Un sac sur le dos, un appareil photo en bandoulière et un profond désir de découvrir la multiplicité des cultures qui forment la mosaïque de notre vaste monde. C'est un humaniste que nous découvrons dans les photos qui ont permis à Georges Nasr d'immortaliser des moments de beauté authentique.
C'est en effet une exposition photographique épurée que la Fondation Georges Nasr a organisée pour honorer sa mémoire* et nous permettre de découvrir l'univers d'un homme que la mort injuste a enlevé trop tôt aux siens...et à ceux qui ne le connaissaient pas encore.
Nous parcourons le monde à travers ce que ses yeux ont perçu pour un temps de pause bien particulier : celui durant lequel les âmes sont pures et les esprits sont sereins.
Citadin de naissance et d'éducation, Georges Nasr a voulu trouver ses frères humains le plus loin possible, loin de toute pollution, loin des sentiers battus pour touristes amateurs, au plus près des peuplades qui sont restées entières et fidèles à leur culture.
Au vu de ces clichés, c'est une bouffée d'optimisme ainsi qu'une foi en un monde meilleur qui s'emparent de nos pensées. Un monde uniforme et globalisé ferait donc disparaître ces trésors cachés, accessibles seulement à ceux qui prennent la peine de les chercher.
Sans artifices, sans superflus, les histoires de pays tels que le Maroc, le Népal ou le Sri Lanka sont racontées par un homme qui avait pour seule intention d'assouvir sa soif de rencontres et de découvertes.
Les photos parcourues font naître une envie irrésistible de rencontrer l'homme, de connaître dans les moindres détails les anecdotes qui ont jalonné son parcours, de recueillir son impression de ce monde qu'il a découvert.
Il faudra se contenter de ses photos en se disant que celles-ci sont une part de lui qu'il a légué à la postérité. Charge aux vivants d'en faire bon usage.
La mort est injuste, pourtant, c'est à travers elle que Georges a, une fois de plus, gagné sa bataille contre l'individualisme et la pensée
unique.
Un message clair se dégage de cette initiative, organisée dans un cadre admirable, surplombant un coucher de soleil à l'horizon que l'on croirait pouvoir toucher du doigt.
Un message d'amour et de fidélité, porté par la femme et les enfants de l'artiste malgré lui et qui, nonobstant le poids de la séparation, garderont en eux pour toujours quelque chose de Georges Nasr.
Marwan TIBI
* L'exposition « In the loving memory of Georges Nasr » a eu lieu le 27 juin 2014 à l'Iris, Beyrouth, immeuble « an-Nahar ». Les revenus de cette exposition seront entièrement reversés au profit du « Laeticia Fund » pour les enfants atteints de leucodystrophie métachromatique.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine