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Liban - Conseil Des Ministres

Treize nominations pour faire oublier la faillite politique...

Conversation animée entre le PM Tammam Salam et le ministre des Finances Ali Hassan Khalil, sous l’œil du président Sleiman.

Treize nominations ! Tel est le tour de force accompli cette semaine encore par le Conseil des ministres, sachant que certaines de ces nominations ont attendu cinq ans pour voir le jour. En pourvoyant au bon fonctionnement de l'administration le Conseil des ministres semble vouloir compenser la faillite politique d'une Assemblée nationale incapable de formuler une nouvelle loi électorale ou d'élire un nouveau président de la République. Le pourcentage de femmes figurant au nombre des fonctionnaires de la première catégorie nommés est, en outre, une très bonne surprise, et comme un cadeau d'adieu que fait le président Sleiman à son successeur.

Les treize nominations sont les suivantes : Aurore Feghali (maronite), directrice du Pétrole ; Alia Abbas (chiite), directrice de l'Économie ; Rony Lahoud (maronite), président de l'Institut général de l'habitat ; Georges Labaki (maronite), président du conseil d'administration de l'Institut national de l'administration ; Jamal Zaïm Mounjed (sunnite), directeur général de l'Institut national de l'administration ; Nicolas Habre (orthodoxe) , président de la Caisse centrale des déplacés ; Mayssam Noueyri (sunnite), directrice général de la Justice; Youssef Naouss (maronite), directeur général du Travail ; Dalal Barakat (sunnite), Inspecteur général à l'Inspection centrale ; Nizar Khalil (chiite), président du Conseil supérieur des douanes ; Chafic Merhi (maronite), confirmé au poste de directeur général des douanes; Gaby Farès (maronite) et Ahmad Halabi, membres du conseil d'administration des douanes.

(Pour mémoire : Un échangeur pour Jal el-Dib et cinq nouveaux mohafez)

Un seul accroc dans ce train, la nomination de Rony Lahoud, proche du CPL, en lieu et place de Khalil Youssef Khalil, proche de Bkerké, qui n'a pas obtenu les deux tiers des voix du Conseil des ministres. Ce rejet, provoqué par le ministre des Affaires sociales, Rachid Derbas, a soulevé les protestations du ministre du Travail, Sejean Azzi, qui a crié à l'injustice.

En gros, les nominations ont été saluées par plusieurs ministres, qui en ont escompté d'autres la semaine prochaine comme la présidence du conseil d'administration de l'hôpital Rafic Hariri à Beyrouth, la direction générale de la Coopérative des fonctionnaires, celle des routes et celle des marchés populaires (souks).
Par ailleurs, le chef de l'État a annoncé qu'il a contresigné tous les projets de lois qui lui ont été transmis à l'exception du projet de loi sur les loyers, dont il a affirmé qu'il contestera, devant le Conseil constitutionnel, certains alinéas, au nom du principe de l'égalité de tous les Libanais devant la loi.

(Lire aussi : Pourquoi le chef de l'État pourrait « manquer à son devoir constitutionnel », selon Hassan Rifaï...)

La conférence de dialogue
Le chef de l'État a également résumé pour les ministres les débats qui ont marqué, lundi, la conférence de dialogue, précisant « qu'en l'absence d'une composante essentielle », la stratégie de défense n'a pas été examinée.
Les deux échéances des élections législatives et présidentielle ont été abordées par le président Sleiman, qui a insisté sur la nécessité de les organiser dans les délais impartis par les textes. Le chef de l'État a également insisté sur la nécessité de parachever l'application de l'accord de Taëf et de préserver le principe de la parité et rappelant que le gouvernement a transmis au Parlement, parmi d'autres, une loi électorale basée sur la proportionnelle.

(Lire aussi : Le 8 Mars pourrait boycotter les réunions ministérielles après le 25 mai..., l'éclairage de Scarlett Haddad)

Le président Sleiman a affirmé aussi avoir chargé le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, de demander à l'Iran compte d'une déclaration humiliante pour le Liban attribuée à un haut responsable des gardiens de la révolution iraniens. Ce dernier s'était vanté du fait que les frontières de l'Iran s'étendent jusqu'à l'État israélien. Au demeurant, a noté le chef de l'État, cette déclaration n'est pas orpheline, et la question des fusées du Hezbollah, et d'une riposte éventuelle de la Résistance en cas d'agression contre la Syrie, avaient aussi annoncé la couleur.

Prenant la parole, M. Bassil a affirmé avoir confié au directeur des affaires politiques du ministère, Charbel Wehbé, la charge de demander des éclaircissements à ce sujet. Selon le ministre, M. Wehbé n'a pas demandé d'explications à l'ambassade d'Iran à Beyrouth, mais s'est contenté de demander à l'ambassade du Liban à Téhéran le texte exact de la déclaration. Selon le verbatim de la déclaration, a-t-il expliqué, le responsable iranien n'a pas cité le Liban, mais a parlé d'un Iran qui s'étend jusqu'aux « frontières de la Méditerranée », ce qui peut signifier la Syrie. Mais tandis que pour le ministre des AE, cette affaire devrait s'arrêter là, des ministres n'en ont pas moins pensé que c'est Téhéran, ou au moins l'ambassade d'Iran, qui devraient s'expliquer sur cette affaire, et non pas M. Bassil...

(Lire aussi : Vers une rencontre irano-saoudienne pour assurer la présidentielle libanaise..., l'éclairage de Philippe Abi-Akl)

Enfin, M. Sleiman a invité les ministres à rappeler à leurs camps respectifs qu'à l'approche de la saison d'été et de l'arrivée de touristes arabes et étrangers, les déclarations apaisantes étaient plus souhaitables que les attaques au vitriol.

La grille des salaires
Le Conseil des ministres a également abordé la question de la grille des salaires. Le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, a informé les ministres présents des conclusions auxquelles est parvenue la commission restreinte qui a examiné ce dossier. M. Derbas a même protesté, apprend-on, contre les ponctions que le plan de financement de la grille effectue à la Caisse d'entraide des juges, qui perdrait éventuellement 40 % de ses ressources. Mais les choses en sont restées là, puisque le plan de rechange parlementaire est rejeté net par les intéressés.

De son côté, le ministre de la Santé a exposé les mesures prises à l'aéroport Rafic Hariri pour isoler les voyageurs touchés par le cornarovirus, et a rassuré les ministres en affirmant que le seul cas de grippe de ce type signalé au Liban a été guéri. M. Abou Faour a également affirmé que, selon l'OMS, le Liban ne figure pas dans une zone rouge à cet égard.

Enfin, le Conseil des ministres a approuvé un plan de construction d'un échangeur à Jal el-Dib en forme de double « U » tangents, ouvrage qui pourrait prendre entre un an et un an et demi de temps à parachever.
À cette note d'optimisme, le ministre de la Justice, Achraf Rifi, a ajouté son grain en affirmant qu'il ne désespère pas de la présidentielle et qu'une « surprise de dernière minute n'est pas impossible ».


Lire aussi

Ensablements, l'éditorial de Issa Goraieb

Comme les cinq doigts d'une main, l'article de Ziyad Makhoul

Treize nominations ! Tel est le tour de force accompli cette semaine encore par le Conseil des ministres, sachant que certaines de ces nominations ont attendu cinq ans pour voir le jour. En pourvoyant au bon fonctionnement de l'administration le Conseil des ministres semble vouloir compenser la faillite politique d'une Assemblée nationale incapable de formuler une nouvelle loi électorale ou d'élire un nouveau président de la République. Le pourcentage de femmes figurant au nombre des fonctionnaires de la première catégorie nommés est, en outre, une très bonne surprise, et comme un cadeau d'adieu que fait le président Sleiman à son successeur.Les treize nominations sont les suivantes : Aurore Feghali (maronite), directrice du Pétrole ; Alia Abbas (chiite), directrice de l'Économie ; Rony Lahoud (maronite), président de...
commentaires (2)

Pourquoi le chef de l'État a contresigné tous les projets de lois qui lui ont été transmis à l'exception du projet de loi sur les loyers,et pourquoi il a attendu quarante jours pour contester devant le Conseil constitutionnel des questions illogiques pour une république illogique.

Sabbagha Antoine

09 h 45, le 10 mai 2014

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Commentaires (2)

  • Pourquoi le chef de l'État a contresigné tous les projets de lois qui lui ont été transmis à l'exception du projet de loi sur les loyers,et pourquoi il a attendu quarante jours pour contester devant le Conseil constitutionnel des questions illogiques pour une république illogique.

    Sabbagha Antoine

    09 h 45, le 10 mai 2014

  • "Le béssîîîl explique que cet iranien n'a pas cité le Liban, mais parlé d'un Iran qui s'étend jusqu'aux frontières de la Méditerranée, ce qui peut signifier la Syrie." ! Mais tandis que pour ce béssîîîl cette affaire devrait s'arrêter là, d'autres n'en ont pas moins pensé que "c'est Téhéran ou l'ambassade d'Iran qui devraient s'expliquer sur cette affaire, et non pas ce bésîîîl...". "Lavalisme", quand tu nous tiens !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    08 h 13, le 10 mai 2014

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