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À La Une - L'homme De La Semaine

Thomas Pesquet, un Français dans l'espace en 2016

"Pur produit du système éducatif français", le jeune homme fera une mission de six mois à bord de la Station spatiale internationale.

L'astronaute français, Thomas Pesquet, va passer plusieurs mois dans l'espace en 2016, selon le ministère français de Recherche. AFP PHOTO/FRANÇOIS GUILLOT

Déjà plongeur et parachutiste, ingénieur aéronautique et pilote de ligne, l'astronaute français Thomas Pesquet, accessoirement saxophoniste et ceinture noire de judo, dit pourtant avoir encore "tout à apprendre" avant son premier vol dans l'espace en 2016.

 

Il devrait partir vers la Station spatiale internationale, où il effectuera une mission de six mois, en décembre 2016, à bord d'une fusée russe Soyouz lancée depuis Baïkonour (Kazakhstan). Son retour sur Terre est prévu en mai 2017.


"Je suis très heureux aujourd'hui, un petit peu ému aussi", déclare l'astronaute à la presse, lundi au ministère de la Recherche.

"Je suis un pur produit du système éducatif français", précise humblement ce fils d'enseignants, né le 27 février 1978 à Rouen et qui a l’œil gris-bleu de ses ancêtres normands. A 36 ans, il a gardé l'air à la fois réservé et détendu d'un jeune étudiant fraîchement sorti de l'école, mais le parcours qu'il retrace rapidement devant les journalistes venus assister à sa consécration officielle a de quoi impressionner.

Diplômé de la prestigieuse école d'ingénieurs Supaéro de Toulouse, où il se spécialise dans la "technologie des véhicules spatiaux", il est rapidement recruté en 2002 par l'agence spatiale française, le CNES. "J'ai travaillé sur des projets de recherche pendant deux ans, avant de faire une formation de pilote civil chez Air France en 2004", ajoute-t-il le plus simplement du monde, droit mais pas frimeur dans la combinaison de vol bleue du corps des astronautes de l'agence spatiale européenne (ESA).

Il commence à piloter des vols commerciaux deux ans plus tard et accumule quelque 2.500 heures de vol, devenant même instructeur sur Airbus A320. "En 2008, l'ESA a ouvert une sélection d'astronautes, la première depuis 1997. J'ai eu la chance d'être au bon endroit, au bon moment", lâche Thomas Pesquet.

"J'aurais dû en sélectionner quatre normalement, mais je n'ai pas pu faire autrement que d'en prendre six, et Thomas fait partie des meilleurs", assure, pour sa part, Jean-Jacques Dordain, le directeur général de l'ESA.

 

'Il faut se lancer'
"Il parle six langues!", dont le russe et le chinois, lance la ministre de la Recherche Geneviève Fioraso, faisant l'article du nouveau poulain spatial tricolore. "Très mal...", ose la couper Thomas Pesquet, qui semble préférer la sobriété aux éloges.

"Ce qui compte, ce n'est pas forcément mon histoire personnelle! On n'envoie pas des astronautes dans l'espace pour leur faire plaisir ou parce qu'ils sont méritants" mais pour faire avancer la science et l'exploration spatiale, souligne-t-il.

 

Comme beaucoup de petits garçons, le plus jeune astronaute européen rêvait d'espace étant enfant, surtout pour "la sensation de voler: j'ai voulu devenir pilote, j'ai fait beaucoup de parachutisme, c'est vraiment cette dimension, cette liberté, et puis aussi ce côté machine complexe et technologique".

 

Il lui reste beaucoup de travail avant de poser le pied dans la Station spatiale internationale, mais cette perspective semble plutôt le réjouir. "Deux ans et demi avant la mission, ça paraît long. Mais moi je sais que ça va être très, très court. Il va falloir que je commence à travailler dès ce soir, ou demain matin", assure-t-il. "Il reste tout à apprendre: parler russe, s'entraîner techniquement pour connaître par coeur tous les détails techniques de la Station, se qualifier sur le lanceur Soyouz, etc. Il y a toujours quelque chose à faire", détaille l'astronaute. "Devenir astronaute, ça ne me paraissait pas vraiment faisable quand j'étais enfant. Le message que je passe aux jeunes, c'est que ça n'est pas facile mais que c'est possible: il faut se donner les moyens et se lancer", insiste Thomas Pesquet.

 

Les expériences scientifiques auxquelles le Français participera à bord de l'ISS restent à finaliser. Elles "devraient porter sur les domaines de la recherche sur l'Homme, la biologie, les matériaux ou le développement technologique", selon le ministère de la Recherche.

Thomas Pesquet deviendra le 10e Français à voler dans l'espace, depuis le premier vol de Jean-Loup Chrétien, il y a 20 ans. Le dernier Français dans l'espace est Léopold Eyharts, envoyé sur l'ISS en 2008.

 

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