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Liban - Institutions

« Ma hantise est de succéder à quelqu’un du calibre de Waël Abou Faour »

Les cérémonies de passation des pouvoirs se sont poursuivies hier au sein de plusieurs ministères : l'Intéreur, la Santé, les Télécoms, les Affaires sociales et le Tourisme.

Une fois de plus, c'est le ministre de l'Intérieur sortant, Marwan Charbel, qui a fait le buzz hier. Réputé pour sa spontanéité et son émotivité, il n'a pas quitté son ministère avant de verser quelques larmes, devant les caméras de la chaîne al-Jadeed qui l'interrogeait sur son sentiment lors de son départ.
M. Charbel, qui expliquait à quel point certaines personnes allaient lui manquer, a affirmé les yeux remplis de larmes : « Je me suis beaucoup attaché au peuple libanais. Je ne vous oublierais pas », a-t-il dit en s'adressant aux citoyens, avant d'expliquer qu'il a été particulièrement touché par les appels qu'il a reçus surtout de la part de quelques-uns qui « m'ont appelé en pleurant ».
Le ministre, qui a été à la tête de l'Intérieur durant la période la plus difficile du pays, a insisté pour dire qu'il épargné au Trésor public de nombreuses dépenses. « J'ai contribué à économiser à l'État la somme de 8 millions de dollars », a-t-il assuré.
Rappelant que la sécurité politique au Liban est une condition sine qua non de la sécurité nationale – « du moins, à ce jour », a-t-il dit –, M. Charbel a insisté sur la nécessité que le ministère de l'Intérieur « soit au service de l'ensemble des Libanais et de toutes les parties sans distinction aucune ».
Le nouveau ministre, Nouhad Machnouk, a abondé dans ce sens, affirmant que la sécurité « est une unité indivisible et suppose des échéances qui ne peuvent être partiales. À défaut, nous tomberons tous dans le piège de l'autosécurité, ce qui signifie l'effondrement de l'État ». Et d'ajouter : « Il n'y a d'autres règles que celle de la sécurité pour tous et du respect absolu de la légalité. »

Au ministère des Télécoms
Passation des pouvoirs également au ministère des Télécoms, que devait quitter Nicolas Sehnaoui pour laisser la place à Boutros Harb.
« Nous ne sommes pas là pour exercer la politique de l'arbitraire, ou d'occulter les réalisations faites aux mains d'un autre ministre, même s'il n'appartient pas au même groupe politique », a indiqué Harb, en allusion à M. Sehnaoui. « Si le ministre qui m'a précédé a été à l'origine d'actions positives, j'irai dans le même sens et les conforterai. Par contre, si je découvre, à Dieu ne plaise, certaines choses qui ne sont pas en harmonie avec mes convictions, (...), je prendrai la décision adéquate et en assumerai la responsabilité. »
Le ministre Sehnaoui a rappelé que la fonction publique s'inscrit dans la continuité. « Le pouvoir m'a été confié par mon prédécesseur et, aujourd'hui, je le remets à mon successeur. Ce qui nous unit, c'est l'amour de la patrie, le sens des responsabilités et la nécessité d'offrir au citoyen un service public en développant le secteur des télécoms. »

Au ministère de la Santé
À la Santé, le ministre Ali Hassan Khalil s'est déchargé de ses responsabilités en faveur de son collègue des Affaires sociales, Waël Abou Faour qui le remplacera désormais à la tête de cette administration.
« Notre relation est profonde sur les plans politique et national, vu le rôle qu'incarne le leader Walid Joumblatt dans la vie politique et publique en générale », a déclaré M. Hassan Khalil en s'adressant à son successeur. « Le ministère de la Santé est celui qui concerne le plus les Libanais quelles que soient leurs appartenances, et le traitement qu'on leur doit devrait suivre la même logique », a ajouté le ministre sortant, qui a précisé avoir jeté les fondements d'une restructuration et d'une réorganisation de ce ministère dont une partie a déjà été mise en place.
À son tour, M. Abou Faour a tenu à rappeler les efforts déployés par le président du Parlement, Nabih Berry, et les idées créatives qu'il a parrainées, en faveur de la naissance du gouvernement.
Le ministre Abou Faour a salué les réalisations de son prédécesseur, remerciant par la même occasion le directeur général du ministère, Walid Ammar « qui m'a mis au courant des mesures organisationnelles qui ont été introduites ».
M. Abou Faour a par ailleurs passé le relais à son successeur Rachid Derbas, au ministère des Affaires sociales. Ce dernier a confié qu'il avait deux hantises majeures en occupant ce poste, d'abord, la « lourdeur des responsabilités » qui lui incombent pour remplir cette tâche et, en second lieu, « le fait de succéder à quelqu'un comme Waël Abou Faour ».

Au ministère du Tourisme
Passation des pouvoirs également au ministère du Tourisme, où le ministre Fadi Abboud a tenu à rappeler les difficultés auquel ce département a dû faire face au cours des deux années. Une raison qui le poussera à souhaiter que la situation sécuritaire se calme afin que le tourisme puisse reprendre.
Conscient que la situation politique et sécuritaire se répercute fatalement sur l'ensemble des secteurs, mais plus particulièrement sur le tourisme, son successeur, Michel Pharaon, s'est dit convaincu que la formation du gouvernement a provoqué « un choc positif ». Et de souhaiter l'ouverture d'une nouvelle page et le règlement des problèmes sécuritaires, avec à leur tête les questions liées au terrorisme. « La coopération au niveau sécuritaire est la priorité de ce gouvernement », a assuré M. Pharaon.

 

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