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Économie - PIB

Économie mondiale : le vieux monde toujours plus grignoté par le nouveau

La Chine pourrait très rapidement détrôner les États-Unis.

L'érosion de l'hégémonie économique des vieilles puissances s'accélère, les derniers chiffres internationaux montrent que les pays riches de l'OCDE pèsent maintenant moins de 50 % de la richesse mondiale et portent les prémices d'une révolution : la Chine pourrait très rapidement détrôner les États-Unis.
La Banque mondiale a publié mercredi une grande étude sur la richesse des nations à partir de chiffres de 2011, baptisée ICP et réalisée avec plusieurs organismes internationaux, comparant classiquement les productions de chacun en termes nominaux (en valeur absolue). Mais elle les a aussi ajustés en fonction du pouvoir d'achat des richesses produites, avec l'indicateur de la parité de pouvoir d'achat (PPA).
« Les États-Unis sont restés la plus grosse économie du monde, mais sont suivis de près par la Chine lorsqu'on regarde les PPA. L'Inde est désormais la troisième économie du monde, dépassant le Japon », selon la Banque mondiale.
« Les PPA sont des taux de conversion pertinents pour faire des comparaisons internationales de l'activité économique. Contrairement aux taux de change, ils éliminent les différences de prix entre les pays », explique l'OCDE.
Plus précisément, le PIB américain s'est élevé à 15 533 milliards de dollars en 2011, tandis que le chinois a été de 7 321 milliards de dollars. Mais, ajusté en PPA, le PIB chinois bondit à 13 495 milliards de dollars, à un souffle du pays qui domine l'économie mondiale depuis près d'un siècle.
En part du PIB mondial, les États-Unis pèsent 17,1 % en PPA et la Chine 14,9 %.
L'OCDE, l'organisation qui regroupe les pays les plus riches du monde, « représente désormais un peu moins de 50 % du PIB mondial, les grandes économies émergentes représentent environ 30 % ».
Même si la Banque mondiale prend soin de préciser que les chiffres PPA 2011 ne peuvent pas directement être comparés avec les précédents remontant à 2005, établir la comparaison donne une idée de la vitesse à laquelle la Chine rattrape les États-Unis. En 2005, en données PPA, le PIB chinois représentait environ 43 % du PIB américain. En 2011, presque 87 %.

« Probablement dès 2014 »
Une course-poursuite qui dure depuis plusieurs années, mais sur la base des prévisions de croissance de ces deux titans, il est possible que Pékin dépasse Washington dès 2014 en PPA, une coup de tonnerre qui pourra résonner bien au-delà de la sphère économique, pesant sur les rapports de force géopolitiques et diplomatiques, alimentant par exemple les débats sur la réforme des organismes internationaux comme le FMI, la Banque mondiale ou l'ONU.
« Les nouvelles données amènent à conclure que ce sera probablement (...) dès 2014 » que la Chine dépassera les États-Unis selon ce critère, explique à l'AFP Sébastien Jean, directeur du centre de recherche français Cepii.
Pour Thierry Geiger, économiste suisse basé à Genève pour le World Economic Forum (WEF), « on peut toujours discuter la méthodologie, se demander si cela va se passer en 2014, en 2016... Ce qui est sûr, c'est que ça va se passer, cela s'inscrit dans une tendance globale de croissance folle des émergents », a-t-il déclaré à l'AFP.
« Cela a des implications géopolitiques en termes de négociation, de responsabilité morale, de leadership, pour montrer l'exemple, sur le climat ou la finance par exemple », selon lui.
Et justement, la Chine pourrait ne pas être ravie de ces responsabilités. La Banque mondiale souligne que « le Bureau national des statistiques chinois ne valide pas les résultats comme des statistiques officielles » et qu'il a émis des « réserves » sur la méthodologie.
« Derrière cela, c'est sans doute le refus d'assumer des responsabilités qui viendraient avec le statut de numéro un. La Chine préférerait continuer à se voir comme émergent plutôt que comme leader du monde », selon M. Geiger.
Évidemment, rapportée par habitant, la hiérarchie internationale est tout autre. Les États-Unis sont 12es en PIB par habitant sur une base PPA, et la Chine pointe à la 99e place.
« Le PIB par habitant est quand même une meilleure indication du développement économique », relève M. Geiger, qui prévient qu'il ne faut pas tirer de conclusions trop hâtives des chiffres PPA.
« En Inde par exemple, devenue troisième économie mondiale en PPA, il y a environ 30 % de gens qui vivent dans l'extrême pauvreté », selon lui.
(Source : AFP)


L'érosion de l'hégémonie économique des vieilles puissances s'accélère, les derniers chiffres internationaux montrent que les pays riches de l'OCDE pèsent maintenant moins de 50 % de la richesse mondiale et portent les prémices d'une révolution : la Chine pourrait très rapidement détrôner les États-Unis.La Banque mondiale a publié mercredi une grande étude sur la richesse des...

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