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Culture - Printemps De Beyrouth

Danse gravitationnelle...au-dessus de la place Ajami

C'est par un renversant spectacle de danse... au-dessus du sol, présenté par la compagnie française Retouramont, qu'a été donné le coup d'envoi de la VI édition du Festival du printemps de Beyrouth. En présence de l'ambassadeur de France, Patrice Paoli.

Sur la façade, une danse d’équilibristes grimpeurs. Photo Marwan Assaf

Danser sur une façade verticale en évoluant dans les airs avec des mouvements conjugués de grimpeurs, d'équilibristes, de spationautes en apesanteur, de corps en lévitation, de balancier ou encore de marins en manœuvre sur des haubans... Et entraîner le spectateur dans «une rêverie visuelle, chorégraphique et sonore ». La compagnie française Retouramont, menée par son directeur artistique et chorégraphe Fabrice Guillot, a offert au public libanais, au premier soir du Festival du printemps de Beyrouth (organisé par la Fondation Samir Kassir avec la collaboration de l'Institut français et du British Council) une expérience de danse d'une belle singularité.


Greffée sur la façade de l'un des bâtiments des Souks donnant sur la place Ajami, une grande planche carrée sert de base sur laquelle ont été fixés quatre longs pylônes métalliques se déployant, sur deux niveaux, à l'horizontal à environ 3 mètres au-dessus du sol.
Il s'agit en fait d'une œuvre sculpturale du plasticien Vincent Brédif qui sera démultipliée et habitée par les projections vidéo, les sons et les faisceaux de lumière se succédant tout au long des 35 minutes de spectacle. Et sur laquelle trois danseuses lestées de cordages vont grimper comme de jeunes marins escaladant les mats d'un navire ancien. Ou d'un vaisseau intergalactique...

 

(Lire aussi: Ondes gravitationnelles, jongleries, théâtre et rap au Festival du printemps de Beyrouth)


«Nous, pour construire, on s'est raconté des choses qui sont, à mon avis, invisibles pour le public, signale le chorégraphe. C'est-à-dire que nous sommes partis du thème des ondes gravitationnelles qui sont des objets de la recherche en science physique et nous avons imaginé que notre sculpture était en quelque sorte l'outil scientifique qui nous permet de faire, dans l'espace public, des expériences sur la notion de gravité. »
En short et top gris (passe-muraille?!), et au gré d'une bande-son alternant sonorités électroacoustiques, percussions et bruitages divers, les danseuses exploratrices des Ondes gravitationnelles (titre du spectacle) se déplaceront ainsi d'un tube cylindrique à l'autre dans une chorégraphie de mouvements verticaux, aériens, souplement bondissants et en apesanteur.


Déployant leurs silhouettes dans les airs, elles vont mouvoir leurs corps dans l'espace. Dessinant, au gré des nappes musicales mixées de faisceaux lumineux et d'images projetées sur la façade, d'ondoyantes et tourbillonnantes figures d'une fluide et hypnotique souplesse. Et appliquant dans «cette performance de danse urbaine réalisée au cœur d'une installation multimédia» les contorsions et gestes ascendants de l'alpinisme, discipline première de Fabrice Guillot. Grimpeur de haut niveau passé des espaces rocheux à l'espace scénique, ce dernier aime partager dans ses créations les sensations fortes du déplacement au bord du vide. Passionné par «l'invention du mouvement et la relation à la matière», il a transposé en mode danse sur architecture urbaine «les mouvements nés de l'adaptation aux pics rocheux. Et, dans les deux cas, on peut parler, dit-il, d'un art gestuel placé dans une quête de verticalité».
Une exploration de l'infinie diversité des mouvements dans l'espace sous-tend donc cette œuvre abstraite, d'une émotion brute, qui entraîne le spectateur dans les vertiges conjugués de la danse, de la rêverie et des hauteurs...

 

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Danser sur une façade verticale en évoluant dans les airs avec des mouvements conjugués de grimpeurs, d'équilibristes, de spationautes en apesanteur, de corps en lévitation, de balancier ou encore de marins en manœuvre sur des haubans... Et entraîner le spectateur dans «une rêverie visuelle, chorégraphique et sonore ». La compagnie française Retouramont, menée par son directeur artistique et chorégraphe Fabrice Guillot, a offert au public libanais, au premier soir du Festival du printemps de Beyrouth (organisé par la Fondation Samir Kassir avec la collaboration de l'Institut français et du British Council) une expérience de danse d'une belle singularité.
Greffée sur la façade de l'un des bâtiments des Souks donnant sur la place Ajami, une grande planche carrée sert de base sur laquelle ont été fixés quatre...
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