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Conférence : les jeunes de la FLSH s’engagent en faveur du néoféminisme

C'est une jeunesse portée sur la réforme, curieuse et surtout indignée qui s'est manifestée lors du débat organisé le 5 mars par l'amicale de la faculté des lettres de l'USJ sur le thème de la protection de la femme contre la violence conjugale.

Louna Abla, de l’association Kafa, Yara Arja, de l’amicale des étudiants de la FLSH, et le député Alain Aoun.

« Nous sommes réunis pour une cause qui se veut humaine. Immergés dans la politique et l'instabilité, nous fermons les yeux sur ce qui se passe chaque jour dans notre pays », a affirmé la présidente de l'amicale de la faculté des lettres et des sciences humaines, Layal Azizi.
« Fière » de l'initiative prise par les étudiants, la doyenne de la faculté, Christiane Assaf, a valorisé l'espace universitaire comme « espace d'action de l'esprit libre, au-delà de la pure réflexion ».
Cet élan s'est traduit dans les questions des étudiants et de la modératrice Yara Arja, étudiante en lettres françaises (master 2), adressées à Louna Abla, de l'association Kafa, et au député Alain Aoun.
Évoquant toutes « ces femmes qui souffrent en silence » et la fréquence des abus dramatiques que l'on finit par oublier « sans qu'aucune mesure légale ne soit appliquée », Yara Arja a lancé : « Et si c'était toi, Roula Yacoub, ou ta mère, ta sœur, ta tante ? »
Cet appel a été repris par Louna Abla, qui a fait état d'un « courage accru des femmes ». Après un bref exposé de l'histoire de Kafa, « créée en 2005 pour la potentialisation de la femme au-delà de la seule aide ponctuelle », elle a précisé que l'enjeu est de combattre la violence en général, « qu'elle émane d'un homme ou d'une femme ». Au fil des questions ciblées posées par la jeune modératrice sur les moyens de « renforcer la victime », ou encore sur la « possibilité de ressouder une famille » fissurée par la violence, Louna Abla évoque entre autres « l'appui de l'entourage » comme rouage d'une émancipation de tous les préjugés sociaux susceptibles de freiner l'épanouissement individuel.
Cet épanouissement auquel les étudiants se sont montrés sensibles a été repris par le député Alain Aoun, qui a rebondi sur la remarque glissée par Yara Arja sur le néoféminisme et la complémentarité entre les hommes et les femmes, au nom de leur individualité. « La simple distinction entre homme et femme contredit dès le départ le principe de l'égalité », a-t-il relevé.
Revenant sur « l'épreuve » du projet de loi sur la protection de la femme contre la violence domestique, qui attend désormais d'être voté au Parlement, il critique la résistance de certains députés « par crainte d'un favoritisme des femmes ». « L'enjeu est pourtant de protéger toute personne en position de faiblesse », note-t-il, ajoutant : « Ce ne sont ni les hommes politiques ni les hommes de religion qui ont compétence pour juger les cas de violence. »

Création d'un club
De virulentes critiques ont émané de l'audience. « Il manque à la caste politique des hommes capables de prendre des initiatives et d'en assumer la responsabilité », a lancé Julien Hajj, étudiant à l'École des traducteurs et interprètes de Beyrouth.
Ses propos ont été relayés par le cri du cœur de Waël Abdallah, étudiant en 3e année de médecine, originaire du village de Roula Yacoub, l'une des victimes de violence conjugale, dans le Akkar. « La déclaration ministérielle sur laquelle les politiques s'attardent n'est que du papier. Nous avons besoin de responsables capables de nous libérer de toutes les formes de peur qui moisissent nos vies », conclut-il.
La participation active d'étudiants à la conférence organisée par l'amicale d'une faculté majoritairement féminine serait le signe d'une dynamique humaniste en ébauche. Elle doit se concrétiser dans les prochains jours par la mise sur pied d'un club pour les droits de la femme, à l'échelle de l'USJ, créé par Yara Arja, qui a attiré jusque-là une quinzaine d'étudiants, en grande partie des hommes.

« Nous sommes réunis pour une cause qui se veut humaine. Immergés dans la politique et l'instabilité, nous fermons les yeux sur ce qui se passe chaque jour dans notre pays », a affirmé la présidente de l'amicale de la faculté des lettres et des sciences humaines, Layal Azizi.« Fière » de l'initiative prise par les étudiants, la doyenne de la faculté, Christiane Assaf, a valorisé...
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