Randa Ibrahim, étudiante à l’École des sciences infirmières de l’USJ, figure parmi les 25 lauréats du prix de reconnaissance décerné le 16 juin dernier par le Beirut Lions Club aux meilleurs étudiants en sciences infirmières des universités libanaises. Elle a été récompensée pour son engagement, sa persévérance et son dévouement au service des autres. Photo DR
Le 16 juin dernier, le Beirut Lions Club décernait, comme il le fait depuis trente ans, son prix de reconnaissance aux meilleurs étudiants infirmiers des universités du Liban. Parmi les 25 lauréats de cette promotion : Randa Ibrahim, étudiante à l’École des sciences infirmières de l’USJ, récompensée pour son engagement, sa persévérance et son dévouement au service des autres. Son parcours avait pourtant débuté dans une voie totalement différente. Sa licence en gestion et management en ressources humaines en poche, c’est tout naturellement qu’elle occupe le poste de responsable des ressources humaines dans une grande société. Son rêve : devenir un jour directrice des ressources humaines. Arrive 2021, la pandémie du Covid, la crise économique qui sévit dans le pays, l’entreprise qui ferme ses portes. Son rêve s’évanouit. Pour subvenir à ses besoins, elle s’engage en tant qu’aide-soignante dans un hôpital, tombe sous le charme de ce nouveau domaine, qui n’avait rien à voir avec son parcours, vit la détresse des patients livrés à eux-mêmes dans leur solitude et leur désespoir loin de leur famille, et distribue gestes et réconforts, en même temps que les soins, avec une énorme satisfaction. « J’ai découvert l’importance du rôle d’une infirmière qui va au-delà des premiers soins médicaux donnés », raconte la jeune femme, en se remémorant cette première expérience. « C’est à elle que revient le rôle de soulager, de réconforter et d’apaiser la souffrance des malades et de leur famille, dans les épreuves difficiles qu’ils traversent. C’est cela qui m’a plu », confie-t-elle. Vient l’heure du choix : reprendre son travail initial ou continuer dans cette nouvelle voie avec ce contact humain qui lui avait tellement plu. Elle n’hésite pas trop longtemps, décide de se lancer dans cette nouvelle aventure, s’inscrit à l’USJ à la faculté des sciences infirmières (FSI) et reprend le chemin de l’université à l’âge où les jeunes de son âge rentrent dans le monde du travail. Sa vie prend un nouveau tournant.
Être infirmier est une vocation, plus qu’un métier
Trois ans durant, le rythme qu’elle impose à sa vie tient de la performance. « C’était une période très dure. Je dormais très peu et j’ai dû sacrifier beaucoup de mon temps avec ma famille, mon fiancé et mes loisirs. Mais lorsque l’on est passionné par ce que l’on fait, la fatigue et le sacrifice n’ont plus de poids », avoue-t-elle. Elle enchaîne alors inlassablement les heures de labeur, jongle entre ses études, le matin, son travail à l’hôpital la nuit au département des soins intensifs où elle venait d’être fraîchement affectée. À l’université, elle participe à toutes les activités d’éveil lancées auprès de la société et de la jeunesse, multiplie les stages dans les hôpitaux, se démarque par son esprit positif tant auprès de ses camarades d’université que dans son travail. Randa admet que « ces années de stages et de travail dans les hôpitaux lui ont permis de prendre conscience du rôle essentiel de l’infirmière qui est aussi important que les soins prodigués ». « Dans notre métier, il y a une conscience professionnelle que le corps médical doit avoir dans les décisions médicales à prendre qui peuvent sauver des vies, certes, mais il y a également des gestes, de la compréhension et de la diplomatie face à des situations parfois difficiles qu’il faut savoir gérer avec les patients et leurs familles, et qui sont eux, aussi essentiels. C’est cela qui me plaisait énormément dans mon travail et me poussait à répondre toujours présent aux projets d’éducation à la santé. » Sa passion et sa détermination portent leurs fruits. « Randa Ibrahim a été choisie à l’unanimité par le conseil de la FSI, présidé par la doyenne, parmi tous les étudiants de sa promotion, en reconnaissance de son parcours inspirant, marqué par une remarquable réorientation professionnelle de la gestion des ressources humaines vers les sciences infirmières », affirme la professeure Rima Sassine Kazan. La doyenne de la FSI de l’USJ de 2013 à 2026 poursuit : « Cette distinction du Beirut Lions Club souligne le courage de Randa qui a su, grâce à son esprit de leadership et son dynamisme, très bien s’adapter au groupe malgré la différence d’âge. Elle s’est démarquée par sa persévérance et son engagement à mettre ses compétences et son expérience au service du soin et de l’accompagnement des personnes, et c’est cela qui nous a poussés à la choisir. De plus, lire tous les commentaires et les appréciations que l’on recevait, non seulement des malades ou de leur famille, mais également de l’équipe de soins et des professionnels de la santé dans tous les hôpitaux où Randa entreprenait tous ses stages, était un réel plaisir pour nous. » Reprenant avec l’émotion ressentie face à ce prix obtenu, l’étudiante confie « qu’elle voulait absolument réaliser et réussir son nouveau rêve pour ne pas avoir à le regretter un jour ». « C’était Dieu qui m’avait ouvert cette nouvelle porte. Aujourd’hui, je suis très contente d’avoir pris ce chemin, et je ne le regrette absolument pas. »


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