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La procédure Hannibal a été instaurée en 1986 après l'enlèvement de soldats israéliens par le Hezbollah

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OLJ
04/08/2014

Vendredi, quelques heures après l'annonce de la possible capture d'un sous-lieutenant israélien, Hadar Goldin, par des combattants palestiniens, l'armée israélienne a lancé une opération de pilonnage intensif de Rafah, dans le sud du territoire palestinien. C'est dans cette région que Goldin et d'autres soldats ont été attaqués par des combattants palestiniens.

Le soupçon d'enlèvement a déclenché une opération "automatique sur un vaste secteur", a indiqué dimanche soir par le porte-parole de l'armée Peter Lerner. Après des analyses ADN, les autorités israéliennes sont arrivées à la conclusion que le soldat était mort. Entre temps, 200 Palestiniens avaient été tués lors de cette riposte massive.

 

Les forces armées israéliennes ont lancé la "procédure Hannibal", explique le Haaretz dans son édition du jour, un protocole militaire qui implique l'emploi massif de la force pour sauver un soldat capturé, au risque même de tuer ledit soldat. "Des sources de l'IDF (l'armée israélienne) ont indiqué que le haut commandement sur le terrain a ordonné la mise en oeuvre totale de la procédure. L'armée sait que des innocents ont été touchés dans le cadre de cette utilisation massive de la force après la capture du soldat", note le Haaretz.

 

Qu'est ce que la procédure Hannibal?

La procédure Hannibal a été établie en 1986 par Yossi Peled, alors qu'il venait de prendre la tête du commandement nord de l'armée israélienne, rapporte le Haaretz. Quelques mois plus tôt, le Hezbollah avait enlevé deux soldats israéliens. Le nom de la procédure, pour le moins approprié, a été choisi au hasard par un ordinateur, précise le quotidien israélien.

Selon Yossi Peled, la procédure devrait être lancée quelques minutes ou heures après toute information sur l'éventuel enlèvement de soldat. "En cas de capture, la mission principale est de sauver nos soldats de leurs ravisseurs, même si cela implique de toucher ou blesser des soldats" israéliens, est-il précisé dans l'ordre original. Il y est également recommandé d'utiliser des armes légères, d'avoir recours à des tirs de précision, pour toucher les ravisseurs ou stopper leur véhicule "même si cela signifie toucher nos soldats. En tout état de cause, tout doit être fait pour stopper le véhicule et l'empêcher de s'échapper".

Avec les années, la directive a été ouverte aux interprétations, poursuit le Haaretz, certains estimant qu'elle pouvait inclure, par exemple, le recours à des hélicoptères de combat.

Après les informations relatives à l'éventuelle capture du sous-lieutenant Goldin, toute la puissance de feu israélienne s'est déchaînée contre Rafah. Il s'est avéré, plus tard, que le soldat était, en fait, mort.

 

Pendant 17 ans, note le Haaretz, la procédure Hannibal, très controversée, est restée un secret vis-à-vis du grand public. Mais au sein de la troupe, elle n'était pas acceptée par tous. "Certains commandants de bataillon ont refusé de passer l'ordre à leurs troupes. Certains soldats et officiers interrogeaient les éducateurs ou rabbins à son sujet, voire informaient leur commandement qu'ils refuseraient d'appliquer un ordre mettant la vie de leurs camarades en danger".

Pas suffisant, toutefois, pour remettre en cause la directive Hannibal qui fut finalement ouvertement évoquée dans les médias en 2003, provoquant de grands débats, mais pas de réaction violemment négative contre l'armée au sein de l'opinion publique.

Une acceptation qui s'explique par plusieurs facteurs, selon le Haaretz : le fait qu'aux mains du Hamas ou du Hezbollah, un soldat israélien n'était pas traité comme un prisonnier de guerre; la disparité en terme de nombre, en cas d'échange, entre le soldat capturé et prisonniers palestiniens (1027 détenus palestiniens relâchés contre la  libération du soldat Shalit en octobre 2011, ndlr); et enfin l'idée très enracinée qu'on n'abandonne pas un soldat blessé sur le champ de bataille.

Dans ce contexte, le Haaretz rapporte deux anecdotes.

Début 2009, avant d'envoyer ses soldats dans la bande de Gaza dans le cadre de l’opération "Plomb durci", un commandant au sein de la brigade Golani avait dit à ses hommes : "Aucun des hommes du bataillon 51 ne sera capturé. A aucun prix et dans aucune circonstance, même si cela signifie qu'il se fera exploser lui même avec un grenade avec ceux qui tentent de l'enlever".

En novembre 2011, poursuit le Haaretz, lors d'un forum rassemblant les hauts commandants de l'armée israélienne, le chef d'état major, Benny Gantz, avait estimé nécessaire de souligner que la procédure Hannibal ne permet pas aux soldats de tirer directement sur un camarade capturé pour éviter qu'un soldat ne tombe vivant aux mains de ravisseurs.

 

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