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Liban - Intempéries

Le mauvais temps, une véritable épreuve pour les réfugiés syriens au Liban

La tempête Alexa a surtout mis en évidence la précarité de la situation de centaines de milliers de réfugiés syriens pris entre le marteau de l'État, qui leur interdit les habitations en dur, et l'enclume de la communauté internationale, qui rechigne à débloquer les aides financières nécessaires.

Fuyant le déluge de feu en Syrie, installés dans des camps de fortune, les réfugiés disposent de très peu de moyens pour affronter un hiver rude. Photo Michel Hallak

Des femmes et des enfants grelottant de froid, mal chaussés, mal habillés, se tiennent près de tentes de fortune couvertes d'une épaisse couche de neige qui laisse quand même transparaître, sur les côtés, des bâches en nylon censées servir d'isolant et des pneus jetés sur les toits pour empêcher le vent d'emporter la toile : telles sont ces images que les médias ont relayées hier et qui montrent l'ampleur du drame que vivent les populations déplacées de Syrie, installées dans des camps de fortune disséminés dans le Akkar et dans la Békaa où les températures étaient négatives hier et où le froid a été accentué par le blizzard qui a soufflé sur le nord du pays, en particulier.


Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) s'est mobilisé en coopération avec l'armée et le ministère des Affaires sociales pour distribuer des couvertures et fournir de l'argent pour le chauffage, mais ces efforts restent largement en deçà de ce qui devrait être entrepris pour assurer un minimum de vie digne à des dizaines de milliers de familles.

« Aujourd'hui, l'armée a commencé à distribuer dans la Békaa des kits logement (pour isoler les abris). Nous avons mobilisé nos stocks d'urgence (couvertures, vêtements, coupons de fuel...) pour les municipalités de façon à ce qu'elles puissent réagir très vite face à des situations d'urgence. Nous avons aussi fourni des chasse-neige à Ersal et Qobeyate pour dégager les routes. Et nous essayons d'optimiser tout l'espace disponible pour loger dans des centres collectifs les familles dont la tente a été inondée. Mais le principal défi est la capacité de logement. Il n'y a plus de place », a déclaré Dana Sleiman, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), à notre collègue Anne Ilcinkas (www.lorientlejour.com).

 

(Lire aussi : Au Liban, 80.000 réfugiés syriens vivent sous des tentes de fortune balayées par la pluie et la neige)


Mais en dépit de ces efforts, la porte-parole du HCR, Lisa Abou Khaled, a fait part d'inquiétudes pour les réfugiés vivant dans plus de 200 camps informels dans le nord et l'est du pays. « Nous sommes préoccupés parce qu'il fait un froid glacial dans la région de la Békaa et nous sommes extrêmement inquiets pour les réfugiés vivant dans des campements sauvages », a-t-elle affirmé à l'AFP.
Dans la Békaa, les températures sont passées depuis quelques jours au-dessous de zéro. « L'eau s'est infiltrée dans les tentes depuis les toits et le sol, provoquant des inondations », a indiqué Wafiq Khalaf, membre du conseil municipal de Ersal à l'AFP, ajoutant que le sol en ce moment était recouvert de plus de 10 centimètres de neige.

 

(Lire aussi : Un plan à long terme pour les réfugiés syriens)

 

 

 

Fermeture des écoles
Malgré les conditions météo, M. Khalaf a indiqué que les réfugiés continuaient d'affluer, dont quelque dix familles fuyant la ville syrienne de Yabroud, dans la région du Qalamoun, dernier bastion rebelle dans cette zone que l'armée du régime tente de reprendre.


Dans le reste du pays, la neige a recouvert l'ensemble des montagnes à partir de 800 mètres et les averses du matin n'ont pas provoqué des inondations, mais elles ont été responsables, sur l'autoroute de Saïda, du décès d'un couple dans un accident de voiture et d'un carambolage sur la route de Dahr el-Baïdar. Des vents très forts ont déraciné des cyprès dans le Akkar et détruit des champs au sud du pays.
Le mauvais temps est appelé à durer encore jusqu'à samedi et permettra aux skieurs de dévaler les pentes enneigées à partir de ce jour, avec la régression des masses d'air froid qui intéressent le bassin oriental de la Méditerranée et qui sont responsables des chutes de pluies et de neige.


Pour aujourd'hui, jeudi, la météo prévoit de larges éclaircies dans la journée, mais une reprise des averses dans la nuit qui se poursuivront tout le long de la journée de vendredi. Il n'en demeure pas moins que le ministre sortant de l'Éducation, Hassan Diab, a annoncé la fermeture des écoles publiques et privées, pour la deuxième journée consécutive, aujourd'hui. Les garderies seront également fermées. Pourtant, l'ordre de fermeture n'a pas été suivi et de nombreux établissements scolaires privés, notamment sur le littoral, ont dispensé normalement les cours.

 

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Des femmes et des enfants grelottant de froid, mal chaussés, mal habillés, se tiennent près de tentes de fortune couvertes d'une épaisse couche de neige qui laisse quand même transparaître, sur les côtés, des bâches en nylon censées servir d'isolant et des pneus jetés sur les toits pour empêcher le vent d'emporter la toile : telles sont ces images que les médias ont relayées hier et qui montrent l'ampleur du drame que vivent les populations déplacées de Syrie, installées dans des camps de fortune disséminés dans le Akkar et dans la Békaa où les températures étaient négatives hier et où le froid a été accentué par le blizzard qui a soufflé sur le nord du pays, en particulier.
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