Monticello, la demeure du président Thomas Jefferson. Toute une symbolique.
Le président Obama a tenu à marquer la visite d'État qu'effectue le président Hollande par la mise en relief des relations et de l'alliance historiques entre les deux pays, dont Thomas Jefferson (troisième président des États-Unis) était l'un des champions. Ainsi, dès l'arrivée hier après-midi du président français, son hôte l'a immédiatement embarqué à bord de l'avion Air Force One pour l'emmener visiter Monticello, le manoir que s'était fait construire Jefferson à Charlottesville (État de Virginie). Il avait lui-même conçu l'architecture dans un style palladien et l'avait entouré d'un large domaine principalement planté de vignes, car il était épris d'œnologie. Jefferson aurait même introduit aux États-Unis le muscat de Frontignan et la crème brûlée. Sa passion pour la France avait culminé lorsqu'il y avait été ambassadeur de son pays, de 1785 à 1789, développant les relations entre les deux pays à plusieurs niveaux, prenant goût à la vie parisienne et fréquentant les salons littéraires.
Un privilège
Cette attention américaine particulière pour l'Hexagone honore, selon un expert en politique étrangère, « son constant et solide partenariat avec les États-Unis, notamment en Syrie, au Mali, en Libye et en Iran ». Une position d'autant plus appréciable que l'allié traditionnel britannique a échoué à appuyer M. Obama dans sa tentative de frappe en Syrie. Sans compter que le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, lui a évité d'être le plus dur parmi les durs dans les négociations avec l'Iran. Selon un membre du Conseil national de sécurité américain, le partenariat avec la France s'inscrit ainsi dans la ligne politique du président Obama, peu enclin à jouer le policier du monde.
La coutume veut que les visites d'État de dirigeants étrangers ne soient pas fréquentes car elles symbolisent une stature et des relations privilégiées impliquant tout un cérémonial : dîner de gala et pourparlers. À noter que les cartons d'invitation pour le dîner de M. Hollande ont dû être réimprimés après sa rupture d'avec sa compagne. Reste à savoir quelle personne occupera la place de Valérie Trierweiler à table, au côté du président Obama. La première visite du président Hollande, en 2012, s'inscrivait dans le cadre de la réunion du G8. En 2007, celle du président Nicolas Sarkozy était placée dans la catégorie « visite de travail ».
L'alliance renouvelée
Quant à la parenthèse historico-culturelle ajoutée au programme du séjour du chef de l'État français, elle vient conforter l'importance donnée à une coopération déjà bien partie. La touche personnelle de M. Obama faisant faire à M. Hollande le tour du propriétaire est un bon jalon pour l'avenir. Un tour riche en symboliques francophiles comme l'était le propriétaire des lieux, Thomas Jefferson, qui avait fait partie de l'élite des Lumières et connu les plus grands esprits de son époque. Grand homme d'État et président des États-Unis de 1801 à 1809, Jefferson était également philosophe, agronome, inventeur et architecte. Il était en outre très attaché aux droits de l'homme, pour lesquels il a volontairement lutté. L'on compte à son actif sa participation à la rédaction d'une partie de la « Déclaration d'indépendance » américaine. Monticello est aujourd'hui un musée. Les visiteurs peuvent accéder à toutes les pièces de la maison, sauf le dernier étage. Elle a été inscrite par l'Unesco en 1987 au patrimoine mondial de l'humanité.
Enfin, cerise sur le gâteau, le Washington Post a publié hier un éditorial cosigné Barack Obama et François Hollande intitulé : « Une alliance renouvelée ».
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