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Ce monde dont les princes sont des enfants

Les seniors des grandes entreprises aujourd'hui ont deux bêtes noires : les « Y » et les « Millennials ». Deux appellations qui ne désignent ni des virus informatiques ni des héros de jeux vidéo, mais presque. Les « Y » et les « Millennials » sont les générations d'employés et de stagiaires récemment débarqués sur le marché du travail. Les « Y », prononcer « why », sont nés dans les années 80. Les Millennials sont arrivés à peine plus tard mais marchent dans les pas de leurs jeunes aînés.

Pourquoi « Y » ou « why » ? Pourquoi « pourquoi » ? Parce que cette génération, précisément, est réputée pour son questionnement systématique de l'autorité. Au-dessus d'eux dans l'organigramme se trouvent des adultes qui ont grandi avec leur entreprise et consenti de nombreux sacrifices par dignité professionnelle. Les « Y » ne sont pas adultes et refusent de le devenir. Ces Peter Pan sont nés avec des claviers et des commandes au bout des doigts, ils sont imprégnés d'une culture de la facilité. Ils vont remettre en question chaque effort qui leur sera demandé et prouver qu'il est inutile. « Digital natives », comme on les appelle aussi, leur narcissisme est sans limite et le moindre événement de leur journée, notamment les repas, est prétexte à se mettre en scène sur les réseaux sociaux et annoncer au monde qu'ils ont, par exemple, mangé de la tomate mozza au lunch break. On l'aura compris, ils vivent dans l'instant, ne se projettent pas dans un avenir qui les effraie, et considèrent – peut-être à juste titre – toute l'humanité qui les a précédés comme responsable des catastrophes, climatiques et autres, qui les guettent. D'où, en partie, leur mépris pour ces seniors qui ont tout faux mais auxquels ils concèdent volontiers le statut de « responsables » dans tous les sens du terme, à condition que leur soit laissée à eux la latitude d'agir comme bon leur semble sans avoir à endosser – quelle horreur ! – de responsabilités.
Loin de nous l'idée de généraliser ou d'apposer des étiquettes restrictives. Une génération n'est certes pas un bloc monolithique mais une multitude d'individus de sensibilités diverses. Cependant, il s'agit d'une tendance globale intéressante à observer. Quand on entend partout dans le monde des responsables se plaindre d'un même phénomène, il faut croire qu'il s'agit bien d'un phénomène. Ces nouveaux arrivants qui se fichent des horaires, refusent de donner au travail plus de temps qu'il n'en est demandé, offrent en contrepartie de leur salaire une disponibilité minimum sinon proche de zéro et traitent leurs employeurs comme ces parents qui les ont trop gâtés, existent désormais à des centaines de millions d'exemplaires. S'ils ne sont jamais sanctionnés, c'est parce que les entreprises qui les accueillent ont besoin d'eux pour fonctionner, dans un siècle où ceux qui sont nés seulement dix ans plus tôt ne maîtrisent déjà plus les codes. On a besoin d'eux pour vendre, pour accéder aux nouveaux marchés, réaliser des montages informatiques et des interfaces intuitives avec un langage et une esthétique accessibles aux mutants, leurs semblables. Ils exaspèrent, ils attendrissent, ils affolent. Ils sont Demain qui baille devant un écran et vous regarde avec condescendance.

Les seniors des grandes entreprises aujourd'hui ont deux bêtes noires : les « Y » et les « Millennials ». Deux appellations qui ne désignent ni des virus informatiques ni des héros de jeux vidéo, mais presque. Les « Y » et les « Millennials » sont les générations d'employés et de stagiaires récemment débarqués sur le marché du travail. Les « Y », prononcer « why », sont nés dans les années 80. Les Millennials sont arrivés à peine plus tard mais marchent dans les pas de leurs jeunes aînés.
Pourquoi « Y » ou « why » ? Pourquoi « pourquoi » ? Parce que cette génération, précisément, est réputée pour son questionnement systématique de l'autorité. Au-dessus d'eux dans l'organigramme se trouvent des adultes qui ont grandi avec leur entreprise et consenti de nombreux sacrifices par...
commentaires (1)

Les originaux ont une assez belle vie quand ils réussissent à faire respecter leur originalité. Ainsi est ce monde ou tout bouge vite ou mal et avouons le ,le clavier a sans doute fait des ravages .

Sabbagha Antoine

14 h 09, le 12 juin 2014

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Commentaires (1)

  • Les originaux ont une assez belle vie quand ils réussissent à faire respecter leur originalité. Ainsi est ce monde ou tout bouge vite ou mal et avouons le ,le clavier a sans doute fait des ravages .

    Sabbagha Antoine

    14 h 09, le 12 juin 2014

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