Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Conflit

La communauté internationale salue la fin de l’ère Maliki

Haïdar al-Abadi exhorté à former « dès que possible » son gouvernement ; nouvelles frappes américaines sur des positions jihadistes ; crash d'un hélicoptère d'aide.

Dans les montagnes de Sinjar, alors qu’ils essayent de se frayer un chemin vers le Kurdistan via la Syrie, les déplacés s’entraident : cette femme au bord de l’évanouissement est soutenue par un homme, tous deux de la communauté yazidie. Rodi Said/Reuters

Le Premier ministre désigné d'Irak Haïdar al-Abadi a obtenu hier un soutien massif de la communauté internationale qui l'a pressé de former rapidement un gouvernement d'unité susceptible de faire face à l'offensive jihadiste et sortir le pays du chaos.
Après l'Onu, les États-Unis, l'Union européenne, la France et la Grande-Bretagne, les voisins iranien chiite et saoudien sunnite ont salué la nomination de M. Abadi par le président Fouad Maassoum. La Ligue des États arabes s'en est également félicitée. Washington a aussitôt exhorté M. Abadi, qui a en principe jusqu'au 10 septembre pour nommer ses ministres, à former « dès que possible » son gouvernement et à l'élargir à toutes les forces politiques dans un pays longtemps déchiré par les divisions confessionnelles. Pour le président Barack Obama, ce cabinet doit « unir le pays dans la lutte contre l'EI ».

Maliki est fini politiquement

Le Premier ministre sortant, Nouri al-Maliki, semble avoir bel et bien perdu sa bataille après avoir été lâché de toutes parts, ses détracteurs comme ses anciens alliés imputant le chaos dans le pays à sa politique d'exclusion des sunnites et à son autoritarisme. C'est cette marginalisation de la minorité sunnite dans un pays majoritairement chiite qui a alimenté l'offensive des jihadistes, accusent-ils. « Maliki est fini politiquement », estime Hayder al-Khoei, chercheur associé au think-tank Chatam House. Cependant, nuance-t-il, il bénéficie « d'un vaste réseau au sein des forces de sécurité ; il a des hommes aux renseignements, des officiers de sécurité » qui lui « doivent leurs emplois ».
Mais M. Maliki, qui reste commandant en chef des forces armées jusqu'à la prestation de serment de son successeur, s'est empressé de demander aux forces armées de rester à l'écart de la crise politique. Comme d'ailleurs le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon qui a jugé « impératif » que « les forces de sécurité n'interviennent pas dans le processus politique ».


Déshydratés et épuisés

Dans ce contexte qui reste explosif, les forces armées étaient déployées en force à Bagdad, aux abords de positions stratégiques. Plus au nord, les États-Unis, impliqués pour la première fois militairement en Irak depuis le retrait de leurs troupes fin 2011, ont mené des frappes aériennes sur des positions jihadistes pour le 5e jour consécutif, notamment près de Sinjar, bastion de la minorité yazidie tombé aux mains de l'État islamique (EI) le 3 août. Les frappes sont accompagnées de largages humanitaires américain et britannique. Paris a aussi envoyé de l'aide. Mais ces actions ont été jugées insuffisantes par des experts de l'Onu pour les droits de l'homme qui ont appelé la communauté internationale à prendre d'urgence toutes les mesures possibles pour empêcher « une atrocité de masse et un génocide potentiel ».
Car sur le terrain, la crise humanitaire s'aggrave : de 20 000 à 30 000 membres de la communauté yazidie restent piégés par l'insécurité dans les montagnes de Sinjar, sans nourriture, sans eau et sans abri, selon le Haut-Commissariat de l'Onu aux réfugiés. Des milliers d'autres, épuisés et déshydratés, ont réussi à rejoindre le Kurdistan via la Syrie. La Commission européenne a entre-temps débloqué cinq millions d'euros d'aide aux déplacés et réfléchit aux moyens de coordonner l'aide humanitaire. La France et l'Italie plaident pour une réunion ministérielle d'urgence des 28 pour parler de la livraison éventuelle d'armements aux Kurdes irakiens.

Londres, de son côté, a décidé d'acheminer aux forces kurdes du « matériel militaire d'autres États contributeurs » afin de les aider à faire face à l'offensive jihadiste, a annoncé hier un porte-parole du Premier ministre britannique David Cameron. La Suède, elle, a exclu toute livraison d'armes aux peshmergas.

Toujours sur le terrain, un hélicoptère irakien transportant des déplacés yazidis et de l'aide humanitaire s'est écrasé peu après son décollage dans les monts Sinjar, selon des officiers. La députée yazidie Vian Dakhil, devenue le visage de sa communauté pour avoir évoqué en larmes le sort des déplacés, a été blessée dans le crash, de même qu'une journaliste du New York Times et un photographe free-lance. Le pilote a été tué.



Lire aussi

À Erbil, les réfugiés veulent « seulement savoir quand tout cela va prendre fin »

Ces chrétiens qui ne rêvent que d'exil

Les derniers païens d'Irak, le commentaire de Sanjeev Sanyal

Portrait

Haïdar al-Abadi : de l'exil au poste de Premier ministre

Le Premier ministre désigné d'Irak Haïdar al-Abadi a obtenu hier un soutien massif de la communauté internationale qui l'a pressé de former rapidement un gouvernement d'unité susceptible de faire face à l'offensive jihadiste et sortir le pays du chaos.Après l'Onu, les États-Unis, l'Union européenne, la France et la Grande-Bretagne, les voisins iranien chiite et saoudien sunnite ont salué la nomination de M. Abadi par le président Fouad Maassoum. La Ligue des États arabes s'en est également félicitée. Washington a aussitôt exhorté M. Abadi, qui a en principe jusqu'au 10 septembre pour nommer ses ministres, à former « dès que possible » son gouvernement et à l'élargir à toutes les forces politiques dans un pays longtemps déchiré par les divisions confessionnelles. Pour le président Barack Obama, ce cabinet...
commentaires (1)

La communauté internationale saluera-t-elle un jour la fin de la funeste ère au Liban, correspondante à l'ère Maliki en Irak ?

Halim Abou Chacra

05 h 05, le 13 août 2014

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • La communauté internationale saluera-t-elle un jour la fin de la funeste ère au Liban, correspondante à l'ère Maliki en Irak ?

    Halim Abou Chacra

    05 h 05, le 13 août 2014

Retour en haut