »

Ahmad Kabalan a également mis en garde contre ceux qui cherchent à éliminer la communauté chiite. « Il y en a qui cherchent à nous éliminer, et nous nous défendrons avec la plus grande force nationale », a-t-il martelé, assurant que seule la communauté chiite protège « tout le Liban ». Et plaçant la confiance nationale au centre de son intervention, il a indiqué que « rien n’est plus important que la confiance nationale qui signifie refuser l’exclusion ».

Dans ce contexte, le mufti jaafarite a mis en garde contre ce qu’il a qualifié de « confiscation du système consensuel », reprochant au pouvoir de « se dérober à ses responsabilités au Liban-Sud, de renoncer à son rôle national » et « d’étouffer l’autre ». « Depuis ses débuts, le pouvoir ne protège pas le Liban, notamment le Sud », a-t-il affirmé, allant jusqu’à estimer qu’« un Liban sans protection nationale perd son existence et devient une colonie sioniste ».

« Il est impossible de garder le silence face à toute configuration politique qui étouffe l’autre », a-t-il ajouté, estimant que les choix actuels du pouvoir portent atteinte, selon lui, « au fondement même de l’existence du Liban » et au « projet rassembleur de l’État ». Une référence claire à la décision des autorités d'appeler le Hezbollah à déposer les armes et à se placer sous le giron de l’État et de l’armée libanaise, une décision que refuse toujours le mouvement chiite malgré la destruction du Liban-Sud par l'armée israélienne. « La résistance accomplit ce que l’État n’accomplit pas et, ce faisant, elle protège la souveraineté nationale, le pays et les institutions », a-t-il souligné.

S’adressant de nouveau au pouvoir, le mufti a rejeté toute substitution du soutien extérieur au consensus interne : « Washington et Tel-Aviv ne constituent pas une alternative au consensus national. Le Liban est une formule nationale qui dépasse les communautés sans les abolir », une critique directe à l’égard des États-Unis et d’Israël qui conditionnent l’arrêt de la guerre au désarmement du Hezbollah.

Le mufti jaafarite a enfin dénoncé l'accord tripartite entre Israël et le Liban sous l'égide des États-Unis qu’il accuse de viser à « se débarrasser de la plus puissante force nationale souveraine de ces dernières décennies ». Selon lui, « l’accord-cadre tripartite n’a pas seulement volé la sécurité à la bande occupée, il a volé le Liban tout entier et a ôté son caractère national au pouvoir qui s’est soumis ».


Le Hezbollah a condamné samedi ce qu'il a qualifié d'escalade continue d'Israël au Liban, accusant les États-Unis de soutenir ces attaques et le gouvernement libanais de ne pas avoir su protéger le pays. Dans un communiqué, la formation chiite pro-iranienne a affirmé que l'État hébreu poursuivait ses « tueries, bombardements, destructions et démolitions systématiques de maisons et de villages », ajoutant que les attaques de jeudi avaient fait quatre morts et des dizaines de blessés.Le Hezbollah a reproché au gouvernement libanais une « absence totale » dans l'exercice de ses responsabilités et de persister dans ce qu'il a qualifié de « choix erronés, empreints de soumission et de capitulation ». Les frappes israéliennes en cours sont menées avec « la pleine collaboration, la couverture et...