Des policiers en treillis et des membres armés des tribus montent la garde dans une rue de Ramadi, en Irak, où ils combattent les insurgés liés à el-Qaëda. Azhar Shallal/AFP
Des hommes armés liés à el-Qaëda contrôlaient hier la moitié de Falloujah ainsi que des rues de Ramadi, dans la province d'al-Anbar majoritairement sunnite, devenue un haut lieu de la contestation contre le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki.
À Fallouja, les forces spéciales de l'armée combattent les insurgés, a indiqué leur commandant. « Nous sommes entrés dans Falloujah », a ainsi déclaré le général Fadel al-Barwari, faisant état de « combats acharnés ». Un témoin a indiqué que les insurgés avaient mis en place des points de contrôle dans le centre et le sud de la ville. À Ramadi, ce sont des policiers et des tribus qui combattaient les insurgés. Les affrontements se déroulaient dans l'est de la ville, où ont déferlé des dizaines de camions transportant des hommes lourdement armés scandant des chansons louant l'État islamique en Irak et au Levant. Les insurgés, qui criaient notamment « Notre État (islamique) est victorieux », brandissaient des drapeaux noirs frappés de la profession de foi islamique.
Les heurts entre l'armée et des groupes armés ont débuté lundi dans le secteur de Ramadi suite au démantèlement d'un camp de protestataires antigouvernementaux, présenté comme un « repaire d'el-Qaëda ». Ces violences, qui ont rapidement gagné Falloujah, ont déjà fait 14 morts au moins. Pour éviter une escalade de la violence, le Premier ministre avait demandé mardi à l'armée de se retirer de Ramadi et Falloujah. Mais il est revenu sur sa décision mercredi, décidant au contraire d'envoyer des renforts militaires après de nouvelles violences, des hommes armés ayant incendié plusieurs commissariats et libéré une centaine de prisonniers dans un poste de police. Hier, le ministère de l'Intérieur a appelé les membres de la police qui ont abandonné leur poste dans la province d'al-Anbar à les regagner rapidement sous peine de sanctions. « Ils doivent y retourner pour faire face à l'offensive terroriste qui vise notre peuple (...) », a indiqué le ministère.
Attentat-suicide
D'autre part, un attentat-suicide à la voiture piégée a fait au moins 13 morts hier près de la ville de Baaqouba, a rapporté la police. L'explosion, à proximité de concessionnaires automobiles dans la ville de Baladruz, a également fait 25 blessés. Selon l'ONG Iraq Body Count, qui répertorie les victimes civiles des violences depuis l'invasion américaine, l'année 2013 a été la plus meurtrière depuis cinq ans, avec 9 475 civils tués.
Par ailleurs, les forces de sécurité irakiennes ont arrêté hier le chef d'un groupuscule chiite pro-iranien qui avait revendiqué des tirs d'obus de mortier sur l'Arabie saoudite en novembre, a rapporté un colonel de police. Wathiq al-Battat, commandant de Jaych al-Mokhtar, a été arrêté sur l'avenue Palestine à Bagdad, a indiqué cet officier sans toutefois préciser s'il avait été arrêté pour les tirs d'obus ou pour d'autres accusations. Enfin, un oléoduc reliant le Kurdistan irakien au terminal pétrolier turc de Ceyhan est entré en service, mais le brut provenant de la région autonome ne sera pas mis sur le marché international sans l'aval de Bagdad, a annoncé le ministre turc de l'Énergie, Taner Yildiz.
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À Fallouja, les forces spéciales de l'armée combattent les insurgés, a indiqué leur commandant. « Nous sommes entrés dans Falloujah », a ainsi déclaré le général Fadel al-Barwari, faisant état de « combats acharnés ». Un témoin a indiqué que les insurgés avaient mis en place des points de contrôle dans le centre et le sud de la ville. À Ramadi, ce sont des policiers et des tribus qui combattaient les insurgés. Les affrontements se déroulaient dans l'est de la ville, où ont déferlé des dizaines de camions transportant des hommes lourdement armés scandant des...


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16 h 43, le 03 janvier 2014