La classe de marketing qui a organisé l’événement pour la promotion d’un Liban uni et pacifique.
Une ambiance festive règne ce soir-là au campus de la RHU à Damour. Costumes traditionnels libanais, cuisine libanaise, musique folklorique, dabké. L'événement est planifié par les étudiants en dernière année de marketing dans le cadre d'un cours intitulé « Event Marketing » dispensé par le Dr Abeer Rawes, qui explique : « On s'est aperçu que, chez les jeunes, l'atmosphère est à l'ennui et à la démotivation; après l'obtention de leurs diplômes, ils ne pensent qu'à voyager. Il fallait donc ranimer l'espoir et dire à tous les jeunes qu'ils ont le droit de rester au Liban. » Hanane Kadri, étudiante en dernière année de marketing, précise : « Nous avons voulu, d'une part, encourager les jeunes à ne plus se plaindre et à penser positivement, et, d'autre part, leur rappeler les opportunités offertes sur le marché libanais. »
Pour l'organisation et les préparations de cette soirée, les étudiants se sont réparti les tâches. Hussein Taha confie : « De la collecte de fonds à la recherche des sponsors, en passant par l'élaboration du programme de la soirée et l'envoi des invitations, le travail, considéré pour nous comme une sorte de stage, nous a permis de montrer nos capacités en tant qu'étudiants en marketing et de promouvoir notre université dans la société libanaise et surtout parmi les jeunes. »
Un pays uni, sans sectarisme
Outre les nombreux étudiants en provenance de différentes facultés et écoles, assistaient à la soirée nombre de figures publiques et académiques. Tous les discours portaient sur la nécessité de s'unir et de se rassembler autour des valeurs nationales.
Des étudiants en costumes traditionnels tenaient des stands de produits locaux, vendus au profit d'œuvres caritatives. Tarek Ibrahim, étudiant en 1e année de gestion, dirigeait l'un de ces kiosques. Il témoigne : « Nous voulons un pays fort économiquement, alors il fallait encourager l'industrie locale. » Son collègue Nazir el-Zein : « Nous aspirons à un Liban uni, sans sectarisme ni politique, où l'on peut vivre en paix, fêter tranquillement sans crainte d'une explosion... »
Ces jeunes fiers du travail qu'ils ont accompli affirment que la seule difficulté à laquelle ils ont eu à faire face dans l'organisation de cet événement était de trouver des sponsors alors que la situation économique est plutôt critique.
Chanter, danser, manger et penser libanais
Le jeune chanteur Michel Azzi animait la soirée au cours de laquelle la troupe Afrah a ébloui le public en interprétant diverses scènes de dabké dont l'une incluait un spectacle de feu. Un show de stand-up comedy, élaboré par deux étudiants, traitait d'une manière satirique les inquiétudes des jeunes tels les risques d'explosion, le manque d'emploi et la peur de l'autre, « que l'on croit différent ». Et lorsque le compositeur et chanteur Ahmad Kaabour a entonné ses hymnes et chansons patriotiques qu'il compose depuis trente-sept ans, il a enflammé la scène.
Les étudiants ont fait preuve de grands talents artistiques dans la réalisation d'un documentaire diffusé durant la soirée, dans lequel ils comparaissent l'actualité de Beyrouth d'hier et celle d'aujourd'hui. Ils y interrogent des gens de deux générations différentes à propos d'anciens sites, théâtres et quartiers de la capitale. On y voit que les personnes âgées ont la nostalgie de ces lieux, alors que les jeunes ne les connaissent même pas. « Pour préserver notre héritage, il est nécessaire d'initier la jeunesse à ces sites en organisant des événements s'y rapportant », suggère Hussein Taha.
À la fin de la soirée, des certificats ont été décernés au journaliste Mounir Hafi, au poète, compositeur et chanteur Ahmad Kaabour, au Dr Hicham Kobrossly, vice-président de la RHU, au responsable du département de marketing, le Dr Khalil Ghazzaoui, ainsi qu'à Chérif Haddad et Alaa el-Yaman, les deux étudiants organisateurs de la soirée, pour les remercier de leurs efforts.
« Arrêtez de vous plaindre »
Lana Mansour, étudiante en finance, qui dit avoir apprécié l'événement, appelle les jeunes à initier le changement. Son collègue Mohammad Fahes se joint à elle et propose aux jeunes de s'investir dans la musique, l'art et toutes les activités qui les éloignent des débats politiques, tout en étant bénéfiques. Pour favoriser cela, le chanteur Michel Azzi avance une proposition : « Les jeunes ne doivent pas se contenter d'un seul domaine d'étude ou de travail, il faut qu'ils soient pluridisciplinaires. » L'acteur Mazen Mouaddam pour sa part assure : « Les jeunes doivent songer au Liban qu'ils aimeraient laisser en héritage à leurs enfants. Pour que ce pays progresse, ils doivent s'armer de tolérance et accepter leurs concitoyens. » Ahmad Kaabour, musicien chevronné, rappelle : « Dieu a créé une nature très diversifiée. Alors, notre diversité en tant qu'êtres humains est un atout pour nous, il faut en bénéficier tout en préservant les particularités de chacun. » Et de poursuivre : « Comme il serait beau de voir sur les médias nos accomplissements au lieu de nos disputes, et de promouvoir les théâtres et les universités au lieu de provoquer des batailles. » Kaabour conclut en s'adressant aux jeunes : « Ne permettez à personne de voler vos rêves. Puisque subtiliser les rêves de la jeunesse, c'est dérober le pays. »
Arzé NAKHLÉ


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