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Nos lecteurs ont la parole - Louis Amerighi

Hassan Nasrallah pour président (ou le courage de voir les choses en face)

Entre Hassan Nasrallah et Michel Aoun pour président de la République, le second étant le candidat officieux et non déclaré du parti présidé effectivement par le premier, je préfère encore mieux avoir l'original. Dans le temps, pendant ce qu'on appelait l'âge d'or du Liban, les présidents de la République étaient des hommes forts, craints et respectés de tout le monde : on parle de Béchara el-Khoury, de Camille Chamoun, de Fouad Chéhab, etc. La mode des présidents-pantins est relativement récente: elle date de l'occupation syrienne, quand le régime Assad plaçait à son gré des présidents «accommodants» et «gérables» pour lui faciliter la tâche. Maintenant que ce régime est en voie d'effondrement (ou pour le moins n'est plus aussi bien portant que jadis), il faudrait peut-être revenir à la tradition précédente, celle où les vrais acteurs politiques étaient portés au pouvoir. Or de nos jours, qui est incontestablement le leader politique disposant du plus grand support populaire? Certainement le sayyed.
La raison pour laquelle personne n'avait envisagé sa candidature jusqu'à présent, c'est évidemment sa confession. Nous sommes nés dans un pays où le président est obligé d'être maronite, c'est un acquis, c'est dans l'ordre naturel des choses et personne ne penserait remettre en question cette loi fondamentale, c'est sacro-saint. En prenant un peu de recul on réalise, outre le fait que c'est absolument ridicule, que cette tradition a été instaurée à l'époque du mandat français (tradition orale d'ailleurs, jamais écrite dans la Constitution, les Français n'auraient jamais commis une bêtise pareille) sur la base du recensement démographique effectué à l'époque (le dernier depuis) et qui donnait les maronites en tête. Actuellement, ce n'est plus le cas : la majorité est chiite, on peut très bien le voir sur le site Web de la CIA. Certains vous diraient : « Mais en comptant les émigrés, etc. ». Ce à quoi je réponds que les émigrés sont justement des émigrés ; le président gouverne la communauté locale.
Pour les chrétiens libanais, il est hors de question de vivre sous la présidence d'un musulman, jamais, plutôt émigrer; pour les musulmans, l'idée est tolérée puisque ça fait «chic» d'avoir un président chrétien, ça fait original par rapport aux pays arabes, c'est exotique, ça renforce la touche occidentale du pays, en façade. Tout le monde s'est donc accordé jusque-là sur cette question ; on a préféré les marionnettes maronites aux candidats sérieux de toutes autres religions confondues. Un président fort pourrait peut-être stabiliser la situation politique du pays et redresser l'économie, mais un président chrétien, ça fait chic. De toute façon, pendant la présence syrienne, les marionnettes étaient garanties d'avoir une vie longue et prospère, alors que les esprits forts finissaient souvent au TNT (ou au C4). Maintenant que nous nous sommes libérés de cette tutelle, que faire? Néant, absentéisme, blocage... Saurons-nous nous autogouverner, saurons-nous choisir un président fort, un nouveau Fouad Chéhab qui nous sorte du gouffre économique et socio-politique où nous nous sommes fourrés, ou faudra-t-il attendre de voir émerger un vainqueur en Syrie pour lui demander, s'il en a encore l'énergie, un petit coup de main dans nos élections?

Entre Hassan Nasrallah et Michel Aoun pour président de la République, le second étant le candidat officieux et non déclaré du parti présidé effectivement par le premier, je préfère encore mieux avoir l'original. Dans le temps, pendant ce qu'on appelait l'âge d'or du Liban, les présidents de la République étaient des hommes forts, craints et respectés de tout le monde : on parle de Béchara el-Khoury, de Camille Chamoun, de Fouad Chéhab, etc. La mode des présidents-pantins est relativement récente: elle date de l'occupation syrienne, quand le régime Assad plaçait à son gré des présidents «accommodants» et «gérables» pour lui faciliter la tâche. Maintenant que ce régime est en voie d'effondrement (ou pour le moins n'est plus aussi bien portant que jadis), il faudrait peut-être revenir à la tradition...
commentaires (7)

CORRECTION ! Merci : ".... trop de sunnites, yîîîh, bi lébnééne et veut pour eux le maintien de la peine de mort et/ou le bannissement en Andalousie ou plutôt en Papouasie....".

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

09 h 06, le 12 juillet 2014

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Commentaires (7)

  • CORRECTION ! Merci : ".... trop de sunnites, yîîîh, bi lébnééne et veut pour eux le maintien de la peine de mort et/ou le bannissement en Andalousie ou plutôt en Papouasie....".

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    09 h 06, le 12 juillet 2014

  • UNE FOIS, APRÈS AVOIR BU DEUX BOUTEILLES DE VIN, J'AVAIS DIVAGUÉ AUSSI !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    19 h 09, le 11 juillet 2014

  • SUITE : Pour le fakkîh l’hassine, surely, "8 longues années de cache-cache et de cloisonnement c’est just un minimum". Alors que, tout bien pesé, 48 heures c'est le maximum par bonhomme au départ absolutely normal sans qu’il tourne bourrique car, avec, il est déjà dans de beaux draps, c'est bien l'Enfer pour lui et c'est déjà du joli ! La "wilâïyâtoulfakkîh est mon bon dieu" ânonne-t-il même. Alors que ce bad système n’est qu’une lourdingue série de pathétiques et puériles limites à la rapacité et à l’agressivité dont un individu quelconque peut se rendre coupable sans aller en taule ! On attribue ceci, erronément, à l'autre Goebbels au pied bot : "Quand j'entends le mot démocratie ou le mot culture, je sors mon revolver de son holster ou bien je sors prendre un bon verre" ! Pour sa paternité, les fakkîhàRiens indigènes locaux tiendraient bien la corde : mais oui, on ne prête qu’aux riches ! Et si, pour en être sûr et par pur hasard, on demandait à "Mâräoûn" le petit caporal son avis banal ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    14 h 24, le 11 juillet 2014

  • Dans ce pourrissement hyper généralisé, nul ne peut revendiquer le monopole de la malhonnêteté. "Guides", Politiques et dirigeants de toutes sortes et/ou les voyous, pourquoi feraient-ils donc exception ?! Que l’on renverse les tiroirs de la commodînâh dans lesquels on conservait, en cas de besoin, quelques libânneries : Pour le chïïtique "Moyen", ce drôle de "divin?" a toujours raison. Faux! Fakkîh a tort. Quand une "résistancielle" échoue et que son action baisse, c'est considéré par lui comme une bonne nouvelle et le voilà qui participe même au festin. Cette "dictature des inepties" n'est vraiment pas acceptable ! Il pense aussi "qu’il y a trop de Palestiniens et surtout trop de sunnites, yîîîh, bi lébnééne et veut pour eux le maintien de la peine de mort". Pur Poujado-populisme ! Dans un lieu de ses lieux de culte, la tchadorisée "Moyenne", elle, sent une main se poser sur elle subrepticement mais se dit, "ici c'est un lieu sacré, yâ hassirtîîîh, ça ne peut être que la main d'1 dieu". Sacrée "fine mouche", va !....

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    14 h 21, le 11 juillet 2014

  • Les questions posées sont bonnes , pourquoi un président , ou 1er M ou bien président de l'assemblée d'une couleur spécifique ? un anachronisme qui devrait disparaître un jour . Mais proposer H.N comme président est déplacé , parce qu'il n'en a pas envi tout simplement , c'est pas un Homme de pouvoir au sens politique politicienne du terme , c'est un guide qui donne des résultats efficaces là où il se trouve , ce genre de compétition ne l'intéresse pas , son combat est ailleurs , la préservation de l'intégrité du territoire libanais , à voir comment le pays usurpateur dans sa guerre judéo/sunnite à Gaza se comporte , on remercie le ciel de nous avoir envoyé une stature de cette trempe pour les amener à réfléchir 10 fois avant de commettre l'irréparable pour eux , bien sûr .

    FRIK-A-FRAK

    14 h 01, le 11 juillet 2014

  • ATTENTION... LE SOLEIL FRAPPE LA TÊTE EN ÉTÉ !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    06 h 15, le 11 juillet 2014

  • Rires. La seule chose vraie et sensée de cet article est qu'effectivement il est complètement ridicule de s'accrocher à cet acquis qui nous oblige à élire un président maronite. D'ailleurs, et dans le même état d'esprit, il est aussi aberrant que l'on soit obligé d'avoir un Premier ministre sunnite et un président de la Chambre chiite. Pour le reste, franchement... Dire par exemple que le barbu enterré jouit du plus grand soutien populaire dans le pays c'est manquer de respect à la grande majorité des vrais Libanais. Et le plus drôle est que vous parlez de marionnettes alors que votre héros en est un parfait exemple en étant celle de l'Iran et de la Syrie. Je connais un ou deux simples d'esprit qui vont vous encenser divinement. C'est assez comique.

    Robert Malek

    03 h 57, le 11 juillet 2014

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