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Coupable...

Dans une récente interview accordée à une chaîne de télévision libanaise, l'ambassadeur des États-Unis David Hale exhortait le Hezbollah à mettre un terme à son implication dans la guerre syrienne, soulignant que le régime de Bachar el-Assad est devenu un catalyseur ayant pour effet d'attirer et de renforcer « la menace extrémiste et takfiriste en Syrie et au Liban ». « Toute partie qui soutient Assad ne fait que prolonger le conflit et permettre, par voie de conséquence, à ces mouvements de prendre de l'ampleur », a souligné l'ambassadeur US.


En tenant ces propos, David Hale mettait véritablement le doigt sur la plaie. Sauf que... À l'issue de la visite du président Barack Obama en Arabie saoudite, la semaine dernière, certains médias américains rapportaient que l'administration US pourrait, enfin, lever son veto à la livraison à l'opposition modérée de missiles légers antiaériens de manière à permettre aux révolutionnaires de faire face au matraquage aérien auquel les forces d'Assad se livrent quotidiennement, et impunément, ce qui leur assure un avantage certain dans le déroulement des combats. Les informations des médias US ont toutefois été rapidement démenties par l'un des hauts responsables au National Security Council (NSC) et conseiller en communication du président Obama, Benjamin (Ben) J. Rhodes, qui a indiqué que Washington n'est pas revenu sur son refus de livrer un système, portable, de défense antiaérienne aux rebelles (non jihadistes).


En clair, l'administration Obama accorde son feu vert au pouvoir d'Assad pour qu'il continue à larguer aveuglément et intensivement ses missiles air-sol et ses barils bourrés d'explosifs sur les régions qu'il ne contrôle pas. Cette décision revient dans la pratique à « soutenir (par ricochet) Assad », à « prolonger le conflit » et à « permettre, par voie de conséquence, aux mouvements extrémistes de prendre de l'ampleur », pour reprendre les termes de l'ambassadeur Hale.


Depuis le début de la révolution syrienne, toute la politique du président Obama – contestée par nombre de ses plus proches collaborateurs, lors de son premier mandat – a eu concrètement pour résultat de renforcer indirectement le clan Assad. Dans un premier temps, les positions en flèche contre le régime en place ont attisé la tension et ont incité aussi bien la Russie que l'Iran à intensifier leurs livraisons massives d'armes lourdes et de munitions de gros calibre, alors que dans le même temps, le chef de la Maison-Blanche faisait obstruction à la livraison d'un arsenal antiaérien (léger) et antiblindés aux opposants modérés.
Cerise sur le gâteau : la gestion lamentable du dossier syrien par le président Obama en septembre dernier, à la suite de l'épisode de l'utilisation des armes chimiques, a permis au tyran de Damas d'acquérir la ferme conviction qu'il bénéficie désormais d'une impunité totale. Cette subite volte-face opérée par le chef de la Maison-Blanche a eu pour résultat logique et immédiat de donner de nouveaux atouts au clan Assad et au Hezbollah. En d'autres termes, aux deux principaux piliers de la stratégie régionale des pasdaran, lesquels ont vu par le fait même leur position consolidée.


En baissant les bras, en septembre, face au pouvoir baassiste, le président Obama aura ainsi renforcé les adversaires farouches, à Téhéran, de la composante du régime iranien avec laquelle il tente d'aboutir à une entente cordiale, par le biais du dossier nucléaire ! Et du même coup, il aura aussi dynamisé la présence des courants extrémistes sunnites, en Syrie et au Liban. Car la politique d'attentisme, de pourrissement et de laisser-faire pratiquée par le chef de la Maison-Blanche aboutit inéluctablement à une prolongation du conflit syrien et donc à une montée en flèche de l'influence et du rôle des organisations radicales et terroristes sunnites, comme l'a relevé lui-même l'ambassadeur Hale. Comment pourrait-il en être autrement face à la passivité et aux signes de faiblesse qui caractérisent la politique syrienne du président Obama ?
Comble du paradoxe : de hauts responsables américains soulignaient récemment que la situation présente en Syrie représentait désormais une menace directe pour la sécurité nationale des États-Unis. Mais cette situation et donc cette menace ne sont-elles pas précisément le fruit de la passivité et de la ligne de conduite adoptée par le chef de la Maison-Blanche depuis le début de la révolution syrienne ?


Ce qui est requis dans le contexte actuel, ce n'est nullement une intervention militaire directe. Il existe moult moyens, lorsque l'on possède les capacités d'une grande puissance, de contraindre un tyran à la sortie et de provoquer la chute de sa machine meurtrière. Autrement, et comme l'a souligné l'ambassadeur David Hale – et avant lui l'émissaire du président François Hollande, Emmanuel Bonne, qui a tenu des propos allant dans le même sens – le maintien du clan Assad aura pour effet d'accroître sans cesse la propagation de la gangrène jihadiste, aussi bien chiite que sunnite, non seulement en Syrie et au Liban, mais aussi, dans une certaine mesure, à certains pays occidentaux. Car lorsque le cynisme, la complicité tacite et la non-assistance à peuple en danger sont érigés en doctrine d'État, ils risquent, un jour, de provoquer un effet boomerang en tous points dévastateur.

Dans une récente interview accordée à une chaîne de télévision libanaise, l'ambassadeur des États-Unis David Hale exhortait le Hezbollah à mettre un terme à son implication dans la guerre syrienne, soulignant que le régime de Bachar el-Assad est devenu un catalyseur ayant pour effet d'attirer et de renforcer « la menace extrémiste et takfiriste en Syrie et au Liban ». « Toute partie qui soutient Assad ne fait que prolonger le conflit et permettre, par voie de conséquence, à ces mouvements de prendre de l'ampleur », a souligné l'ambassadeur US.
En tenant ces propos, David Hale mettait véritablement le doigt sur la plaie. Sauf que... À l'issue de la visite du président Barack Obama en Arabie saoudite, la semaine dernière, certains médias américains rapportaient que l'administration US pourrait, enfin, lever son...
commentaires (4)

C'est triste de lire ce que dit M. Touma , il se préoccupe du peuple syrien et fait passer Obama qui n'est qu'un exécutant d'une politique occicon qui se cherche un nouveau souffle après moult échecs dans la région .J'ai envi de lui dire que les programmes sortent des tiroirs , mais qu'il arrive qu'ils ne fonctionnent pas comme on l'avait prévu ! Si Dieu qui nous a crée peut constater aujourd'hui qu'on est pas tant que ça à son image , alors les us peuvent aussi faire ce constat désastreux d'une politique dans notre région qui ne tourne pas à leur avantage ! tout de même nous ramener la solution du conflit syrien à des armes livrées ou pas c'est un peu juste dans l'honnêteté de la bonne foi. Si les us avaient pu terminer ce conflit et ramasser le jack pot , pourquoi s'en serait ils priver ? ils ont peur de livrer ces armes parce qu'en face de "ces modérés", les autres , résistants n'attendent que ça pour en avoir comme prise de guerre , et qui pourront être utilisées contre un état voyou et raciste dans la région , vous arrivez à comprendre cela M.Touma ? la seule chose où on peut vous donner raison , c'est le peu de cas qu'on fait du peuple syrien , du côté des occicons , ça je vous l'accorde .

FRIK-A-FRAK

14 h 03, le 01 avril 2014

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Commentaires (4)

  • C'est triste de lire ce que dit M. Touma , il se préoccupe du peuple syrien et fait passer Obama qui n'est qu'un exécutant d'une politique occicon qui se cherche un nouveau souffle après moult échecs dans la région .J'ai envi de lui dire que les programmes sortent des tiroirs , mais qu'il arrive qu'ils ne fonctionnent pas comme on l'avait prévu ! Si Dieu qui nous a crée peut constater aujourd'hui qu'on est pas tant que ça à son image , alors les us peuvent aussi faire ce constat désastreux d'une politique dans notre région qui ne tourne pas à leur avantage ! tout de même nous ramener la solution du conflit syrien à des armes livrées ou pas c'est un peu juste dans l'honnêteté de la bonne foi. Si les us avaient pu terminer ce conflit et ramasser le jack pot , pourquoi s'en serait ils priver ? ils ont peur de livrer ces armes parce qu'en face de "ces modérés", les autres , résistants n'attendent que ça pour en avoir comme prise de guerre , et qui pourront être utilisées contre un état voyou et raciste dans la région , vous arrivez à comprendre cela M.Touma ? la seule chose où on peut vous donner raison , c'est le peu de cas qu'on fait du peuple syrien , du côté des occicons , ça je vous l'accorde .

    FRIK-A-FRAK

    14 h 03, le 01 avril 2014

  • AVEC CET "ENTOURAGE" ON COMPREND QUI MÈNE QUI PAR LE NEZ...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    07 h 23, le 01 avril 2014

  • Une excellente analyse de la passivité d'Obama à l'égard de la révolution syrienne qu'il n'a jamais aidée par les armes nécessaires, ainsi que des conséquences de cette passivité lâche, la plus grave étant "l'accroissement de la gangrène jihadiste en Syrie". Cette gangraine s'étend maintenant au Liban, surtout en réponse à l'implication de la branche, dans ce pays, des Gardiens de la révolution iranienne. Elle atteindra fatalement les pays occidentaux et ceux-ci en sont conscients à présent.

    Halim Abou Chacra

    07 h 02, le 01 avril 2014

  • L’impeccable Sain Syrien craque, et n’accepte pas que sa révolution n’aboutisse qu’à un déplacement de servitude. Et finit par avoir honte de ces silences et des justifications à deux balles qu’on ose encore lui présenter ! Certes, il s’indigne ; mais il fera le pas de plus puisqu’il persistera à s’insurger. Et grâce à tous les autres Syriens Sains rétros-anciens modèles, il poursuivra son implacable Révolution. Il avait la vérité pour lui mais tout le monde sa perte lui prédit, s’écrie ce Sain vertueux, et l’on devine sa consternation devant un destin si déraisonnable ! Mais que faire si ses "appuis?" ont faillis malgré toutes ses envies ? L’agression dont il a été victime est celle de l’incitation à se révolter au delà du raisonnable n’est-ce pas, puisqu’on l’incita à céder à la tentation de cette Révolution sans le moindre sérieux appui ! Comme on sait, le soulèvement est 1 de plaies de cette "fertile!" contrée à régimes autoritaires, rétrogrades et policiers depuis de longues années. Certes, à bas bruit, on chuchotait qu’1 Révolution engageait, et poursuivie elle devait l’être, et qu’il s’agit de vérifier ses réelles capacités avant de l’engager. Et, dans le même temps, on lui redoublait les exhortations à perpétuer cette Révolution pour la recréer en vue de la parachever. A resserrer le garrot, pour de bon, autour du cou de ces indignes indigènes autocrates, indigestes et insupportables.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    06 h 18, le 01 avril 2014

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