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Économie - Crise

Hakim dénonce un « exode économique » de certains réfugiés syriens

La Sûreté générale et le ministère de l'Intérieur relèvent de nombreux allers-retours de déplacés du Liban vers la Syrie.

Plus du tiers de la population au Liban est aujourd’hui composé de réfugiés syriens.

Dans une entrevue accordée à L'Orient-Le Jour, le ministre de l'Économie et du Commerce Alain Hakim a qualifié de « tourisme politique », l'afflux de certains réfugiés syriens venus au Liban pour bénéficier de l'aide des organisations humanitaires internationales.
« Entre 40 000 et 70 000 déplacés syriens ont perdu leur statut de réfugié pour cette raison, a précisé M. Hakim. Le ministère de l'Intérieur et la Sûreté générale ont enregistré des allers-retours incessants entre le Liban et la Syrie. Cela signifie qu'un certain nombre de déplacés syriens ne sont pas venus au Liban pour des raisons de sécurité, sinon pourquoi retourneraient-ils en Syrie ? » a-t-il demandé.

Selon les chiffres du ministère, 50 % des élèves scolarisés au Liban sont aujourd'hui réfugiés syriens. La pression est la même sur les produits de première nécessité subventionnés par l'État comme le pain. « 5, 4 millions d'unités de pain sont consommées chaque jour par les réfugiés, ajoute le ministre, 87 millions de litres d'eau et 200 mégawatts d'électricité, soit deux heures de courant par jour. Ce budget aurait permis le financement de 3 échelles de salaires », précise-t-il.

Dans ce contexte, Alain Hakim a tenu à réitérer son cri de détresse à l'adresse de la communauté internationale. « Le monde ne semble pas prendre conscience du danger qui guette le Liban. Plus du tiers de la population est aujourd'hui composé de réfugiés syriens. » Le Liban qui est le plus petit pays voisin accueille 40 % des réfugiés syriens dans le monde.

 

(Pour mémoire : Vénalité, courte vue, surenchère politique : après les Palestiniens, les Syriens, le commentaire d'Émile Khoury)

Chammas : « Une syrianisation de l'économie »
Même inquiétude pour Nicolas Chammas, président de l'Association des commerçants de Beyrouth, qui souligne le « dumping social » qui s'accélère inexorablement sur le marché du travail. « 47 % de la population réfugiée syrienne est susceptible d'occuper un emploi au Liban, a-t-il rappelé, citant les chiffres du ministère du Travail. La restauration, le commerce, l'industrie, les services et la santé... Aujourd'hui, tous les secteurs sont concernés par ce phénomène de hausse du chômage combinée à une baisse des salaires », a-t-il poursuivi.
« Si le HCR a créé 600 emplois au Liban et octroyé une enveloppe de 40 milliards de dollars aux municipalités libanaises pour faire face à la situation, il faut rappeler que la crise syrienne a entraîné une destruction d'emplois qui se compte par dizaines de milliers au Liban et des pertes en milliards de dollars », a insisté M. Chammas, répondant aux arguments selon lesquels l'afflux de réfugiés syriens aurait pu entraîner une hausse de la demande locale et des flux financiers.

Selon une étude menée par la Banque mondiale, la crise syrienne a déjà coûté au Liban 7,5 milliards de dollars entre 2011 et mai 2014, poussant 170 000 Libanais sous le seuil de pauvreté, doublant le taux de chômage à 20 % en 2014 et pesant sur les dépenses gouvernementales à 1,1 milliard de dollars par an.
Rappelons que selon un récent rapport de l'ONU, le Liban comptera en décembre 1 500 000 réfugiés pour une population de 4 millions de personnes. Des fonds de 1,6 milliard de dollars sont nécessaires pour le Liban, mais seuls 23 % ont d'ores et déjà été récoltés.

 

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