De gauche à droite : Bernard Bridi, vice-président de la communication au sein du groupe Makhzoumi, Fouad Makhzoumi et Moustapha Assad, vice-président du Meref.
Une conférence de presse s'est tenue, hier, à l'École supérieure des affaires (ESA) pour annoncer la tenue d'un séminaire ayant pour thème « Pétrole et gaz, le forum national de la richesse du Liban ». L'événement, organisé par le Forum pour le dialogue national de Fouad Makhzoumi, le Mouvement des entreprises et représentations économiques françaises au Liban (Meref) et l'ESA, se tiendra à l'ESA même sous le patronage du président de la République, Michel Sleiman, et regroupera une trentaine d'experts, notamment des juristes, des économistes et des consultants en matière d'énergie.
Prenant la parole au cours de la conférence de presse, M. Makhzoumi, qui a pris l'initiative d'organiser ce séminaire, a rappelé que « le taux de croissance au Liban variait entre 7 et 9 % durant les années 90 ». « Nous avions réussi, à cette époque, à passer outre les dissensions communautaires et à mettre divers projets en place. Les initiatives personnelles ont malheureusement toujours des limites. Aujourd'hui, le Liban compte 4,2 millions d'habitants. Près de 53 % d'entre eux ont moins de 30 ans et la moitié de ces jeunes, qu'ils détiennent des diplômes universitaires ou pas, est au chômage », a-t-il indiqué.
« Après la guerre civile, nous ne nous sommes pas préparés aux demandes du marché des pays arabes en matière de main-d'œuvre et de savoir-faire à exporter, le Liban ne pouvant pas créer des emplois à ses jeunes, a-t-il dit. Avant 1996, il fallait que le pays assure 16 000 emplois par an aux nouveaux venus sur le marché du travail, mais il ne pouvait créer à l'époque que 9 000 emplois. Aujourd'hui, avec la crise des réfugiés syriens, le problème est de loin plus grave », a-t-il poursuivi.
« Actuellement, 77 % des jeunes Libanais pensent émigrer pour s'assurer un meilleur avenir. Le Liban, a-t-il estimé, possède trois richesses : le capital humain, l'eau (bien que le pays n'utilise que le tiers de ses ressources hydrauliques) et ses prochaines richesses gazières et pétrolières. »
Et de poursuivre : « Il faut adopter la bonne législation pour que les Libanais puissent effectivement profiter de leurs richesses et préserver ce dossier, tant bien que mal, loin du clientélisme politique. Si nous voulons assurer un meilleur avenir à nos jeunes, il faut qu'ils sentent qu'ils ont leur place au Liban. »
« Ce séminaire a notamment pour but de penser la politique de développement qui devrait être adoptée en matière de gaz et de pétrole, surtout que selon certaines rumeurs le Trésor percevra uniquement 4 % des revenus pétroliers et gaziers, alors que dans des pays comme le Koweït et la Norvège ce taux atteint les 15 % », a-t-il souligné en conclusion.
De son côté, Moustapha Assad, vice-président du Meref, a présenté l'organisme qu'il représente, notant que « c'est un groupement d'identités économiques françaises et libanaises implantées au Liban et qui œuvrent pour un rapprochement économique et culturel entre les deux pays. Fondé en 2008, le Meref regroupe actuellement près de 120 entreprises issues de tous les secteurs ».
Soulignant l'importance du forum, le gaz et le pétrole constituant un facteur de poids pour l'avenir du Liban, il a annoncé les thèmes qui seront traités : la vision du développement du secteur pétrolier au Liban, le développement et la perspective de l'industrie du gaz et du pétrole à l'est de la Méditerranée, l'évolution du secteur gazier et pétrolier libanais, les défis juridiques de l'industrie gazière et pétrolière, l'infrastructure et la logistique, la création d'emplois, l'impact monétaire et financier sur le Liban, et les implications géostratégiques pour le pays. Un débat rassemblant les jeunes et leur vision de l'avenir sera également organisé.


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