X

À La Une

A Beyrouth, Kerry appelle à "l'élection d'un président fort le plus tôt possible"

diplomatie

Le chef de la diplomatie US annonce une aide de 51 millions de dollars pour les réfugiés syriens au Liban.

OLJ/AFP
04/06/2014

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, est arrivé mercredi à Beyrouth en provenance de Varsovie, pour une visite non-annoncée de quelques heures, entamée par une rencontre avec le Premier ministre Tammam Salam, au Grand Sérail.

A l'issue de cette rencontre, le chef de la diplomatie US a indiqué qu'il était ravi de revoir la capitale libanaise. M. Kerry s'est rendu maintes fois au Liban quand il était sénateur. "Plus qu'un beau pays, le Liban est important pour la sécurité de la région et il est important de le soutenir en cette période difficile", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

Le chef de la diplomatie américaine a déploré la vacance à la magistrature suprême et appelé à "élire un président fort le plus tôt possible". "Le Liban mérite un gouvernement actif loin des ingérence extérieures ainsi qu'un président du Parlement à l'écoute des besoins du peuple libanais", a-t-il ajouté. En réponse à une question, le responsable américain a précisé que son pays ne porte aucune proposition pour résoudre la crise de la vacance et aucun candidat, l'affaire étant "celle des Libanais".

 

(Lire aussi: Le cabinet définit les bases de son action dans un cadre « consensuel et constitutionnel »)

 

Depuis le 25 mai, le pays est dans une situation de vacance de la présidence, les députés ayant échoué, malgré cinq convocations, à élire un successeur à Michel Sleiman. Selon les termes de la Constitution, le Conseil des ministres réuni assure les fonctions du président à titre "intérimaire". Le Liban a déjà connu un scénario de vacance de la présidence en 1988, en pleine guerre civile, et en 2007.

 


Le convoi de John Kerry, mercredi, dans la capitale libanaise. 
REUTERS/Hasan Shaaban

 

Aide US de 51 millions de dollars
Sur un autre plan, M. Kerry a relevé que "le Liban est le pays le plus touché par la crise syrienne, notamment avec le flux des réfugiés syriens sur son territoire". Il a annoncé au nom du président Barack Obama une aide de 290 millions de dollars supplémentaires à destination de l'ONU" pour les réfugiés syriens et les pays hôtes touchés par cette crise, dont "51 millions de dollars seront pour le Liban".

John Kerry a en outre assuré que les Etats-Unis soutiendront toujours le pays du Cèdre, notamment ses forces armées. "La sécurité du Liban est cruciale pour celle de la région et les Etats-Unis resteront toujours à ses côtés", a-t-il indiqué.

Le conflit en Syrie a coûté au Liban plus de 7,5 milliards de dollars entre le début de la crise en mars 2011 et l'été 2013, a indiqué, en début de semaine, le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim.
Au Liban, qui accueille plus d'un million de réfugiés syriens ayant fui le conflit qui ravage leur pays depuis trois ans, près du quart de la population est désormais constitué de Syriens, soit un million de personnes.
Le Liban "accueille le plus grand nombre de réfugiés par habitant au monde", a souligné le responsable du département d'Etat.

"J'appelle la Russie, l'Iran et le Hezbollah à œuvrer pour mettre un terme à la guerre en Syrie", a en outre lancé M. Kerry.  Il a dans ce contexte assuré que son pays déploie tous les efforts pour aboutir à une issue politique au conflit syrien et arrêter ce "drame humain".

  

La présidentielle en Syrie est une "non élection"
Le responsable américain a d'ailleurs commenté l'élection présidentielle en Syrie que Bachar el-Assad est assuré de remporter. "Cette "élection est une non élection, c'est un zéro pointé, tant que la crise subsiste et les tueries continuent", a-t-il martelé, en réponse aux questions des journalistes.

 

Il a par ailleurs défendu la décision américaine de travailler avec le gouvernement palestinien, violemment critiquée par Israël, faisant valoir qu'aucun de ses membres ne faisait partie du Hamas, considéré comme un groupe terroriste par Washington.  M. Kerry a précisé que le fait de travailler avec ce gouvernement ne signifiait pas une reconnaissance d'un Etat palestinien. "Les Etats-Unis ne reconnaissent pas un gouvernement par rapport à la Palestine car cela équivaudrait à reconnaître un Etat et l'Etat n'existe pas. Il ne s'agit pas d'une question de reconnaissance de gouvernement", a poursuit le secrétaire d'Etat.

Le responsable a dans ce contexte assuré que les relations des Etats-Unis avec Israël sont "très bonnes" et "vont au-delà des questions de sécurité".

Lors de son passage de quelques heures au Liban, M. Kerry a également rencontré le président du Parlement Nabih Berry à Aïn el-Tiné ainsi que le patriarche maronite Béchara Raï à l'évêché maronite de Beyrouth.

La présidence du Parlement a publié un communiqué à l'issue de la rencontre entre MM. Kerry et Berry. Selon le texte, Washington n'oppose de veto sur aucun candidat à la présidentielle et insiste sur le rôle  des Libanais dans cette échéance. Le communiqué ajoute que M. Kerry, comme M. Berry, a prôné une solution politique en Syrie.

La présidence du Conseil a de son côté publié un communiqué en soirée assurant que M. Kerry a abordé lors de sa conférence de presse des sujets qui n'ont pas été au menu des discussions avec le Premier ministre Salam, notamment les relations israélo-américaines.

Des mesures de sécurité renforcées ont été prises dans la capitale libanaise pour cette première visite d'un secrétaire d'Etat américain en cinq ans au Liban. La dernière visite remontait à avril 2009, avec celle de Hillary Clinton.

 

Lire aussi
Dé-chiffrage, l'analyse d'Élie Fayad

Des législatives, pour briser le clivage 14/8 ?, l’éclairage de Philippe Abi-Akl

N. Machnouk : Si les Syriens atteignent les deux millions au Liban, je démissionne !

Réfugiés syriens : Salam met en garde contre un effondrement de l'économie libanaise

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LES PANURGES DES CHEPTELS CHRÉTIENS DEVRAIENT SE RÉUNIR DANS LEUR BERGERIE ET NOMMER LE PANURGE ISSIMO POUR LA PRÉSIDENCE... NÉCESSITÉ URGENTE EXIGE !

Ali Farhat

On a pas besoin de lui pour nous dire qui doivent élire les Libanais. On est pas des saoudiens ou des qatari... il s'est trempé d'adresse meme si c'est Monsieur Salam le p.M.,il doit pourtant le savoir. Il vient nous racconter qu'il a besoin de la collaboration du Hezb? celui qui est sur leur liste de terroristes? Que dire? sinon Pauv'type. Qu'il aille faire rapidment son cinéma ailleurs, autrement on ressort les oeufs et les tomates pourries!!

Hallak Andre

John Kerry a évoqué simultanément un règlement politique de la crise syrienne et la nécessité d’un avènement au Liban d’un président Fort (c’est-à-dire qui construit l’indépendance du pays par une rupture avec l’asservissement à la théocratie perse). Il est possible qu’il cherche à finaliser la négociation d’une stabilisation politique de la Syrie avec un maintien du contrôle de l’appareil sécuritaire (intérieur renseignement armée) par la communauté minoritaire alaouite, ceci, avec les concessions suivantes : le désarmement total et irréversible du Hezb, et l'election un président fort qui permettrait au pays de recouvrer sa souveraineté (Samir GeaGea). Aussi il a préféré évoquer ceci de vive voix car les lignes sont si peux sures au Liban même pour un premier ministre. Il est probable que l’alliance Russie Iran Syrie devra convaincre le Hezb de l’équité de ce compromis à une échelle régionale. Assad et L’Iran et même la Russie ne pourront soutenir un effort de guerre aussi intense sur de nombreuses années.

Georges Khoury

Tant qu'il ne vient pas pour écouter les sornettes du bidasse de Rabieh, ça va.

M.V.

Le nombre de drapeaux est inversement proportionnel à la valeur du discours de Kerry....

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

J'APPELE LA RUSSIE, L'IRAN ET LE HEZBOLLAH... QUEL MAGNIFIQUE STUPIDE DÉSISTEMENT !!!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

AU MENU AUSSI : HOMMOS... MICHWI... ET TABBOULÉ...

AIGLEPERçANT

Si le Liban doit elire son pdt sans interference etrangere , qu'est il venu faire alors . Imaginez un peu qu'on receive la visite de Zarif l'iranien , je ne vous dit pas combien on aurait entendu des poules caqueter !! soyons psychologues un peu .

Sabbagha Antoine

Soyons optimistes pour une fois pour les paroles encouragentes du chef de la diplomatie US qui a réitéré le soutien de son pays à la stabilité du Liban et à la déclaration de Baabda,qui sait les miracles existent .

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants