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Liban

Au paradis du « mariage civil », Libanais ou Israéliens se disent oui...

Chypre

« Je ne pense pas que le mariage civil soit légalisé avant longtemps dans les pays de la région ».

OLJ/AFP
07/12/2013

Ils arrivent de Beyrouth et Tel-Aviv pour échanger leurs vœux sur l'île d'Aphrodite, des couples mixtes ou athées sont de plus en plus nombreux à venir chercher à Chypre un droit que leurs pays n'accordent pas : celui de se marier civilement. Le nombre de couples libanais venus s'y marier a doublé entre 2007 et 2012.


« Nous n'avons pas la même religion », regrette Yohana, portant une robe blanche qu'elle vient de sortir de sa valise. Pour épouser son fiancé chrétien, cette jeune Libanaise qui est druze – une branche hétérodoxe de l'islam – a choisi d'atterrir à Chypre, à moins d'une heure de vol de Beyrouth. Dans ces terres européennes, affectées par la crise économique, une journée et 281,92 euros versés à la municipalité permettent d'obtenir le précieux certificat de mariage.
« Leurs familles sont très ouvertes sur ce mariage (mixte). Le plus important pour eux, c'est que le couple soit heureux », affirme Liliya, une amie, au sortir de la courte cérémonie.


En dépit de timides tentatives de légalisation d'un mariage civil en Israël et au Liban, les citoyens des deux pays sont chaque année plus nombreux à venir se marier à Chypre, pays à majorité orthodoxe où le mariage civil est légal depuis 1990.

 

Évolution des mentalités
Parmi les huit couples qui patientent ce matin-là dans l'étroite salle d'attente de la mairie de Nicosie, ils sont
nombreux à souligner l'évolution des mentalités dans leurs pays.


Nathanaël, un Israélien revendiquant son athéisme, est ainsi venu à Larnaca en compagnie d'une douzaine de proches.
« Ce n'était pas un énorme mariage et comme Chypre est près de chez nous, nous avons pu venir avec notre famille », se réjouit sa jeune épouse Hili, émue aux larmes de voir ses parents accepter leur décision de s'unir hors de la religion.
Sa belle-sœur Rotem, bien que mariée religieusement en Israël, se réjouit de leur initiative. « Je regrette que dans notre pays, il n'y ait pas plus d'options », déplore-t-elle.

 

Des revenus contre la crise
À l'Office du tourisme de Chypre, Antigoni Kapodistria, chargée de promouvoir les mariages d'étrangers, table sur une hausse de ces unions. « Je ne pense pas que le mariage civil soit légalisé avant longtemps » dans les pays de la région, affirme-t-elle.
Selon ses chiffres, 8,5 % des entrées touristiques en 2012 sur l'île concernaient des personnes venues pour un mariage et ce tourisme nuptial a augmenté de 13,7 % entre 2011 et 2013.


Outre les couples mixtes ou non croyants, une série d'autres raisons attirent les amoureux à Chypre. La procédure rapide convainc nombre d'entre eux, la validité d'un mariage célébré dans l'Union européenne et les formules clés en main proposées par des agences de voyages pèsent aussi sur leurs décisions.


Enfin, de nombreux Israéliens, de confession juive mais nés à l'étranger, se voient refuser l'accès au mariage par les autorités rabbiniques.
« Ma grand-mère est née en 1903, avant même la révolution d'octobre, les traces de mon état civil sont impossibles à récupérer », regrette Pavel, un jeune homme né en Russie, qui s'est levé à l'aube pour convoler avec sa fiancée Gilatr à Larnaca.
Sa chemise bleue impeccable contraste avec son sac à dos et la carte routière indiquant le chemin aéroport-mairie qu'il tient en main. Après la cérémonie, ces jeunes mariés, qui sont eux venus sans témoins ni famille, ont décidé de profiter d'un long week-end sur les plages chypriotes.

 

Aller-retour dans la journée
Si certains Libanais et Israéliens font l'aller-retour dans la journée, la plupart prolongent leur séjour sur l'île.
Depuis la crise économique qui a touché l'île en mars, les municipalités chypriotes sont plus attentives que jamais à la source de revenus directs que représentent ces mariages.
La mairie de Nicosie met désormais à disposition de nouveaux bâtiments historiques et, à Larnaca, la cérémonie express d'une dizaine de minutes et le bibelot offert à chaque couple visent à satisfaire les jeunes époux et à encourager le bouche-à-oreille.


Antri Tzioni, chargée des mariages au sein de cette municipalité, se réjouit des remerciements reçus par le dernier couple quittant la salle. « Les mariages sont bons pour la ville et pour le tourisme, si les gens apprécient la cérémonie, ils auront envie de revenir ici plus tard », assure-t-elle. 

 

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M.V.

Et les turcs ...ils disent quoi...?

Halim Abou Chacra

Vraisemblablement les peuples du Moyen-Orient sont les peuples les plus bêtes du monde, esclaves de religions qui refusent la moindre évolution. Il y manquait les juifs, qui, avec la création forcée d'Israel, sont au premier rang des fanatiques et arriérés.

Sabbagha Antoine

Enfin un point commun entre Libanais et Israéliens qui se disent oui pour le mariage civil . Verra-t-on un jour la paix civile dans la région se baser sur la laïcité ?.Espérons

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