Des réfugiés syriens brandissant des drapeaux de la révolution syrienne le jour de la chute du régime de Bachar el-Assad le 8 décembre 2024, à Bar Elias, dans l'est du Liban. Matthieu Karam/L'OLJ
La justice libanaise a décidé mardi d'extrader un ancien général syrien arrêté début août, en exécution d'un mandat de Damas qui l'accuse de « meurtres et crimes contre l'humanité », a indiqué un responsable judiciaire à l'AFP.
Selon ce responsable, qui a requis l'anonymat, le procureur général du Liban « a décidé d'extrader l'ancien général syrien Adel Issa, actuellement détenu au Liban », vers la Syrie, « afin qu'il soit jugé pour les crimes dont il est accusé d'avoir été l'auteur sur le territoire syrien » sous le pouvoir de l'ancien président Bachar el-Assad, renversé fin 2024. La décision d'extradition, prise dans le cadre d'un accord judiciaire datant de 1951 entre Beyrouth et Damas, repose sur « les exigences légales, les documents et le dossier transmis au Liban par les autorités syriennes », a-t-il ajouté. Le dossier « contient des preuves indiquant qu'Issa a commis des crimes sur le territoire syrien », a-t-il souligné.
L'ex-général sera remis à la Sûreté générale libanaise avant d'être conduit à la frontière avec la Syrie, où il sera livré à un comité de sécurité syrien.
Adel Issa, 67 ans, ancien officier de la 17e brigade de l'armée syrienne, s'était rendu le 7 août à l'ambassade de Syrie à Beyrouth pour y effectuer des démarches administratives, avait alors indiqué un autre responsable judiciaire à l'AFP. Après avoir pris connaissance du mandat de Damas, le personnel de l'ambassade avait demandé aux autorités libanaises de l'arrêter.
Depuis la chute de Bachar el-Assad, les autorités syriennes ont arrêté des dizaines de personnes accusées de crimes durant les 13 années de guerre civile dans le pays, et des procès ont commencé en avril.
À l'occasion des premières décisions, le 11 août, la justice a condamné à mort par contumace Bachar al-Assad - qui a fui en Russie - pour « crimes de guerre » et « crimes contre l'humanité ». Sept anciens responsables militaires et des forces de sécurité - dont un seul comparaissait - ont été condamnés à la même peine.
Le Liban et la Syrie ont exprimé leur détermination à ouvrir un nouveau chapitre dans leurs relations depuis la chute du clan Assad et l'affaiblissement de son allié, le Hezbollah. Sous la férule des Assad, la Syrie a exercé pendant des décennies une tutelle sur son voisin et a été accusée d'y avoir commis de nombreux assassinats. Depuis 2024, des responsables des deux pays se sont rencontrés à plusieurs reprises et sont convenus de coopérer sur un certain nombre de dossiers, notamment en matière de sécurité.


