Les deux membres du groupe Pussy Riot Maria Alekhina (à gauche) et Nadejda Tolokonnikova ont retrouvé la liberté après avoir été amnistiées par Vladimir Poutine. Photos Anastasya Makarycheva/ Maksim Blinov/AFP
Conforté par une série de succès, le président Vladimir Poutine veut, en graciant l'ex-magnat critique du Kremlin Mikhaïl Khodorkovski et en amnistiant les membres du groupe Pussy Riot, montrer que rien ne menace sa suprématie en Russie.
« Cela ressemble à une grâce monarchique offerte par Poutine au moment où il fête les succès de la politique étrangère russe et il n'a pas peur que ça soit perçu comme une faiblesse », estime Nikolaï Petrov, de la Haute École d'économie de Moscou. La décision de libérer ses farouches opposants, à quelques mois de la fin de leur peine, rappelle les grands gestes des empereurs romains – qui accordaient la vie sauve à leurs esclaves gladiateurs au dernier moment. « Poutine se sent comme un vainqueur et il est capable ainsi de montrer sa puissance suprême », souligne M. Petrov.
Cette année n'aurait pas pu être meilleure pour le président Poutine. La Russie a affirmé son autorité sur la scène internationale, s'imposant en tant que pacificateur dans le conflit syrien avec la proposition surprise de détruire les armes chimiques syriennes sous le contrôle international, solution alternative aux frappes américaines en Syrie. Contrairement aux attentes, le président syrien Bachar el-Assad est toujours au pouvoir dans son pays, conforté par le soutien de Moscou, le principal allié de Damas.
Un accord conclu fin novembre entre l'Iran et le groupe 5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité – Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie – plus l'Allemagne), visant notamment à limiter les activités nucléaires iraniennes, a abouti à la levée partielle des sanctions occidentales, une mesure longtemps souhaitée par le Kremlin.
Les manifestations proeuropéennes à Kiev contre le rejet, au profit de la Russie, d'un accord d'association avec l'UE semblent perdre de leur élan après l'annonce par Moscou de l'octroi de 15 milliards de dollars à l'Ukraine et de la baisse du prix du gaz russe livré à cette ex-république soviétique. Et en Russie même, le mouvement de contestation, qui avait mobilisé des dizaines de milliers de personnes contre Vladimir Poutine à l'hiver 2011-2012, s'est essoufflé et semble manquer d'une personnalité vraiment capable de rivaliser avec M. Poutine.
Mais Vladimir Poutine, qui pourrait encore briguer un quatrième mandat présidentiel en 2018, aurait tort de s'endormir sur ses lauriers, l'économie russe donnant de plus en plus de signes d'une croissance faible, plombée notamment par l'échec du président de créer un climat favorable aux entreprises privées et de réformer le système judiciaire.
Les Pussy Riot libres
C'est dans ce contexte de succès en série que les deux jeunes femmes emprisonnées du groupe contestataire russe Pussy Riot, Maria Alekhina, 25 ans, et Nadejda Tolokonnikova, 24 ans, ont retrouvé la liberté hier après avoir été amnistiées et ont aussitôt montré qu'elles n'avaient rien perdu de leur esprit combatif. Toutes deux arrêtées en mars 2012 pour avoir chanté une prière « anti-Poutine », elles devaient initialement être libérées en mars prochain.
(Pour mémoire: L'appel au secours d'une Pussy Riot)
Dès leur sortie, les deux jeunes femmes ont eu des mots très durs à l'égard du pouvoir russe. « La Russie est construite sur le modèle d'une colonie pénitentiaire et c'est la raison pour laquelle il est si important de changer les colonies pour changer la Russie de l'intérieur », a par exemple déclaré Mme Tolokonnikova. Sur l'amnistie qui a permis sa libération, approuvée mercredi dernier par le Parlement russe à l'occasion des 20 ans de la Constitution russe, elle a jugé que c'était un geste « ridicule ». « Pourquoi ont-ils fait tout cela ? C'est clair : pour que l'on ne boycotte pas complètement la Russie aux Jeux olympiques », a-t-elle affirmé à la radio Echo de Moscou.
Maria Alekhina, visiblement en bonne forme, a aussi fustigé cette loi qui prévoit entre autres de libérer les personnes condamnées pour « hooliganisme » et les mères d'enfants mineurs. « Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un geste d'humanisme, mais plutôt d'une opération de communication », a asséné la jeune femme, mère d'un petit garçon, Philippe, dans un premier entretien par téléphone à la chaîne câblée Dojd. Elle a dénoncé une loi qui ne concerne « même pas 10 % » des détenus et affirmé qu'elle aurait refusé cette amnistie si elle avait eu le choix.
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Poutine le péroniste
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Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
On ne peut pas faire confiance aux russes. L'histoire est plein d'exemple de leurs exploits guerriers par des petits pays interposés. Yalta? Le blocus de Berlin? Vietnam? Chine? l'Espagne? Et aujourd'hui une étroite collaboration avec l'Iran... en cachette, comme d'habitude Si on imagine les organisations humanitaires implantées en Russie, elles vont fouiner partout... Les droits de l'Homme? depuis Staline, aucun chef d'état russe n'a admis les droits de l'homme. Les camps de concentration sont là, en preuve! En tout cas, devant l'immobilisme d'Obama, il se montre l'homme de l'année 2013
15 h 24, le 24 décembre 2013