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Liban

De la place Sassine au Musée, élan de solidarité avec l’armée

Que des drapeaux libanais et des étendards de l’armée hier à Achrafieh. Anwar Amro/AFP

Place Sassine – 20 heures. Par dizaines, les Libanais se rassemblent sur la place Sassine pour affirmer leur soutien inconditionnel aux forces régulières. Armés de bougies, de drapeaux et de bonne volonté, les participants au sit-in entonnent l'hymne national, en espérant que leurs voix gagnent le cœur de la troupe à Ersal.
C'est un même sentiment patriotique qui anime tous les partisans de l'armée : qu'ils soient jeunes, âgés, en groupe ou en famille, leur engagement est total. À travers le caractère symbolique de ce sit-in spontané s'affiche une véritable volonté de soutien aux forces régulières. « Je suis prêt à combattre sur le front », affirme César T. du haut de ses 20 ans ; une détermination qu'il partage hardiment avec des dizaines de manifestants de tous âges. Une déception s'exprime face au flux de promesses vides que les internautes proclament sur les réseaux sociaux : « Ce n'est pas avec une statue ou une photo postée que nous allons combattre les ennemis de notre patrie ; notre amour, notre argent et notre sang sont à offrir. »
Ce rassemblement se veut réconfortant non seulement pour l'armée, mais aussi pour le peuple libanais qui se sent moins vulnérable face à l'ennemi ; un double support psychologique indispensable en ce temps de crise.

 

Au Musée
Dans le cadre de sit-in similaires, organisés aussi par la société civile en signe de solidarité avec l'armée suite aux combats de ces derniers jours, nombre de jeunes et de moins jeunes se sont rassemblés sur différentes places publiques, notamment dans le secteur du Musée, avec uniquement le drapeau libanais à la main.
Le 5 août 2014 est incolore, neutre. Non. En fait, ce 5 août est libanais, blanc, vert et rouge ; un rouge encore trop frais, qui coule des corps de Dany Harb, Dany Khairallah, de Noureddine el-Jammal et de leurs compagnons.


Ce rassemblement est une occasion presque unique, une occasion de rencontrer des visages nouveaux, ceux de Libanais, hier encore rongés jusqu'à la moelle par un conflit pseudo-identitaire à cause duquel des martyrs tombent aujourd'hui. Ces hommes et ces femmes qui ont répondu présent sont ceux qui ont réussi à surmonter les barrières « politiques », animés par un désir transcommunautaire tant attendu. Des représentants du group Very Proud Free Lebanese ont confié à L'Orient-Le Jour qu'ils sont là sans objectif politique particulier, peut-être même sans aucun espoir. Mais ils sont là quand même, parce qu'ils croient en leur neutralité, ou au moins parce qu'ils ont besoin d'y croire. Pour le reste, ils sont là par simple sens du devoir, parce qu'ils font partie de ceux qui ressentent un minimum de culpabilité à rester chez eux alors que d'autres laissent des veuves et des orphelins derrière eux, allant sur le front au nom de nous autres, indignes de leurs sacrifices. De nombreuses personnes présentes sur les lieux ont exprimé leur déception à l'égard de la lâcheté de tous les internautes qui prétendent soutenir l'armée, mais qui préfèrent leur misérable confort domestique à une tentative timide de sauver ce qui reste de notre dignité et de notre souveraineté nationale.

 

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