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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

Paris et Washington relèvent « ensemble » les défis modernes

La visite d'État de Hollande restaure la confiance avec les États-Unis après les révélations de Snowden.

Le consensus retrouvé entre les présidents Obama et Hollande illustre le réchauffement des liens entre Paris et Washington. Gary Cameron/Reuters

Le président américain Barack Obama a assuré hier, en recevant son homologue français François Hollande à la Maison-Blanche, que Paris et Washington devaient relever les défis auxquels le monde est confronté. « Davantage de nations doivent prendre leurs responsabilités, faire preuve de leadership, et c'est ce que font ensemble les États-Unis et la France », a ainsi déclaré M. Obama.


MM. Hollande et Obama ont mis la négociation rapide d'un accord de libre-échange transatlantique au sommet des priorités du partenariat franco-américain, qui n'a jamais été aussi vigoureux, selon les dires du président américain. Le président français a fait valoir que les États-Unis et l'Union européenne avaient tout intérêt à aller vite pour conclure. « Nous avons tout à gagner (...). Sinon, nous savons bien qu'il y aura une accumulation de peurs, de menaces, de crispations », a estimé M. Hollande. « Si nous sommes de bonne foi, si nous sommes respectueux des positions des uns et des autres, si nous sommes attachés (...) à la croissance, nous pouvons aller vite », a-t-il plaidé.

Les États-Unis et l'UE souhaitent aboutir à un accord avant l'expiration du mandat de l'actuelle Commission européenne, en octobre 2014, même si certains experts s'attendent à ce que les pourparlers se prolongent jusqu'en 2015.


Le consensus retrouvé entre MM. Obama et Hollande sur ce dossier illustre le réchauffement des liens entre Paris et Washington, opposés il y a seulement quelques mois sur ce dossier. Traditionnelle pomme de discorde entre les deux pays, la notion d'exception culturelle, que la France a imposée à la Commission européenne dans ses négociations avec les États-Unis, avait suscité des menaces de représailles de M. Obama, mais les deux dirigeants ont enterré la hache de guerre. « Je veux remercier François pour sa coopération », a dit M. Obama, jugeant l'accord vital pour la croissance de l'économie mondiale.

 

(Lire aussi: Un décor à la Monet pour le dîner d'État de Hollande)


La détente franco-américaine sur ce dossier intervient alors que les deux pays assurent avoir tiré les enseignements des révélations d'Edward Snowden, l'ancien consultant de la National Security Agency (NSA) qui a dénoncé l'espionnage systématique des pays européens par les États-Unis. « Sur la question NSA, à la suite des révélations qui ont été celles de Snowden, nous avons établi une clarification entre le président Obama et moi-même sur le passé », a souligné M. Hollande. « Ensuite, nous avons travaillé à une coopération qui puisse permettre de lutter contre le terrorisme et en même temps de respecter des principes, et nous avançons dans la voie de cette coopération », a-t-il ajouté. « Il y a une confiance mutuelle qui a été restaurée et qui doit être fondée sur le respect de chacun de nos pays et également sur la protection de la vie privée de ce qu'on appelle les données personnelles, de ce qui fait que chaque individu peut malgré les progrès technologiques être sûr qu'il n'est pas surveillé », a-t-il conclu.


M. Obama a par ailleurs accepté de soutenir M. Hollande dans sa volonté de faire de la conférence de Paris, en 2015, un succès dans la lutte contre le réchauffement climatique via un nouvel accord mondial pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.


M. Hollande était arrivé en matinée à la Maison-Blanche, où il a été accueilli par Barack et Michelle Obama au second jour d'une visite d'État riche en symboles et en décorum. La journée s'est achevée par un fastueux dîner d'État. La veille, M. Hollande avait célébré aux côtés de M. Obama le lien d'amitié qui unit Paris et Washington, lors d'une visite à Monticello, le domaine bâti par le troisième président américain, le très francophile Thomas Jefferson. « Alliés nous l'étions au temps de Jefferson et de La Fayette, alliés nous le sommes encore aujourd'hui, amis nous l'étions ou ils l'étaient au temps de Jefferson et de La Fayette, amis nous le sommes pour toujours », avait ainsi déclaré le chef de l'État français.

 

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