Une nouvelle fois ce jeudi 19 juin, la séance parlementaire convoquée pour étudier le financement de la grille des salaires a tourné court. Photo Sami Ayad
Alors que le quorum requis (la majorité absolue, soit 65 députés) pour la tenue de la séance parlementaire consacrée à l'étude du financement de la grille des salaires n'était pas atteint, le président du Parlement, Nabih Berry, a publié un communiqué, aujourd'hui à 11h15, indiquant que la séance parlementaire restera ouverte.
A 11h15, seulement 51 députés étaient présents au Parlement.
L'absence de quorum à la séance d'aujourd'hui était attendue, car en dépit de l'intensification des contacts ces deux derniers jours, il n'y a toujours pas d'accord sur les moyens de financer la grille des salaires. Les syndicats, eux, maintiennent leur position : une augmentation de 121 % sans échelonnement avec un effet rétroactif à juillet 2012.
"Il n'y a rien de nouveau, mais ne perdez pas espoir", avait déclaré, un peu plus tôt, Bahia Hariri, députée membre du Courant du Futur. "Malheureusement, il semble qu'il n'y ait ni quorum, ni grille", avait indiqué de son côté le ministre de l'Éducation, Élias Bou Saab.
"Nous voulons nos droits"
Ce matin, le président du syndicat des enseignants des écoles privées, Nehmé Mahfoud, avait réaffirmé les revendications du Comité de coordination syndical (CCS), lors d'une conférence de presse donnée à partir du Parlement, après une réunion avec le chef du Législatif Nabih Berry.
"Nous sommes avec les droits des enseignants et de tous ceux qui sont concernés par la grille des salaires", a déclaré M. Mahfoud, ajoutant que le CCS est surpris que cette question soit politisée. "Nous voulons nos droits, la grille des salaires est une ligne rouge", a-t-il martelé.
Si la séance parlementaire d'aujourd'hui n'a pas lieu, "le CCS se réunira pour décider des prochaines étapes", a-t-il poursuivi, ajoutant, à l'adresse des députés: "Vous menez le pays vers l'inconnu, si vous restez dans cette situation".
Les fonctionnaires et contractuels des administrations publiques ainsi que les enseignants du public et du privé sont engagés dans un bras de fer depuis des mois avec le Parlement pour que soit adoptée la nouvelle échelle des salaires. Le 10 juin dernier, le Parlement avait déjà reporté l'approbation de ce projet de loi, menaçant la tenue des examens officiels. Aujourd'hui, c'est la correction des examens qui est menacée.
"Une vraie grille qui soit réaliste"
Le député membre du bloc du Futur Ahmad Fatfat, ainsi que le mouvement du 14 Mars, ont défendu jeudi, après l'annonce de M. Berry, une hausse de 1% de la TVA, relevant celle-ci à 11%, et ce afin de financer le projet de la grille des salaires du secteur public.
Depuis le début du bras de fer entre le CCS et le gouvernement, le premier s'oppose à toute hausse de la TVA. "Nous n'accepterons pas une grille des salaires aux dépens des pauvres", avait encore lancé hier Hanna Gharib, président du CCS.
M. Fatfat a argué aujourd'hui que les populations les plus pauvres, sont surtout concernées par les prix des produits alimentaires, les frais de scolarité et d'autres dépenses qui ne sont pas intégrés dans la TVA. Le député a en outre souligné qu'une hausse de 1% de la TVA, n'implique qu'une augmentation de "0,03 ou 0,04 % des prix" des produits touchés.
Le député du 14 Mars a par ailleurs tenu à affirmer que son bloc était "pour une vraie grille qui soit réaliste". Dénonçant une opération de "chantage politique", M. Fatfat a souligné que "pour nous, la grille est une question économique".
Pour justifier le refus du 14 Mars de participer aux séances législatives sur le financement de la grille des salaires, M. Fatfat a expliqué que "les chiffres se discutent à huis-clos de manière sérieuse avec des experts", et qualifié de "mascarade" les derniers débats autour des chiffres du financement.
"Il ne faut plus faire de surenchères"
Le député membre du bloc parlementaire des Forces libanaises (FL) Fadi Karam a, de son côté, dénoncé les surenchères sur le projet de financement de la grille, appelant à dissocier cette question des autres débats politiques. "Il ne faut plus faire de surenchères sur la question de la grille, et lier ce dossier aux autres questions politiques est inacceptable", a martelé le député Karam, soulignant que son bloc, également membre du 14 Mars, "tiens à répondre aux demandes des citoyens".
Toutefois, M. Karam a mis en relief le manque de moyens de financement, aujourd'hui, pour la grille. "Que faire quand les ressources ne sont pas disponibles ? Le 14 Mars se base sur des chiffres et il est soucieux de l'économie" libanaise, a-t-il indiqué.
Interrogé sur le refus du 14 Mars de voter le projet de financement de la grille des salaires, M. Karam a affirmé : "Si l'on nous donne les chiffres exacts, nous sommes prêts à l'instant à voter le projet, et ce malgré notre opposition de fond à un travail législatif du Parlement en situation de vacance de la présidence". Selon le 14 Mars, en l'absence d'un président de la République, la Chambre devrait se limiter à ses fonctions de collège électoral.
Les chiffres avancés par les uns et les autres sur le coût de la grille varient du simple au quintuple. Alors que pour le député Ibrahim Kanaan, un équilibre précis sur les chiffres du financement de la grille a été atteint, Ahmad Fatfat a, de son côté, affirmé mardi que le ministère des Finances rend publiques des estimations très variées et incohérentes du coût de la nouvelle échelle des salaires ; des estimations qui fluctuent entre 120 et 650 milliards de livres libanaises.
Hier, l'ancien Premier ministre Fouad Siniora, avait déclaré que son bloc est "déterminé à faire en sorte que le projet soit avalisé, mais pas à n'importe quel prix". "Il faut trouver un équilibre entre les recettes de l'État et les moyens de financer la grille afin de ne pas alourdir le déficit du Trésor public", avait-il dit.
Pour mémoire
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A 11h15, seulement 51 députés étaient présents au Parlement.
L'absence de quorum à la séance d'aujourd'hui était attendue, car en dépit de l'intensification des contacts ces deux derniers jours, il n'y a toujours pas d'accord sur les moyens de financer la grille des salaires. Les syndicats, eux, maintiennent leur position : une augmentation de 121 % sans échelonnement avec un effet rétroactif à juillet 2012.
"Il n'y a rien de nouveau, mais ne perdez pas espoir", avait déclaré, un...


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16 h 29, le 20 juin 2014