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Les Syriens se préparent à voter dans les zones tenues par le régime

Les Syriens se préparent à voter dans les zones tenues par le régime

Révolte

Des bombardements rebelles sur les zones gouvernementales ont fait plus de 230 victimes parmi les civils en deux mois.

OLJ/AFP
03/06/2014

Les électeurs des zones tenues par le régime en Syrie se préparaient à se rendre aux urnes aujourd'hui pour l'élection présidentielle que Bachar el-Assad est assuré de remporter.
Selon le ministère de l'Intérieur, 15 millions de Syriens sont appelés à voter. Le scrutin ne pourra toutefois pas avoir lieu dans les zones tenues par les rebelles ou théâtre de combats. « Les forces armées et de sécurité sont en état d'alerte maximum afin d'assurer la sécurité des syriens désirant voter », affirme le quotidien al-Watan, proche du régime. Les plus de 9 000 bureaux de vote installés à travers la Syrie « sont sécurisés », insiste le journal. À Damas en effet, le bruit court que les bureaux de vote, ouverts aujourd'hui de 07h00 (04h00 GMT) à 19h00 (16h00 GMT), seront la cible des rebelles dont les positions entourent la capitale.
« Les élections se dérouleront dans toutes les villes syriennes, à l'exception de Raqqa », entièrement tenue par les jihadistes ultraradicaux de Daech (État islamique d'Irak et du Levant – EIIL), a affirmé Majed Khadra, porte-parole de la Cour constitutionnelle. En mentionnant seulement les « villes », il laisse entendre qu'il n'y aura pas de bureau de vote dans les campagnes, ou dans les quartiers des villes tenus par les rebelles, comme à Alep ou à Deir ez-Zor. Le scrutin se déroulera donc dans 40 % du territoire, où vivent 60 % de la population, selon le géographe français spécialiste de la Syrie, Fabrice Balanche.

 

(Repère : La présidentielle syrienne en 6 points)

 

Deux inconnus
Le parti Baas au pouvoir depuis un demi-siècle, d'autres partis politiques syriens et des dirigeants religieux ont appelé à réélire M. Assad. Mais l'issue de cette élection, organisée selon une loi excluant de facto toute candidature de l'opposition, ne fait aucun doute, M. Assad affrontant deux candidats inconnus, servant de faire-valoir. Le ministre de l'Information Omrane al-Zohbi a néanmoins affirmé que la présidentielle était « une véritable occasion pour tous les Syriens d'exprimer (...) leur opinion personnelle en toute transparence ». Il s'agit théoriquement de la première présidentielle depuis plus de cinquante ans en Syrie, M. Assad et son père Hafez, qui a dirigé le pays d'une main de fer de 1970 à 2000, ayant été désignés par référendums.
Le scrutin va se tenir alors que le régime enregistre des avancées sur le terrain face à des insurgés et une opposition profondément divisés, et des alliés arabes et occidentaux impuissants, qui dénoncent une « farce » électorale. Interrogé, un employé dans la Fonction publique à Damas a par exemple déclaré être « contraint (d'aller voter) car il y a un bureau de vote dans l'établissement où je travaille ». « Je ne vais pas pouvoir y échapper. »

 

 

(Repère : Syrie : plus de trois ans de conflit)


Sur le terrain, au moins 50 personnes, dont neuf enfants, ont été tuées samedi et dimanche par des bombardements rebelles sur des zones tenues par le régime à Alep, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), alors que les raids aériens du régime contre les quartiers rebelles ont tué quelque 2 000 civils, dont 500 enfants, depuis le début de l'année. Au total, 230 civils ont été tués en deux mois par des bombardements rebelles contre les zones gouvernementales, selon l'OSDH, qui estime que « l'escalade rebelle contre les zones du régime est liée aux imminentes élections ». « Viser les civils est un crime de guerre et l'utilisation par le régime de barils d'explosifs largués sur les civils dans les régions rebelles ne justifie pas le fait de viser des civils dans les régions gouvernementales », affirme Rami Abdel Rahmane, directeur de l'ONG.
Par ailleurs, dix personnes ont péri hier dans un attentat à la voiture piégée à al-Haraki, localité qui serait à majorité alaouite, dans la province de Homs, a annoncé la télévision.

 

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