À la veille de sa rencontre avec la ministre italienne des Affaires étrangères Emma Bonino qui arrive aujourd'hui à Beyrouth, le ministre Adnane Mansour est convaincu que la lutte contre le terrorisme devrait désormais mobiliser tous les efforts locaux, régionaux et internationaux. En dépit des campagnes de dénigrement qui le visent régulièrement, en raison notamment de ce qui est considéré par le 14 Mars comme sa position tendancieuse à l'égard de la crise syrienne, Mansour rappelle qu'il avait commencé il y a trois ans à tirer la sonnette d'alarme sur la possibilité d'extension au territoire libanais du feu syrien.
Malheureusement, tout ce qu'il avait dit à l'époque et qui avait suscité un tollé dans certains médias s'est vérifié. Aujourd'hui, les cellules d'el-Qaëda sont bel et bien implantées au Liban. Il y a même eu une déclaration d'allégeance officielle au Front al-Nosra et à Daech, alors que les attentats à la voiture piégée, menés par des kamikazes, se multiplient. C'est pourquoi le ministre Mansour appelle les différentes parties libanaises à abandonner le recours aux vexations et les considérations politiciennes parce que le danger qui pèse sur le Liban est trop grave pour être ignoré ou traité à la légère. Mansour révèle ainsi que de plus en plus d'interlocuteurs internationaux, en particulier européens, évoquent la menace terroriste et les moyens de l'affronter et, selon lui, ce thème est en train de devenir la priorité des priorités sur les plans local, régional et international.
Adnane Mansour, qui ne se départit jamais de son calme et de sa courtoisie, même lorsque les critiques pleuvent sur lui, rappelle que la pensée takfiriste était présente au Liban bien avant la crise syrienne et il cite pour exemple la bataille de Nahr el-Bared en 2007 entre l'armée et Fateh el-Islam, affilié à el-Qaëda. Il précise que la crise syrienne a certes compliqué la situation, car les Libanais se sont aussitôt divisés à ce sujet, certains appuyant la révolution et d'autres le régime. Mais, depuis le début, il avait lui-même déclaré que cette crise ne se limite pas à la Syrie, il s'agit d'un dossier à la fois syrien, régional et international. « Le gouvernement a alors décidé d'adopter la politique de dissociation à l'égard du dossier syrien, mais le problème, c'est que ce dossier ne s'est pas dissocié du Liban », dit-il, ajoutant que les conséquences de la crise syrienne sur le Liban ne se limitent pas aux 185 km2 de frontières communes.
La crise syrienne a donc amplifié les divisions internes, mais elle a surtout permis à la pensée takfiriste de s'étendre au sein des sociétés du Machrek, lesquelles sont pourtant basées sur la diversité, la tolérance et l'ouverture, grâce notamment au fait que leur tissu social regroupe plusieurs minorités. Selon Mansour, la pensée takfiriste basée sur la création d'un califat islamique est non seulement étrangère aux pays de la région, mais elle menace également leurs sociétés d'éclatement. Mais chaque fois qu'il attirait l'attention sur ce danger, il était accueilli par des critiques basées sur des considérations de politique interne. Aujourd'hui, le danger est devenu une réalité et elle n'a rien à voir avec la participation du Hezbollah aux combats en Syrie, puisque l'affaire du bateau Loutfallah 2 est antérieure à cette participation, tout comme le guet-apens de Tall Kalakh dans lequel 17 Libanais originaires du Nord avaient péri.
Mansour avait même déclaré il y a deux ans que le Liban ne peut pas accepter d'ouvrir un autre camp Achraf (celui qui entraîne les extrémistes en Irak) et ses villes ne peuvent se transformer en Kandahar. Il avait alors essuyé de nombreuses critiques, qu'il avait accueillies avec sérénité, comme il le fait aujourd'hui, lorsqu'on prétend qu'il a dit que les tirs sur le Akkar « sont des tirs amis ». Mansour est catégorique, il n'a jamais dit cela, ni en public ni en privé, car il ne lui viendrait jamais à l'esprit pour quelque raison que ce soit de justifier des tirs contre le Liban, d'où qu'ils viennent. De plus, avant de s'exprimer sur des faits de ce genre, il attend le rapport officiel de l'armée et des services de sécurité. Or lorsque la nouvelle a été lancée, il n'avait pas encore reçu ces rapports...
Au sujet de la Conférence de Genève 2, Mansour rappelle que, comme d'habitude, il ne fait que refléter dans ses discours la position officielle libanaise, qui est de ne pas prendre parti pour un camp ou l'autre, ni le régime ni l'opposition. Mais lorsque le représentant de la Coalition nationale syrienne a traité le Hezbollah de milice, il s'est cru obligé de répondre et de mettre les points sur les « i ». Il l'aurait fait si une autre formation libanaise avait été mise en cause à une tribune internationale. Il a d'ailleurs reproché à Ahmad Jarba d'avoir remercié la Turquie, l'Irak, la Jordanie, l'Égypte et même le Kurdistan pour leur accueil des réfugiés syriens, en prenant soin de ne pas citer le Liban, pourtant, selon lui, « le plus petit pays qui supporte le plus grand poids ».
Mansour est en tout cas pessimiste au sujet d'une solution rapide du conflit syrien, ajoutant qu'il l'était déjà pour Genève 2 et que rien n'indique que la solution est proche. Pourtant, les flammes s'étendent de plus en plus. C'est pourquoi il a proposé la tenue d'une conférence régionale pour la lutte contre le terrorisme takfiriste. Selon lui, nul ne peut croire que la démocratie peut venir de ce terrorisme. Celui-ci ne peut engendrer que le chaos et il s'étend de plus en plus au Liban, en Syrie, en Irak et peut-être ailleurs.
Sur le plan du gouvernement, il reconnaît que certaines parties veulent se débarrasser de lui, car « elles veulent un ministre qui accepte sans mot dire toutes les décisions de la Ligue arabe, mais je reste convaincu que j'ai servi l'intérêt du Liban et de tous les Libanais. Car si le Liban avait adopté des positions en faveur de l'opposition, la situation du pays aurait-elle été meilleure ? »...
Pour mémoire
Malheureusement, tout ce qu'il avait dit à l'époque et qui avait suscité un tollé dans certains médias s'est vérifié. Aujourd'hui, les cellules d'el-Qaëda sont bel et bien implantées au Liban....


On est tous temoin depuis des annees par la plume de Scarlett que le pays est infecte par les salafowahabites bensaoudiques et autres takfiristes d'est en ouest du globe terrestre .On est tous conscient que les aveugles ecerveles ne voulaient ni voir ni penser , comment auraient ils pu ? regardons l'avenir , et cette conference que notre MAE appellee de tous ses voeux devraient etre accueilli par toutes les femmes et hommes de bonne foi , etant donne que des resultats se font deja voir sur l'arrestation de canailles takfiristes chez nous . Saluons les hommes qui se sont mis au travail et sur lesquels on compte pour nous decrotter cette vermine du pays et sur un plan regionale comme national et international , les beneficiaires seront nous autres , nous tous , meme les sarcastiques . Leur chef bandar est hospitalise aux us, attendons le diagnostique .
15 h 32, le 04 février 2014