Toute vêtue de blanc, Angelina Jolie, l’actrice et ambassadrice de bonne volonté du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés, en compagnie de William Hague, ministre des Affaires étrangères britannique. Andrew Winning/Reuters
Angelina Jolie et le ministre des Affaires étrangères britannique ont ouvert hier à Londres un sommet « sans précédent » sur les violences sexuelles pendant les conflits et l'utilisation du viol comme « arme de guerre ».
La star d'Hollywood, ambassadrice de bonne volonté du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés, et William Hague vont présider jusqu'à vendredi le plus grand événement jamais consacré au sujet. Il réunit des délégations de plus de cent pays, représentants gouvernementaux, ONG, religieux, experts militaires et juridiques, associations humanitaires et membres de la société civile. Seront ainsi présents à Londres 48 ministres des Affaires étrangères, mais aussi ceux qui étaient et continuent à être en première ligne : des victimes, des témoins et des acteurs sur le terrain. Cette initiative a notamment été saluée par le pape François.
Outre les échanges officiels, le sommet propose tout un programme ouvert au public avec des ateliers, des conférences, des expositions et du cinéma muet pour sensibiliser à un mal souvent dissimulé sous l'horreur de la guerre. L'objectif est d'« éveiller les consciences », de « combattre l'impunité » et de « créer un élan irréversible » qui puisse déboucher sur « des actions concrètes sur le terrain ».
Les chiffres sont accablants. Selon les Nations unies, 36 femmes et filles sont violées chaque jour en RDC où on estime à plus de 200 000 le nombre de femmes ayant souffert de violences sexuelles depuis 1998. Entre 250 000 et 500 000 femmes ont été violées au cours du génocide du Rwanda de 1994. Plus de 60 000 lors du conflit en Sierra Leone. Et au moins 20 000 pendant le conflit en Bosnie au début des années 1990.
Pour elle
Angelina Jolie et William Hague recevront vendredi le renfort du secrétaire d'État américain John Kerry qui en a fait un « combat personnel ». Les deux ministres avaient écrit ensemble en février une tribune dans laquelle ils affirmaient : « Nous avons vu l'horreur. La question maintenant est de savoir si on peut fédérer les actions et les énergies pour l'empêcher. » Selon le secrétaire d'État américain, « convaincre chaque gouvernement de refuser de servir de refuge à ceux qui ont commis ces actes infâmes devrait être un des héritages principaux du sommet de Londres ».
En annonçant la tenue du sommet en février à Washington, le ministre britannique avait raconté comment il avait été inspiré par Angelina Jolie et son film datant de 2011, Au pays du sang et du miel, sur la guerre en Bosnie. Angelina Jolie et William Hague s'étaient ensuite rendus sur place, en Bosnie, en mars. Ils y avaient rencontré des femmes victimes de viols pendant la guerre intercommunautaire.
« Sur le chemin pour venir ici, nous avons parlé des femmes que nous avons rencontrées lors de notre dernier voyage, a raconté l'actrice hier. En particulier de cette femme qui n'a pas encore réussi à dire à son enfant qu'elle avait été violée, tellement elle se sent humiliée. On s'est demandé ce qu'elle pouvait penser d'une journée comme celle-ci. Cette journée, elle est pour elle. »
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