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Obama et les jihadistes européens

Le ministre français de l'Intérieur, Manuel Valls, a exprimé le week-end dernier sa vive inquiétude concernant le nombre croissant de jihadistes français qui se rendent en Syrie pour participer aux combats contre le régime. M. Valls a précisé que près de 700 jeunes Français sont ainsi impliqués dans le conflit, ce qui constitue une sérieuse source de préoccupations du fait des conséquences que cette situation risquerait d'avoir au plan sécuritaire après le retour de ces jihadistes en France. M. Valls a précisé dans ce cadre que la plupart des pays européens, mais aussi l'Australie, les États-Unis et le Canada, sont touchés par ce phénomène.


À Londres, le Daily Telegraph a rapporté le témoignage d'un jihadiste déserteur qui a affirmé que la Qaëda « entraîne des centaines de Britanniques qui combattent en Syrie », soulignant que d'autres recrues venant d'Europe et des États-Unis sont entraînées à fabriquer des voitures piégées avant d'être renvoyées chez elles pour former des cellules terroristes. Déjà en décembre dernier, les ministres français et belge de l'Intérieur avaient mis en garde contre l'impact possible de la participation de nombreux jeunes Européens dans les combats en Syrie aux côtés des groupes jihadistes.


Le diagnostic sur ce plan est peut-être exagéré, mais la situation n'en demeure pas moins alarmante. Et force est de relever, sans détours ni complaisance, qu'elle est en grande partie la conséquence de la politique suivie depuis près de trois ans par le président Barak Obama au sujet de la crise syrienne. Car lorsque la répression sanglante et la tyrannie ne trouvent comme réponse que la passivité de la part des décideurs, qu'ils soient locaux ou internationaux, elles débouchent alors inéluctablement sur un profond ressentiment qui peut facilement conduire à la radicalisation des positions, à la violence et à des attitudes irrationnelles.


Dans le cas de la Syrie, l'administration Obama a péché à plus d'un titre et les retombées de sa ligne de conduite ont largement dépassé le cadre syrien pour provoquer des ondes de choc jusqu'en Europe ou aux États-Unis, comme le relève le ministre Valls. L'administration Obama a péché d'abord dès le début du soulèvement en pratiquant, dans les faits, la politique de l'autruche alors que le clan Assad bénéficiait du soutien politique quasi inconditionnel de la Russie et d'un appui iranien – militaire, logistique et financier – illimité. Le chef de la Maison-Blanche a de ce fait indirectement entraîné les opposants à prendre les armes pour se défendre face aux massacres et à la barbarie auxquels se livrait aveuglément le régime.


Pire encore : le président Obama a fait par la suite systématiquement obstruction à la livraison d'armes qualitatives aux rebelles alors que le pouvoir lâchait sans sourciller ses avions de combat, ses hélicoptères, ses tanks, son artillerie lourde et ses missiles balistiques contre la population civile. Il en a résulté un phénomène classique dans ce genre de situation : la radicalisation des combattants ; ces derniers, se voyant délaissés concrètement par ceux qui se contentaient de belles paroles pour manifester leur « soutien », ont rejoint sans hésiter les rangs des organisations radicales.


La frustration ainsi que l'absence d'aide et de secours réels entraînent inéluctablement en situation de guerre un tel alignement. Si bien que les groupes jihadistes, totalement marginaux au départ, ont gagné en influence sur le terrain à mesure que l'appui massif irano-russe allait crescendo et que la passivité de l'administration Obama se faisait plus pesante. Sans compter que le régime Assad n'a pas manqué de stimuler lui-même, ou tout au moins de manipuler diaboliquement – comme il l'a déjà fait au Liban puis en Irak – ces mêmes mouvements jihadistes qu'il brandit cyniquement comme un épouvantail pour se redonner une légitimité perdue face à l'Occident. Le chef du Quai d'Orsay, Laurent Fabius, ne s'y est pas trompé en relevant il y a quelques jours, fort à propos, que « c'est le régime syrien qui nourrit le terrorisme ».


Devant l'inqualifiable mutisme du chef de la Maison-Blanche face au matraquage continu de la population civile à coups de barils bourrés d'explosifs, de missiles balistiques et de roquettes tirées par l'aviation de Bachar el-Assad, peut-on s'étonner de la réaction de certains jeunes Européens ? M. Valls a d'ailleurs souligné que pour ces jeunes, ce combat en Syrie « apparaissait juste, puisque toutes les grandes puissances condamnaient les agissements du régime de Bachar el-Assad ». Sauf qu'à l'exception notoire de la France et peut-être de la Grande-Bretagne, cette condamnation est restée verbale. Et c'est à ce niveau que le chef de la Maison-Blanche a aussi péché. Car en passant sous silence la barbarie du clan Assad, et en lui garantissant ainsi l'impunité qu'il recherche pour faire fonctionner à plein rendement sa machine de guerre, le président Obama semble signifier que tous les beaux discours passés sur la défense des droits de l'homme, de la dignité humaine et des libertés publiques ne sont en définitive que de la poudre aux yeux. Peut-on s'étonner dès lors qu'il ait provoqué de la sorte une profonde crise morale non seulement au sein d'une certaine jeunesse européenne, mais également parmi ceux qui, au Liban et dans la région, avaient foi dans ces valeurs que d'aucuns au sein de l'administration Obama paraissent avoir relégué aux oubliettes ?

Le ministre français de l'Intérieur, Manuel Valls, a exprimé le week-end dernier sa vive inquiétude concernant le nombre croissant de jihadistes français qui se rendent en Syrie pour participer aux combats contre le régime. M. Valls a précisé que près de 700 jeunes Français sont ainsi impliqués dans le conflit, ce qui constitue une sérieuse source de préoccupations du fait des...
commentaires (2)

Bravo pour cette 'Perspective' de M Touma ! Avec son silence, ses hésitations, sa passivité, et -pourquoi ne pas le dire en toute franchise- sa lâcheté, le président US Barack Obama a provoqué la passivité de l'Occident également à aider l'opposition syrienne modérée, surtout en armes nécessaires pour la défense du peuple syrien contre le déluge de feu quotidien du régime de Damas. Le résultat ne pouvait être que celui qu'on a vu : Les islamistes extrémistes et radicaux dominant le terrain en Syrie et leurs semblables accourant des pays de l'Occident même pour se joindre à eux. Et voilà al-Qaeda bien établie et consolidée dans ce pays et entraînant ces éléments "occidentaux" à retourner et semer terrorisme et mort là d'où ils sont venus, comme le craignent fort, et avec raison, les ministres de l'Intérieur de la France et de la Belgique. Il ne faut surtout pas oublier le rôle du président russe, Valdmir Poutine, ainsi que des mollahs d'Iran dans cet exploit d'implantation fantastique d'al-Qaeda en Syrie. Cela, par leur soutien inconditionnel et illimité, politiquement, financièrement et en armements meurtriers au clan Assad et qui a permis un véritable génocide de ce dernier contre le peuple syrien.

Halim Abou Chacra

06 h 39, le 21 janvier 2014

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Commentaires (2)

  • Bravo pour cette 'Perspective' de M Touma ! Avec son silence, ses hésitations, sa passivité, et -pourquoi ne pas le dire en toute franchise- sa lâcheté, le président US Barack Obama a provoqué la passivité de l'Occident également à aider l'opposition syrienne modérée, surtout en armes nécessaires pour la défense du peuple syrien contre le déluge de feu quotidien du régime de Damas. Le résultat ne pouvait être que celui qu'on a vu : Les islamistes extrémistes et radicaux dominant le terrain en Syrie et leurs semblables accourant des pays de l'Occident même pour se joindre à eux. Et voilà al-Qaeda bien établie et consolidée dans ce pays et entraînant ces éléments "occidentaux" à retourner et semer terrorisme et mort là d'où ils sont venus, comme le craignent fort, et avec raison, les ministres de l'Intérieur de la France et de la Belgique. Il ne faut surtout pas oublier le rôle du président russe, Valdmir Poutine, ainsi que des mollahs d'Iran dans cet exploit d'implantation fantastique d'al-Qaeda en Syrie. Cela, par leur soutien inconditionnel et illimité, politiquement, financièrement et en armements meurtriers au clan Assad et qui a permis un véritable génocide de ce dernier contre le peuple syrien.

    Halim Abou Chacra

    06 h 39, le 21 janvier 2014

  • Six années après la Cédraie, se produisit une autre éruption du volcan révolutionnaire, un tremblement de terre, qui ébranla tout ce "croissant fertilisé(h)" ! Même certains maronitiques pâmés commençaient à bouger, bien que, depuis leur guerre de "libération" la mal-nommée, les bääSSdiotistes les aient tenu maternellement en laisse. On vit plus étrange encore. De toutes les Saintes cités syriennes, Derää fut la 1ère à construire des barricades, et, qui plus est, avec succès. Cette fois, et peut-être pour l’unique fois dans sa minable histoire, le bääSSyriaNique perdit la tête. Le lionceau bääSSdiot n’osa plus haranguer sa foule en folie. Il lança un manifeste à son peuple nusayrî pour l’informer que la "peste" Cédraie avait contaminé ses Syriens nias, qu’elle s’approchait des frontières de sa bääSSyrie et que, dans sa folie, cette Révolution syrienne dirigerait ses regards fiévreux sur Kardâhhâh et Laodicée, ces "pures" äalaouïtes. Quoi d’étonnant ! Cette libanaise contrée avait été, pendant de longues années, le foyer de l’incroyance ; et le cancer de sa grande culture sacrilège avait rongé la force vitale de son peuple äalaouïtique, apparemment sain au sens strict bääSSyrien . Et termina par cette apostrophe aux Libanais et aux Syriens Sains : "L'exotique fakkîh Per(s)cé est avec nous ! Sachez-le bien, Païens sains ! Soumettez-vous, car même (ä)Israël et l’Amérique sont avec nous." !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    02 h 07, le 21 janvier 2014

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