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Liban - Citoyen Grognon

Pétard mouillé !

Pour un oui ou pour un non, les réseaux sociaux Facebook ou Twitter s'enflamment. Ils réagissent instantanément, dénoncent l'injustice et créent le buzz sur des histoires sans grand intérêt, des histoires « people », comme s'il s'agissait d'affaires d'État. Ils s'embrasent alors contre la pub de Khoury Home, comme ils ont explosé pour les seins de la belle Jackie. Débordant de l'étroit cadre libano-libanais, jusqu'à former des groupes élargis de soutien ou être repris par la presse étrangère.

Normal ! Sur les réseaux sociaux, il est désormais si facile d'aimer, de ne pas aimer et de le montrer d'un clic, affalé bien confortablement dans son fauteuil devant son écran. Écran d'ordinateur, de téléphone portable ou de tablette numérique. Chacun a son mot à dire, son avis à donner, même le plus anonyme. Chacun se transforme, l'espace d'un instant ou de quelques heures, en fervent défenseur de telle ou telle cause, en militant acharné pour la justice et la vérité. Sa vérité à lui. Jusqu'à l'exagération. Jusqu'à l'insulte. Voire la dérive.

Les deux récentes affaires qui ont défrayé la chronique prouvent la propension du citoyen libanais à se mobiliser pour pas grand-chose, dès lors qu'un sujet le touche ou l'émeut. Toute son énergie y passe. La passion l'habite. Au point de faire pression sur son entourage pour l'entraîner dans son exaltation. Effet boule de neige garanti.

Mais que devient cette énergie dans la réalité, hors des réseaux sociaux ? Un pétard mouillé, malheureusement ! Qu'est-il advenu des revendications du citoyen pour les causes qui lui sont chères, à savoir la violence conjugale, le mariage civil ou les droits de la femme ? Qu'a-t-il fait de son engagement pour les dossiers chauds qui minent son quotidien, comme la corruption, la déliquescence de l'État, l'insécurité ambiante, l'absence de gouvernement ? Qu'en est-il de son ras-le-bol contre la crise économique, la pauvreté et l'émigration des jeunes ? Que sont devenues ses attentes au niveau d'une législation qui n'a pas évolué depuis des décennies ?

C'est qu'il a trente-six mille raisons de s'enflammer, le citoyen libanais, de se rebeller, de montrer son mécontentement, de défendre ses causes et de revendiquer ses droits, de pousser les autorités à agir, surtout. En descendant dans les rues. En masse. Pacifiquement. En toute civilité, mais avec ferveur et engagement.

Mais non. Il s'abstient. Il évite de s'impliquer. Son avenir et celui de son pays devront s'accommoder de son inertie. Les causes féministes devront se résoudre à ne mobiliser qu'une poignée de militantes. Le statut personnel aussi. Et tant pis pour les femmes battues qui continueront de mourir avec la complicité de la classe politique. Tant pis pour la jeunesse qui jette l'éponge par manque de perspectives d'avenir. Tant pis pour ce peuple tout entier qui n'en peut plus de subir l'incompétence de ses dirigeants et tente de survivre dans un consternant chaos.

Viendra-t-il seulement, ce jour ?


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commentaires (3)

Pour ce grand tant pis les libanais essayent virtuellement de briser ces tabous de l' interdit , mais le virtuel restera virtuel malheureusement .

Sabbagha Antoine

17 h 29, le 15 février 2014

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Commentaires (3)

  • Pour ce grand tant pis les libanais essayent virtuellement de briser ces tabous de l' interdit , mais le virtuel restera virtuel malheureusement .

    Sabbagha Antoine

    17 h 29, le 15 février 2014

  • Oui, malheureusement, le peuple est inerte et soumis."Les peuples ont les dirigeants qu'ils meritent" disait Montesquieu...Tres vrai!

    Michele Aoun

    10 h 59, le 15 février 2014

  • Marketing. Tout est question de Marketing. Full stop.

    Nadine Naccache

    09 h 40, le 15 février 2014

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