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Culture

Mashrou’ Leila au zénith

Festival de Zouk Mikaël

Six groupes libanais ont fêté samedi soir autour de Hamed Sinno et ses acolytes les 25 printemps de Light FM avec un show riche et éclectique.

Brice LAEMLE | OLJ
04/08/2014

À l'heure du coucher de soleil sur la baie de Jounieh, les spectateurs se détendent tranquillement en rêvassant à l'écoute de « Jammit The Band » qui mêle ska, reggae et soul orientale. « Sandmoon » prend la suite en oscillant entre sadcore et anti-folk, mélancolie et tristesse. Une langueur qui rappelle la chanteuse américaine Fiona Apple. L'électro swing joviale du duo Loopstache détonne. Rejoint par le trompettiste Simon Salameh, ils livrent une bondissante prestation en présentant leurs énergiques Taxi Man et Crazy On You, futurs petits tubes en puissance.

Dès son entrée sur scène, Erin Mikaelian, chanteuse du groupe Pindoll, demande au public de rendre hommage aux victimes de Gaza. Le moment de recueillement est respecté avec une grande solennité. L'instant s'avère d'autant plus touchant et surprenant qu'il tranche avec l'autopromotion harassante débitée par les animateurs de la radio à chaque pause. Le show théâtral de Pindoll brasse punk, cabaret, mélodies orientales et rock fifties. Le charisme d'Erin Mikaelian ne peut laisser de marbre et cette aisance scénique lui permet de reprendre I Put a Spell on You, et Screamin' Jay Hawkins avec sensualité.

Mais il n'y a pas photo, c'est bien «Mashrou' Leila » qui aura – une nouvelle fois – marqué les esprits. Le chanteur Hamed Sinno aimante le regard et électrise le public à chaque mouvement. Le magnétisme qu'il développe sur scène est impressionnant. Dès les premières notes des frissons parcourent le public. Les quatre musiciens mettent en mélodies toute la mélancolie du chanteur, particulièrement lors du morceau Raasuk. Les tubes défilent : Ala Babu, Raksit Leila, Fasateen – mais le public connaît par cœur tous les textes de « Leila » sans exception et chante à l'unisson. Que ce soit l'amer Ne me quitte pas de Jacques Brel ou le sexuel Toxic de Britney Spears, Mashrou'Leila les reprend – en les traduisant en arabe – avec une facilité déconcertante.

Le rock dansant des chiens fous Who Killed Bruce Lee ne fait pas dans la dentelle. Les quatre barbus font du rock'n'roll en se fichant de la mode, à la limite du punk avec, comme objectif, de jouer aussi vite et fort que Queens Of The Stone Age. À l'image de leur logo en forme de poing américain, le public prend un dernier uppercut pour terminer la soirée.

Symbolique de l'effervescence des talents musicaux locaux, l'anniversaire de Light FM aura été l'occasion de profiter d'un panorama de la scène libanaise actuelle avec six groupes et autant de façon d'entrevoir la musique. L'arbre qui cache la forêt à n'en pas douter.


Pour mémoire

Mashrou3 Leila en couverture de « Rolling Stone » !

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