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Moyen Orient et Monde - Enlèvement D’Israéliens

« Il faut faire de la carte de membre du Hamas un ticket direct pour l’enfer »

L'armée étend son offensive pour briser le mouvement islamiste en Cisjordanie ; un échange de prisonniers est exclu.

De Hébron à Naplouse, les soldats israéliens cernent la Cisjordanie pour « faire de la carte de membre du Hamas un ticket direct pour l’enfer ». Hazem Bader/AFP

Israël a étendu hier ses opérations de ratissage pour retrouver trois jeunes étudiants enlevés près d'une colonie, bien décidé à casser du même coup l'appareil du Hamas en Cisjordanie, accusé de ce rapt. L'armée israélienne a lancé à leur recherche son plus important déploiement depuis la fin de la deuxième intifada en 2005.

L'offensive, d'abord concentrée sur le sud de la Cisjordanie, où s'est produit l'enlèvement le 12 juin, touche désormais la région de Naplouse, dans le nord du territoire, où 41 « suspects » ont été arrêtés, dont des militants du Fateh et des officiers des forces de sécurité de l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas, portant à plus de 200 le nombre de Palestiniens appréhendés en cinq jours.

« Tant que nos garçons seront entre ses mains, le Hamas sentira qu'il est poursuivi, paralysé, menacé. Nous sommes déterminés à affaiblir les capacités terroristes du Hamas, ses infrastructures et ses organisations de recrutement », a averti un porte-parole militaire.

« Il faut faire de la carte de membre du Hamas un ticket direct pour l'enfer », a renchéri le ministre de l'Économie Naftali Bennett, chef du parti national-religieux Foyer juif et membre du cabinet de sécurité, qui regroupe les principaux membres du gouvernement. Cette instance a décidé hier de « continuer à augmenter la pression sur la machine du Hamas », a indiqué un responsable israélien sous le couvert de l'anonymat, précisant qu'une des mesures envisagées portait sur le durcissement des conditions de détention des membres du mouvement islamiste.

« Sans jamais réussir »
« L'objectif ultime est d'isoler à nouveau la Cisjordanie, gouvernée par l'Autorité palestinienne, et la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas, comme c'était le cas avant la récente formation du gouvernement d'union palestinien », a analysé le correspondant militaire du quotidien Haaretz.

Selon le correspondant militaire du Yediot Aharonot, l'armée israélienne a saisi l'occasion « d'émasculer l'infrastructure du Hamas », afin d'« éliminer ses bastions en Cisjordanie » en zone autonome sous contrôle de l'Autorité palestinienne.

« Ce n'est pas la première fois qu'Israël arrête ou expulse des dirigeants politiques du Hamas, sans jamais réussir à détruire le Hamas », a souligné pour sa part l'analyste palestinien Nachat al-Aqtach, rappelant le cloisonnement entre directions politique et militaire du mouvement.

Représentant de l'aile la plus à droite du gouvernement, M. Bennett a rejeté tout échange entre les Israéliens kidnappés et des prisonniers palestiniens, comme lors de précédents enlèvements. A contrario, le directeur de l'ONG anticolonisation La Paix maintenant, Yariv Oppenheimer, a appelé à « sauver par tous les moyens les adolescents et les ramener soit par une action militaire, soit par un accord douloureux (d'échange) », mais à s'interroger ensuite sérieusement sur « l'avenir d'une présence israélienne au cœur des territoires » palestiniens.

« Châtiment collectif »
La représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a condamné l'enlèvement, tout en souhaitant « la poursuite de la coopération étroite entre les services de sécurité israéliens et palestiniens pour assurer la libération rapide des personnes enlevées ».

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a également appelé à la « libération immédiate » des trois adolescents, tout en déplorant la mort de deux jeunes Palestiniens dans les opérations israéliennes, appelant à « éviter de nouvelles victimes ».

L'ONG israélienne de défense des droits de l'homme B'Tselem ainsi qu'un collectif d'organisations palestiniennes ont dénoncé dans des communiqués distincts le « châtiment collectif » subi par la population de Cisjordanie, les travailleurs palestiniens étant notamment empêchés d'entrer en Israël.

Mahmoud Abbas, dont le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a sollicité l'aide dans cette affaire, a dénoncé le rapt ainsi que les « violations israéliennes qui ont suivi ». Israël a lancé dans la nuit de lundi à mardi quatre raids aériens sur la bande de Gaza, bastion des combattants du Hamas, en réponse à un tir de roquette, a annoncé l'armée.

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L'offensive, d'abord concentrée sur le sud de la Cisjordanie, où s'est produit l'enlèvement le 12 juin, touche désormais la région de Naplouse, dans le nord du territoire, où 41 « suspects » ont été arrêtés, dont des militants du Fateh et des officiers des forces de sécurité de l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas, portant à plus de 200 le nombre de Palestiniens appréhendés en cinq jours.« Tant que nos garçons seront entre ses mains, le Hamas sentira qu'il est...
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