La première réunion du Conseil des ministres hier à Baabda s’est caractérisée par beaucoup de convivialité. Dalati et Nohra
C'est sous la présidence du numéro un de l'État, Michel Sleiman, et en présence de son chef, Tammam Salam, que le nouveau gouvernement a tenu hier sa première réunion au palais présidentiel de Baabda. Une occasion pour MM. Sleiman et Salam d'affirmer que ce gouvernement est un pur produit libanais, même si sa mise en place a commandé des tractations qui ont duré onze mois.
L'objectif premier de cette réunion est de former la commission qui aura pour seule mission d'élaborer la mouture de la déclaration ministérielle. Celle-ci tiendra sa première réunion ce soir.
Prenant la parole à l'ouverture de la réunion, M. Sleiman a d'emblée souligné le retard dans la formation du gouvernement, en indiquant qu'il est du droit des Libanais de s'interroger sur les raisons de ce retard. Il s'est dit persuadé que ce gouvernement est un « des meilleurs, de par sa composition, parce qu'il reflète réellement celle du Liban, sans possibilité de blocage ». Il a insisté sur le fait qu'il est « un pur produit libanais », en rappelant les blocages du passé, lorsque les Syriens aidaient à la formation des cabinets et que les guerres, les divisions internes et les paralysies institutionnelles et constitutionnelles, même intermittentes, empêchaient, toujours selon lui, le pays de fonctionner. « Ce gouvernement, a poursuivi le président, doit être un modèle pour tous, parce qu'il montre que nous pouvons nous entendre au sujet des échéances et trouver un dénominateur commun, pour peu qu'on réduise les revendications et les défis. »
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M. Sleiman a exprimé l'espoir que des leçons ont pu être tirées des onze derniers mois « et que tout ce temps ne sera pas perdu », d'autant, a-t-il dit, que le pays n'est pas confronté à des problèmes et à des conflits similaires à ceux qui se déroulent dans des pays de la région, notamment en Syrie, « à l'exception du terrorisme qui est international ». « La durée de vie de cette équipe est courte mais les attentes sont nombreuses. La priorité va à la sécurité », a affirmé le président avant de rendre un vibrant hommage aux services de sécurité et de souligner la nécessité de leur assurer la couverture politique qu'il faut et de répondre à leurs besoins. Il a mis l'accent sur la nécessité d'assurer « l'environnement constitutionnel adéquat aux échéances à venir, notamment la présidentielle et les législatives et d'être à la hauteur des initiatives régionales et internationales menées pour assurer la stabilité du Liban et aider le pays à régler le poids des réfugiés syriens ».
M. Sleiman s'est ensuite arrêté sur « le filet de sécurité politique que représente la déclaration de Baabda », en relevant les innombrables crises et problèmes de sécurité qui se sont posés, notamment les attaques contre l'armée, les attentats à la voiture piégée et les affrontements à Tripoli.
Il a ensuite exposé aux ministres les derniers indices économiques qui révèlent une amélioration du taux de croissance et une réduction de l'inflation, tout en mettant l'accent sur le problème que pose le chômage, dû en partie à l'afflux de réfugiés syriens.
M. Sleiman a ensuite encouragé des passations rapides de pouvoir, dans les différents ministères, en invitant chaque ministre à poursuivre l'action de son prédécesseur et à « réhabiliter le rôle des directeurs généraux de sorte que les conseillers n'empiètent pas sur leurs prérogatives ».
Le président qui a appelé à une intensification des réunions du Conseil des ministres a insisté sur le fait que le nouveau gouvernement doit se conformer « à l'expédition des affaires courantes, au sens strict du terme, en attendant qu'il obtienne la confiance du Parlement ».
C'est le ministre de l'Information, Ramzi Jreige, qui a rapporté les propos du chef de l'État et qui a annoncé les résolutions du Conseil des ministres.
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Prenant par la suite la parole, M. Salam a souligné l'impact positif de la formation du gouvernement auprès de la population en expliquant que « l'ambition première de cette équipe est d'assurer la sécurité ». « Si les services assument leur devoir, il reste qu'ils ont toujours besoin d'une couverture politique, assurée par le gouvernement, mais qui doit être associée à des positions politiques et à un discours constructifs de la part de toutes les parties », a-t-il fait valoir. « Et parce que la durée de vie de l'équipe est réduite, il est important que les ministres soient sélectifs dans la gestion des affaires échues à leurs départements respectifs et qu'ils fixent leurs priorités, dont principalement le dossier des réfugiés, la situation financière et le réajustement des salaires ».
Dans leurs interventions respectives, les ministres ont insisté sur l'importance de « la coopération et de l'ouverture ». « Tout ira bien, si nos réunions seront comme celles d'aujourd'hui », a confié le ministre de la Justice, Achraf Rifi, aux journalistes, au terme de la réunion, en soulignant que « le défi principal pour la nouvelle équipe est de sauver le pays et de paver la voie au règlement de tous les dossiers en suspens ».
Interrogé au sujet de son entretien avec le responsable de la commission de liaison et de coordination au sein du Hezbollah, Wafic Safa, il a indiqué que « décision a été prise de maintenir ses contacts, qui ne sont pas nouveaux, dans les domaines politiques et de sécurité ». « Nous nous sommes entendus pour que la route Ersal-Laboué soit contrôlée par l'armée et qu'il n'y ait aucune présence illégale », a-t-il ajouté.
(Pour mémoire : La photo officielle du gouvernement Salam a été « photoshopée »)
Le même climat positif a été relayé par le ministre du Travail, Sejaan Azzi, qui s'est dit persuadé que c'est dans le même esprit que le débat autour de la déclaration ministérielle aura lieu. Il a exprimé le souhait que la teneur des deux discours du président Sleiman et de M. Salam seront repris dans le texte de la déclaration. Il a assuré qu'aucun délai n'a été fixé pour l'élaboration de ce document mais que le président et le chef du gouvernement ont exprimé l'espoir qu'il soit établi dans les délais les plus brefs.
La ministre des Déplacés, Alice Chaptini, a assuré pour sa part que sa représentation de l'élément féminin ne se limite pas à son action de ministre, mais a marqué tout son parcours.
Aux journalistes, le ministre de la Santé, Waël Abou Faour, a indiqué qu'il a joué « au plombier » au niveau de la formation du gouvernement, « en s'employant à resserrer ou à défaire certains nœuds ».
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Leurs "priorités" ? Ah, mais ben oui, excusez, "leurs porte-monnaies" !
12 h 44, le 20 février 2014