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Moyen Orient et Monde - Irak

Maassoum désigne un nouveau Premier ministre pour sortir l’Irak de la crise

Maliki assure que la nomination d'Abadi est une « violation de la Constitution » ; situation humanitaire « catastrophique » pour les chrétiens et les Yazidis.

La situation humanitaire demeure catastrophique pour les centaines de milliers de chrétiens et Yazidis jetés sur les routes par « l’État islamique » (EI), malgré les aides apportées par Washington, Paris et Londres. Ahmad al-Rubaye/AFP

L'Irak s'apprête à tourner la page du très contesté Nouri al-Maliki après la nomination hier de Haïdar al-Abadi comme nouveau Premier ministre, alors que la France comme la Turquie ont appelé hier à la formation d'un gouvernement d'« union nationale ».


« Le pays est entre vos mains », a dit le président Fouad Maassoum en nommant M. Abadi, un membre du parti Dawa de M. Maliki et considéré comme un proche du chef du gouvernement sortant. Les États-Unis, ainsi que l'Union européenne, la Grande-Bretagne, la France et l'Onu ont aussitôt félicité le Premier ministre désigné qui a désormais 30 jours pour former un gouvernement appelé à inclure toutes les forces politiques du pays. Le président américain Barack Obama a salué la nomination de M. Abadi, tout en appelant à une transition politique « pacifique ». Le vice-président américain Joe Biden a également félicité M. Abadi qui lui a assuré qu'il avait l'intention de former « rapidement » un gouvernement « large capable de contrer la menace de l'EI et de construire un avenir meilleur pour les Irakiens de toutes les communautés », selon la Maison-Blanche.


Nouri al-Maliki, qui briguait un troisième mandat, a de son côté jugé que la nomination hier de son successeur constituait une violation de la Constitution, menée avec le soutien des États-Unis. « Nous rejetons cette violation de la Constitution », a affirmé M. Maliki, pourtant lâché par nombre de ses alliés, dont son propre parti et l'Iran. Washington « s'est tenu aux côtés de ceux qui ont violé la Constitution », a-t-il ajouté, peu après que le secrétaire d'État américain John Kerry eut souhaité qu'il ne « cause pas de problèmes ».
Alors que M. Maliki a le soutien d'un grand nombre d'officiers au sein des forces armées, le représentant spécial de l'Onu à Bagdad, Nickolay Mladenov, a appelé ces forces à ne pas s'ingérer dans la transition politique. Les forces spéciales, la police et l'armée se sont en effet déployées en force aux abords de positions stratégiques dans Bagdad, où les grandes artères étaient bouclées, des ponts fermés, et la zone verte, abritant les institutions-clés, encore plus protégée que d'ordinaire.

 

Réunion de l'UE
Par ailleurs, une réunion extraordinaire des ambassadeurs des pays de l'Union européenne a en outre été convoquée aujourd'hui à Bruxelles pour examiner les moyens de contrecarrer l'avancée de l'État islamique (EI), et le Conseil de sécurité de l'Onu a entamé la rédaction d'un projet de résolution visant à couper les vivres, en argent et en hommes, des jihadistes en Irak.


La situation humanitaire reste, elle, catastrophique, alors que des centaines de milliers de personnes ont été jetées sur les routes dont de nombreux chrétiens chassés de Mossoul et de la localité chrétienne de Qaraqosh, aux mains de l'EI. Réfugiés dans les arides montagnes environnantes, des milliers de Yazidis tentent eux aussi de survivre entre la famine et les jihadistes, sous des chaleurs pouvant dépasser les 50°. Washington, Londres et Paris leur ont envoyé des vivres. Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a quant à lui appelé hier à l'Union européenne à se mobiliser d'urgence pour répondre à l'appel à l'aide lancé par les Kurdes d'Irak face à la situation humanitaire « dramatique ».

 

(Lire aussi : « Si Dieu le veut, nous lèverons le drapeau d'Allah sur la Maison-Blanche »)


Sur le terrain toujours, les frappes américaines ont permis aux peshmergas de reprendre les villes de Makhmour et Gwer, mais ils ont perdu Jalawla. Des informations ont également filtré hier sur le fait que le gouvernement américain fournit directement des armes aux peshmergas pour les aider à combattre les jihadistes, selon des sources gouvernementales américaines.
Enfin, la Ligue arabe a accusé hier les rebelles jihadistes l'EI de commettre des « crimes contre l'humanité » en persécutant la communauté des Yazidis, et réclamé que les responsables de ces crimes soient traduits en justice.

 

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