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Nos lecteurs ont la parole - Louis Ingea

Sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

Le Moyen-Orient se retrouve, en ce début du XXIe siècle, à la croisée des chemins.
Région aux populations tumultueuses et aux ethnies variées, la vie politique y aura été désespérément stagnante depuis la disparition de l'Empire romain. Voie de passage privilégié entre l'Asie profonde et une Europe entreprenante, on comprend que le désordre y soit resté le maître mot et pourquoi il ne fut jamais possible d'y bâtir une ou plusieurs nations selon le processus mondial qui a fait ses preuves partout ailleurs.
Il semble toutefois aujourd'hui que les esprits soient suffisamment préparés pour aborder l'étape d'une maturité à laquelle tend normalement tout développement.
Les dirigeants actuels de cette partie du monde ne sont, certes pas, à la base du réveil en question. Bien au contraire, leurs méthodes tyranniques, sécrétées par une culture générale basée sur le clanisme et une spiritualité immature au niveau des masses, ne pouvaient que susciter des secousses revanchardes, génératrices de chaos et de regrettables tueries.
Il ne s'est jamais trouvé, chez ces responsables, un seul personnage qui eût la sagesse (comme ce fut le cas de Ghandi en Inde) de focaliser l'attention des foules sur les vraies valeurs de la vie en commun. Car toutes les formes de démocratie ne se laissent dévoiler que progressivement, soutenues par une vision humaniste, que seuls certains peuvent provoquer grâce à leur charisme, leur volonté sincère, leurs sacrifices...
Cette lacune-là reste l'une des premières causes du retard civique accusé par les populations de notre région.
Or l'esprit ne peut indéfiniment chômer. Vient un moment où, par la force des choses, le volcan psychologique devra exploser. Et il explose, hélas ! au ras de la couche sociale. Les convulsions actuelles, fanatisme et terrorisme compris, en sont l'illustration flagrante. Et les conséquences de leur déferlement, prévisibles. Ce ne sera sans doute pas pour demain matin, mais le bouleversement est inéluctable et sans retour. La loi de l'unité, qui sous-tend la marche du monde, transcende tous les calculs et tous les égoïsmes. Même l'excès de violence à ce niveau est à considérer comme bienvenu, pour la seule raison que cela mettra en branle le coup de pouce nécessaire pour accelérer l'avancée du phénomène et l'amener à échéance.
Que ce soit les États-Unis, l'Iran, la Russie ou l'Europe qui s'en chargeraient à leur corps défendant, peu importe. Pourvu que la machine se remette en marche.
Et nous verrons un jour, comme l'a raconté l'autre soir avec un certain humour au cours d'une émission télévisée l'une des vedettes de notre cheptel politique, fleurir trente-six États arabes et musulmans au lieu des vingt-deux connus jusqu'a présent.
Le Kurdistan est déjà en place et ne demande qu'à se consolider avant d'être internationalement reconnu. Le sunnisme irakien suit les mêmes traces bien que par des procédés différents. La Syrie, à son tour, devra y verser bientôt sa quote-part malgré les illusions tenaces de son régime croulant. Et le reste est à l'avenant. Turquie, Jordanie, Égypte et Arabie saoudite en feront également les frais, chacune à sa mesure. J'y ajouterais, avec un certain sourire, que le Liban, lui, est trop minuscule pour être charcuté. Sans oublier qu'il vit depuis deux siècles et à son insu à l'avant-garde de cette curieuse mosaïque.
Tranquillise-toi, lecteur libanais ! Ton mode de vie ne changera pas. Ni ton climat, ni ta cuisine, ni ton insouciance ! Tes gratte-ciel finiront par être vendus et habités et trouveront à retardement la justification et l'explication de la frénésie avec laquelle ils furent construits.
L'odeur du pétrole parfumera tes plages et les liasses de billets verts empliront sinon les poches du contribuable, du moins les coffres des établissements bancaires et les portefeuilles des classes dirigeantes. Ne grinçons pas des dents. L'opulence, même injustement partagée, débordera fatalement sur l'économie nationale.
Optimistes et naïves sont les lignes qui précèdent ? Que non ! Pragmatiques plutôt et prometteuses. Je l'avais mentionné il y a une quinzaine d'années dans l'un de mes écrits personnels et j'avance aujourd'hui comme un défi l'idée que les choses se réaliseront dans ce sens-là.
Rien n'empêchera alors que se concrétise au Moyen-Orient une sorte de communauté est-méditerranéenne faisant contrepoids à l'Europe unie, pendant que l'Asie, l'Afrique et l'Amérique du Sud rejoindront, selon le même clavier, une harmonie similaire, confirmant par là même la tendance naturelle vers l'unité générale dans la pluralité : condition sine qua non de l'aboutissement de l'évolution universelle.
Les individus, pour autant, continueront-ils à gigoter dans l'actuelle débauche de confort matériel et les plates jouissances offertes par la société de consommation ? Ou bien, comme cela s'annonce déjà dans les creusets avisés de la planète, verra-t-on éclore un sursaut de conscience qui favorisera l'éducation, les arts et la culture humaniste sous toutes ses formes ?
Tel est le grand défi et le noble combat qui oppose sans rémission le monde de la matière à celui de l'esprit...
Et dont l'issue, je crois, ne saurait faire de doute.

Louis INGEA

Le Moyen-Orient se retrouve, en ce début du XXIe siècle, à la croisée des chemins.Région aux populations tumultueuses et aux ethnies variées, la vie politique y aura été désespérément stagnante depuis la disparition de l'Empire romain. Voie de passage privilégié entre l'Asie profonde et une Europe entreprenante, on comprend que le désordre y soit resté le maître mot et pourquoi il ne fut jamais possible d'y bâtir une ou plusieurs nations selon le processus mondial qui a fait ses preuves partout ailleurs.Il semble toutefois aujourd'hui que les esprits soient suffisamment préparés pour aborder l'étape d'une maturité à laquelle tend normalement tout développement.Les dirigeants actuels de cette partie du monde ne sont, certes pas, à la base du réveil en question. Bien au contraire, leurs méthodes tyranniques,...
commentaires (2)

DES VACHES SUR DES ÂNES !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

16 h 37, le 20 juin 2014

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Commentaires (2)

  • DES VACHES SUR DES ÂNES !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    16 h 37, le 20 juin 2014

  • Il paraît que ces belles Printanières arabes doivent redevenir assez fortes pour contrôler et maîtriser ces saletés de régimes arabes, ces branches en acier de ces tenailles autocratiques Malsaines qui menacent perpétuellement ces sociétés arabes Saines encore si chétives. Et elles auront fort à faire ! Déjà dans cette violence des pratiques politiques au sein de ces régimes Malsains autoritaires, on connaissait quelques aspects de cet univers étanche et froid dans lequel il n’est pas rare que l’on gagne sa vie en perdant son âme. Eh bien, les revoici les compétiteurs en costume simili-"Cerutti" avec ou sans cravate, rétros-anciens moudéééles, animaux à sang-froid, lourdauds, imbus de leurs hypothétiques compétences. Et plus suffisants que nécessaires, quoique surtout à la signifiance plus qu’insignifiante ! Les revoici s’auto-persuadant que la vraie politique soi-disant vraiment "éhhh arabe", c’est d’accroître leur autoritarisme, de s’adapter aux aléas des plus puissants qu’eux ; Israël et l’Amérique ; et surtout d’inlassablement les éhhh Sains arabes pourchasser : ce qui en fait signifie emprisonner, assassiner, massacrer ! Comment s’accommoder de la répulsion qu’impliquent si souvent leurs challenges Malsains ? And how se débarrasser, vu qu’on est menacé par ces colles de régimes archaïques et rétrogrades, de cette poire d’angoisse enfoncée dans la gorge et qui étouffe encore et encore les cris de ces arabes Sains suppliciés ? Mais bon, disons que cet allâh-là est grand !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    03 h 26, le 20 juin 2014

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