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Nos lecteurs ont la parole - Abdel Hamid El-Ahdab

« Vous avez sacrifié l’honneur pour la paix et vous allez perdre l’honneur et la paix »

«Nous sommes un seul peuple dans deux États.» Une phrase que nous avions déjà entendue dans un passé pas si lointain. Avant Poutine, Hitler l'avait prononcée avant d'annexer l'Autriche au IIIe Reich allemand. Il était entré à Vienne avec ses chars, ses canons, et «l'anschluss» avait eu lieu le 12 mars 1938. Une phrase de cette même trempe avait été lâchée par Hafez el-Assad au sujet du Liban lors de la mainmise syrienne sur notre pays.
Hitler répétait que les peuples de langue allemande sont en droit de s'unir et qu'il est du devoir de l'Allemagne de défendre cette unification. Il l'avait dit lorsqu'il avait envahi la Tchécoslovaquie pour lui arracher les Sudètes et les annexer au IIIe Reich allemand au motif qu'ils sont germanophones, ce qui avait mis en branle l'Europe et précipité les signes annonciateurs de la guerre. Le Premier ministre britannique, Neville Chamberlain, avait pris l'avion pour Munich et tenu une réunion avec Hitler – la réunion de la «paix pour notre temps» – qui avait débouché sur un accord satisfaisant tous les besoins de ce dernier et avalisant ses agressions, avec pour seule condition qu'il s'arrête à ce stade et n'aille pas au-delà. Chamberlain avait alors pris le papier concluant l'accord de la « paix pour notre temps » et l'avait brandi en l'air à la descente de l'avion qui l'avait ramené de Munich au mois de juillet 1938. Cette même ville de Munich avait été ainsi le théâtre des Jeux olympiques marquant l'apogée de Hitler et la capitulation des démocraties.
Cette capitulation des démocraties avait été flagrante, au point que le célèbre magazine américain Time, qui nomme chaque année ce qu'il appelle «l'homme de la paix», a affiché en 1938 la photo de Hitler sur sa page de couverture avec, pour titre, «L'homme de la paix de l'année 1938». Moins d'un an après la signature de l'accord avec Chamberlain et en dépit de cet accord, Hitler avait envahi la ville de Dantzig qui abritait une peuplade germanophone. Aucune des démocraties occidentales n'avait bougé et Hitler en avait profité pour envahir la Pologne, puis le Danemark, puis la Norvège et, ensuite, la France, les Pays-Bas et la Belgique. Pour justifier leur capitulation après l'invasion par Hitler des premiers pays européens et de Dantzig, peu de temps après la signature de l'accord de Munich, les démocraties occidentales répétaient à qui voulait les entendre que «personne ne voulait mourir pour Dantzig». L'itinéraire hitlérien est le même que celui qu'a emprunté Poutine. Il a commencé par la Tchétchénie et la Géorgie puis a fini par la Crimée en passant (et continuant) par l'armement de Bachar el-Assad, la fourniture d'experts et de conseillers à ce dernier et l'étouffement du massacre à l'arme chimique perpétré près de Damas.
Le Chamberlain des démocraties occidentales de ce jour est le Parlement anglais qui a voté, lors du massacre à l'arme chimique, pour l'interdiction de toute intervention militaire.
Obama est un Chamberlain à part entière et même plus! Il n'a cessé de répéter que l'arme chimique est une ligne rouge qu'il ne fallait pas franchir, jusqu'au jour où il a capitulé d'une manière assez proche de la farce devant le tyran de Damas, celui qui continue de se moquer de l'Occident en ne livrant qu'une partie infime de son arsenal chimique. Ce tyran a utilisé ce même arsenal pour tuer des milliers de victimes, et le nouveau Chamberlain noir américain, qui avait tant crié et ameuté le monde, a renoncé à la frappe militaire afin de sauver la «paix pour notre temps». Le magazine Time était sur le point de sortir une couverture sur l'homme de la paix de l'année 2013 et il hésitait entre Nelson Mandela et Bachar el-Assad pour l'attribution de ce titre.
À l'époque, Churchill avait interpellé Chamberlain en ces termes: «Vous avez sacrifié l'honneur pour la paix. Vous allez perdre l'honneur et la paix», ce qui était réellement advenu lors de la Seconde Guerre mondiale. Si des hommes courageux s'étaient opposés à Hitler au départ, celui-ci n'aurait pas fait commettre les massacres de la Seconde Guerre mondiale et provoqué la mort de millions de personnes.
Après la Tchétchénie, la Géorgie et la Crimée, le nouveau Hitler qu'est Poutine a réveillé le fanatisme des Russes, chatouillé leur rêve de grandeur et renforcé, en même temps, son leadership en le poussant jusqu'à l'idolâtrie, tout à fait à l'exemple de Hitler.
Obama demeure une heure et demie au téléphone avec Poutine afin d'assurer «la paix pour notre temps», comme au bon vieux temps... au temps de Chamberlain. Il va également à Oman, sans en aviser les Européens, pour négocier avec l'Iran et lever son boycott afin qu'elle joue le rôle de Mussolini.
Ce n'est pas Poutine qui occasionnera à l'humanité des massacres terribles, mais bien l'esprit capitulard qui avait dominé avant l'éclatement de la Seconde Guerre mondiale et qui continue sa domination jusqu'à présent. Personne ne veut mourir pour la révolution syrienne, tout comme «personne ne voulait mourir pour Dantzig».
Dans quelques années, le nouvel Hitler russe remportera victoire sur victoire sur le nouveau Chamberlain noir américain, jusqu'au jour où une voix, grondant avec le tonnerre de la guerre, dira à ce dernier et au Parlement britannique: «Vous avez sacrifié l'honneur pour la paix. Vous allez perdre l'honneur et la paix.»
La paix avec le nouvel Hitler est une farce que répète l'histoire lorsqu'elle ne peut lui opposer que des nains.
Beaucoup de sang sera versé à cause des nains de l'histoire et personne ne voudra «mourir pour Dantzig». Le résultat est que tous sont morts, que beaucoup mourront encore... et que la paix est perdue, aussi bien que l'honneur et la dignité.
Bachar el-Assad ne sera pas vaincu et ne vaincra pas. La révolution continuera avec son lot de victimes journalières. Tel est l'intérêt d'Israël et de ceux qui ne veulent pas mourir pour Dantzig, ceux qui attendront jusqu'à la mort du dernier Syrien, l'effondrement de la dernière maison en Syrie et dans beaucoup de pays du monde. Un avenir des plus noirs attend ceux qui ne veulent pas mourir pour Dantzig et qui négocient avec le nouvel Hitler afin d'obtenir la «paix pour notre temps».

Abdel Hamid El-AHDAB
Avocat

«Nous sommes un seul peuple dans deux États.» Une phrase que nous avions déjà entendue dans un passé pas si lointain. Avant Poutine, Hitler l'avait prononcée avant d'annexer l'Autriche au IIIe Reich allemand. Il était entré à Vienne avec ses chars, ses canons, et «l'anschluss» avait eu lieu le 12 mars 1938. Une phrase de cette même trempe avait été lâchée par Hafez el-Assad au sujet du Liban lors de la mainmise syrienne sur notre pays.Hitler répétait que les peuples de langue allemande sont en droit de s'unir et qu'il est du devoir de l'Allemagne de défendre cette unification. Il l'avait dit lorsqu'il avait envahi la Tchécoslovaquie pour lui arracher les Sudètes et les annexer au IIIe Reich allemand au motif qu'ils sont germanophones, ce qui avait mis en branle l'Europe et précipité les signes annonciateurs de la...
commentaires (3)

POINT DE GUERRE ! L'OURS ESSAIE D'AVALER L'OS UKRAINIEN MAIS LE MASTODONTE ET SES ÉLÉPHANTEAUX ONT AVALÉ BIEN D'OS YOUGOSLAVES, TCHÉCOSLOVAQUES, ET BIEN D'AUTRES... ET CES AUTRES LEUR SONT RESTÉS COINCÉS DANS LE LARYNX ET RISQUENT DE LES ÉTOUFFER. LA MÊME DESTINÉE ATTEND L'OURS QUI SE VEUT GLOUTON, PARAIT-IL, QUE CE SOIT EN UKRAINE OU AILLEURS...

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

14 h 55, le 18 mars 2014

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Commentaires (3)

  • POINT DE GUERRE ! L'OURS ESSAIE D'AVALER L'OS UKRAINIEN MAIS LE MASTODONTE ET SES ÉLÉPHANTEAUX ONT AVALÉ BIEN D'OS YOUGOSLAVES, TCHÉCOSLOVAQUES, ET BIEN D'AUTRES... ET CES AUTRES LEUR SONT RESTÉS COINCÉS DANS LE LARYNX ET RISQUENT DE LES ÉTOUFFER. LA MÊME DESTINÉE ATTEND L'OURS QUI SE VEUT GLOUTON, PARAIT-IL, QUE CE SOIT EN UKRAINE OU AILLEURS...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    14 h 55, le 18 mars 2014

  • C'est beau,c'est grand,c'est grandiloquent...et c'est faux,en fait.Personne n'imagine une seconde que Poutine va lancer ses chars sur l'Europe. Ni ses forces aériennes...et tout le monde fait semblant d'oublier que les occidentaux et les américains ont lancé les leurs sur la Yougoslavie...ont détaché par voie de référendum au milieu d'une violence inouïe,le Kosovo de la Serbie.Alors quoi? vérité en deçà,erreur au delà? fais ce que je te dis,ne fais pas ce que je fais?Quelle souveraine hypocrisie..on se serait bien passé de cette affaire ukrainienne,c'est sûr.Mais se draper dans les oripeaux de l'indignation quand on a accepté et soutenu militairement le démantèlement d'un pays aussi souverain que peut l'être l'Ukraine,la Yougoslavie,c'est de la rigolade...c'est du déni. Que le Kosovo réintègre la Serbie...et on en reparlera.En attendant,tout çà,c'est de la roupie de sansonnet.

    GEDEON Christian

    13 h 54, le 18 mars 2014

  • Excellent ! En effet, l'Histoire se répète et nous parle : Une première fois en Tragédie ; et une deuxième fois.... en Farce !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    09 h 31, le 18 mars 2014

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