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Campus - Parcours

En classe préparatoire de l’ESIB, 100 % d’admissibles à l’École polytechnique

Dans un Liban marqué par de nombreuses perturbations et une situation instable, les étudiants de la section concours de l’École supérieure d’ingénieurs de Beyrouth ont poursuivi leur préparation sans relâche, jusqu’à atteindre leur objectif.

En classe préparatoire de l’ESIB, 100 % d’admissibles à l’École polytechnique

Les étudiants admis à l’École polytechnique, en présence de Wassim Raphael, doyen de la faculté d’ingénierie et d’architecture ; Hadi Farah et Lionel Khalil, anciens Libanais de l’École polytechnique ; Melhem Helou, directeur du département des classes préparatoires ; Joseph Kesserwani, directeur adjoint du département des classes préparatoires ; et Nancy Chalhoub, enseignante de mathématiques et coordinatrice de la section concours. Photo USJ

Cette année, la section concours de l’ESIB a enregistré un taux de réussite exceptionnel : 100 % de ses étudiants ont passé les épreuves écrites de la prestigieuse École polytechnique, surnommée l’X. « Un premier record », selon Wassim Raphael, doyen de la faculté d’ingénierie et d’architecture de l’Université Saint-Joseph et directeur de l’ESIB. Après l’épreuve orale, 8 parmi les 11 étudiants de cette classe préparatoire ont été admis dans cette prestigieuse école d’ingénieurs, première dans tous les palmarès français. Un autre étudiant a été admis à l’Ensta (École nationale supérieure de techniques avancées), qui figure parmi les premières écoles d’ingénierie dans les classements en France. Selon le doyen, les étudiants de l’ESIB se distinguent par leur « facilité d’intégration et d’adaptation, bien qu’ils passent dans un milieu très différent de l’ESIB, l’X étant une école militaire très exigeante ».

Lorsque Angelina Daccache, 19 ans, a appris la nouvelle de son admission, début juin, elle a été submergée par l’émotion. « J’ai pleuré de joie, j’ai aussi réalisé que tout mon travail n’avait pas été vain et que j’allais enfin réaliser mon rêve, intégrer l’X, une école d’élite qui offre une solide formation scientifique pluridisciplinaire, particulièrement en mathématiques, en physique et en informatique », affirme cette étudiante qui souhaite se spécialiser en sciences et technologies quantiques à l’École polytechnique.

Éprouvant « une joie énorme » à l’annonce des résultats des admissions à l’X, Dany Sobhieh, inscrit en génie électrique dans la section concours de l’ESIB, avoue qu’on « ne peut jamais s’attendre à être admis à Polytechnique. Quel que soit le travail fourni, cela reste toujours une surprise ! » Cet étudiant de 20 ans se décrit comme une personne « qui vise l’excellence et qui aime clairement apprendre, découvrir de nouvelles choses et surtout obtenir une éducation de qualité. Il faut quelqu’un pour nous pousser au niveau supérieur. Et pour moi, c’est ce qu’offrent la classe préparatoire de l’ESIB et l’École polytechnique ».

La discipline et la passion au cœur de la réussite

S’étalant sur deux ans, la classe préparatoire aux concours des grandes écoles comme l’X et l’Ensta regroupe les meilleurs candidats admis à

l’ESIB. Toutefois, pour réussir à intégrer ces écoles d’ingénieurs françaises sélectives, les étudiants s’y préparent de façon intensive, de jour comme de nuit.

Dany Sobhieh raconte s’être investi « dans un travail acharné » tout au long des deux années préparatoires, et plus particulièrement durant la retraite où il lui arrivait d’étudier jusqu’à 14 heures par jour. « Il faut être rigoureux, non seulement scientifiquement, mais aussi dans sa manière de travailler. S’imposer un plan d’étude et le suivre, chaque jour, se forcer à travailler même les notions qu’on n’aime pas » ou qu’on trouve « difficiles », confie-t-il. « La rigueur en classe préparatoire est synonyme de succès », assure cet étudiant.

En plus de bien gérer son temps et de s’organiser, Angelina Daccache évoque, pour sa part, son plaisir d’apprendre. « C’est par passion que j’ai pu réussir. Parfois, on travaille indépendamment du résultat, sans toujours avoir en tête l’idée de réussir », note-t-elle, sans cacher que, pendant les périodes de doute ou de découragement, elle gardait à l’esprit ce qui la faisait persévérer pour fournir davantage d’efforts. « Même si ma passion faiblissait à des moments, je me rappelais que si je réussissais à intégrer l’X, je pourrais encore plus explorer ce que j’aime. Et ça aussi, ça m’a donné cette motivation. »

En parallèle, cette étudiante affirme que l’une des conditions pour réussir « est de ne pas se comparer aux autres, de se découvrir, de suivre son propre chemin et de trouver sa propre méthode de travail ». De même, elle insiste sur l’humilité dans un parcours aussi exigeant, et explique que parfois la confiance peut laisser place à une surestimation de ses capacités, avant de réaliser l’ampleur du défi. « Il faut reconnaître que certaines choses sont difficiles, qu’on ne sait pas tout et qu’on doit encore progresser », avoue-t-elle.

Dany Sobhieh loue, en outre, « l’entraide » entre les étudiants, « la solidarité » et « l’esprit de famille » qui les ont poussés à avancer en classe concours, « même dans les moments les plus difficiles comme pendant la guerre ». « C’est vraiment un pouvoir que nous avons ! » se réjouit-il.

Un programme de haut niveau et des professeurs engagés

Par ailleurs, la réussite des étudiants de la section concours tient aussi à « un renforcement de la préparation », selon Wassim Raphael. Le directeur de l’ESIB explique ainsi que des étudiants libanais de l’X sont revenus accompagner les candidats, aux côtés des enseignants de l’établissement, travaillant sur des sessions d’examen et simulant les entretiens oraux. Ils ont assuré des séances intensives, y compris en soirée et les samedis. Trois enseignants français ont également contribué à la préparation des épreuves orales à distance. « Les cours sont de très haut niveau, les enseignants travaillent sur eux-mêmes et s’investissent énormément », affirme-t-il.

Dany Sobhieh reconnaît en effet le rôle qu’ont joué les professeurs dans sa réussite, au niveau de leur soutien académique, mais aussi mental. Animés par « leur passion », « ces professeurs veulent qu’on réussisse, qu’on donne le meilleur de nous-mêmes et qu’on représente non seulement l’université, mais aussi nous-mêmes au plus haut niveau », assure-t-il.

Confirmant les propos de son camarade de classe, Angelina Daccache partage un moment difficile de son parcours où, en pleurs, elle est partie trouver conseil auprès de l’un de ses professeurs. « On pense souvent qu’on doit se débrouiller seul, mais ce n’est pas une faiblesse de demander de l’aide », estime-t-elle, rappelant que les enseignants sont souvent les mieux placés pour soutenir les étudiants confrontés à la pression des concours.

Une volonté de fer à toute épreuve

Les étudiants estiment d’ailleurs être parvenus à gérer le stress des études chacun à sa façon. « On n’aboutit jamais à ses objectifs sans souffrir durant le processus. Rien n’est gratuit. Il faut travailler pour y arriver. Et quand j’étais stressé en classe concours, je me suis rappelé mon objectif final, d’être admis à l’X. Et me rappeler ce que j’ai déjà accompli pour arriver là où j’en suis m’a donné de la confiance », affirme Dany Sobhieh, avant de souligner l’importance d’être persévérant, même durant les moments les plus éprouvants. « Se trouver en classe concours pendant la guerre, c’était difficile à surmonter, confie-t-il. Il faut garder en tête ce qui nous motive chaque jour. Et tant que cette motivation est là, rien ne peut la briser, que ce soit la guerre ou autre », poursuit l’étudiant en génie électrique.

Angelina Daccache raconte ainsi le stress ressenti durant la préparation aux épreuves écrites, lorsque les avions passaient au-dessus de sa tête. « Je me disais que je n’y pouvais rien, qu’il fallait continuer. Je n’allais pas m’asseoir en attendant que la crise s’arrête, car on ne sait pas quand elle va s’arrêter », se rappelle-t-elle, consciente que tous ses camarades éprouvaient les mêmes angoisses.

Malgré les circonstances difficiles du pays, les étudiants ont suivi la plupart de leurs cours en présentiel, alors que l’université était fermée, le campus étant situé loin de la zone à risque. « On pouvait entendre le son des bombardements. Ils ont continué à travailler, même si ce n’était pas facile », note Wassim Raphael. « Je pense que derrière cela, il y a la volonté, la motivation, le désir de réussir et la résilience qui leur permettent de rebondir. C’est un moyen de résistance. Les étudiants libanais sont maintenant immunisés face à cela », affirme le directeur de l’ESIB. Convaincu que l’École supérieure d’ingénieurs de Beyrouth « continuera à avancer », il espère « avoir d’aussi bons résultats dans les années à venir », d’autant plus que l’ESIB prépare désormais ses étudiants à un 2e concours prestigieux et sélectif, le concours commun Mines-Ponts (CCMP), qui leur ouvrira les portes de 10 écoles d’ingénieurs françaises d’excellence.

Cette année, la section concours de l’ESIB a enregistré un taux de réussite exceptionnel : 100 % de ses étudiants ont passé les épreuves écrites de la prestigieuse École polytechnique, surnommée l’X. « Un premier record », selon Wassim Raphael, doyen de la faculté d’ingénierie et d’architecture de l’Université Saint-Joseph et directeur de l’ESIB. Après l’épreuve orale, 8 parmi les 11 étudiants de cette classe préparatoire ont été admis dans cette prestigieuse école d’ingénieurs, première dans tous les palmarès français. Un autre étudiant a été admis à l’Ensta (École nationale supérieure de techniques avancées), qui figure parmi les premières écoles d’ingénierie dans les classements en France. Selon le doyen, les étudiants de l’ESIB se distinguent par leur...
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