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Liban - Alimentation

Malnutrition : le Liban s’en tire... si l’on exclut les réfugiés syriens

Surnutrition, sous-nutrition et malnutrition, le monde arabe, selon les pays, présente des problèmes variés en matière alimentaire. Le Liban, pays dont 28 % des habitants vivent au-dessous du seuil de pauvreté, n'a pas – selon les chiffres disponibles – de graves problèmes de nutrition, si l'on omet la situation dans les campements de réfugiés syriens.

L’augmentation du nombre de personnes en état d’insécurité alimentaire est essentiellement due aux conflits en cours. C’est le cas des réfugiés syriens.

L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (Fao) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) préparent actuellement les travaux de la seconde conférence internationale sur la nutrition (CIN2) qui se tiendra à Rome en novembre prochain.

Les problèmes du Liban se sont amplifiés depuis la crise syrienne, le pays accueillant plus d'un million de réfugiés.
Un rapport de la Fao sur la situation dans les pays arabes, publié en février dernier, souligne dans ce cadre que la prévalence de la sous-alimentation au Liban est de moins de 5 %, celle du retard de la croissance chez les enfants s'élève à 16,5 % et celle de l'obésité chez l'adulte s'élève à 28,2 %.

Cette étude souligne que « le nombre de personnes en état de sous-alimentation chronique dans la région au cours de la période 2010-2013 a atteint 79,4 millions de personnes (11,2 % de la population). En outre, on estime qu'environ 43,4 % des enfants de moins de cinq ans souffrent d'un retard de croissance ». Les chiffres relatifs au Liban figurent donc en moyenne au bas de la liste des pays arabes en matière de malnutrition.

« À l'autre extrémité du spectre de la malnutrition, on constate que près d'un quart de la population de la région est obèse. En plus des contraintes structurelles de longue date, les conflits et l'insécurité civile ont constitué le principal facteur d'insécurité alimentaire dans la région en 2012-2013 », ajoute le texte.
L'augmentation du nombre de personnes en état d'insécurité alimentaire est essentiellement due aux conflits en cours.

Plusieurs études récentes réalisées par la Fao et le Programme alimentaire mondial (Pam) dans certains pays en situation de conflit ou d'insécurité civile, notamment au Yémen, en Irak, dans la bande de Gaza et dans la plus grande partie de la Syrie, ainsi que dans les pays affectés par la crise syrienne, confirment l'existence d'un grand nombre de personnes exposées à une forte insécurité alimentaire.
En Syrie par exemple, on estime que 6,3 millions de personnes sont très vulnérables et ont un besoin critique d'une aide alimentaire et agricole soutenue. Parallèlement, les pays affectés par la crise syrienne – comme le Liban – continuent d'accueillir un grand nombre de réfugiés dans les zones frontalières.

Les Libanais valorisent leurs plats nationaux

Dans un entretien avec L'Orient-Le Jour, Fatima Hachem, responsable de la nutrition et de la protection consommateur au sein du bureau régional de la Fao au Caire, a souligné que « le monde arabe présente plusieurs cas de figure : la surnutrition, la sous-nutrition et la malnutrition, et ce suivant les pays. Ainsi, les pays du Golfe souffrent d'obésité à cause de la surnutrition, et des États comme le Yémen, la Mauritanie et le Soudan font face à la sous-nutrition ».
« Les pays arabes en bordure de la Méditerranée ont des schémas variés. Dans un même pays, selon les régions et les revenus des habitants, l'on compte des personnes souffrant de surnutrition et d'autres de malnutrition. C'est le cas notamment de l'Égypte et de la Jordanie. Ces pays, tout comme le Liban, présentent des poches de pauvreté où la population est mal nourrie », explique-t-elle. Et d'ajouter : « L'on revient donc aux problèmes économiques d'inégalité et d'iniquité dans la distribution des richesses. »
Se penchant sur les diverses habitudes alimentaires de la région, Mme Hachem souligne que « les Libanais, les Palestiniens, les Jordaniens et les Syriens valorisent leurs plats nationaux. Ils ont une alimentation méditerranéenne saine. Ce n'est pas le cas d'autres pays de la région où les plats traditionnels ne sont pas variés ou qui ont pour base des féculents. Ceci est le cas de l'Égypte et des pays du Golfe. Dans ces pays, les fast-food américains ont de plus en plus le vent en poupe », poursuit-elle.

La spécialiste met aussi l'accent sur la notion de « la faim cachée » qui est définie comme une carence chronique en vitamines et en minéraux. « L'important donc, ce n'est pas de manger à sa faim, mais de manger des aliments qui amènent de bons nutriments, et ce n'est malheureusement pas toujours le cas », dit-elle.

« Dans ce cadre, les politiques subventionnelles mises en place par les gouvernements n'arrangent pas les choses car les aliments subventionnés, comme la farine, le sucre ou l'huile, portent des calories vides, procurent une sensation de satiété mais n'apportent pas les minéraux et les vitamines nécessaires à l'organisme », explique-t-elle, notant que « les gouvernements devraient réviser leur politique sociale ».
Réviser la politique sociale pour assurer la sécurité alimentaire, tel sera l'un des dossiers abordé lors de la Conférence de Rome en novembre prochain.

Pour José Graziano da Silva, directeur général de la Fao, « les gouvernements sont responsables au premier chef du bien-être nutritionnel de leurs citoyens et sont donc appelés à piloter les efforts d'amélioration de la nutrition », estimant dans un communiqué « qu'une action collective était aussi indispensable en faisant intervenir les Parlements, les universités, le secteur privé et les organisations de la société civile. C'est pourquoi les acteurs non publics ont un rôle essentiel à jouer dans le cadre de la Cin2, non seulement pour dégager un consensus, mais aussi pour contribuer à mettre en œuvre le cadre d'action qui sera approuvé par la conférence ».
Ayant pour thème « Une meilleure nutrition, c'est une meilleure qualité de vie », celle-ci se tiendra à Rome du 19 au 21 novembre et s'appuiera sur les acquis de la première conférence internationale sur la nutrition qui s'est déroulée il y a 22 ans ainsi que d'autres événements. Ses résultats serviront notamment au défi Faim zéro des Nations unies.


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commentaires (1)

Avec toutes les couleuvres.... que nous font gober les politiciens , nous devrions être en surnutrition et en excédent de poids...!

M.V.

06 h 59, le 13 août 2014

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Commentaires (1)

  • Avec toutes les couleuvres.... que nous font gober les politiciens , nous devrions être en surnutrition et en excédent de poids...!

    M.V.

    06 h 59, le 13 août 2014

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