Nous revoilà dans un nouveau périple de la machine à remonter le temps. Bienvenue à bord ! Cette fois c'est Tripoli qu'on plonge dans la mouise de 1975 : l'attardé mental qui tire, l'enturbanné qui le cache, la noria des patibulaires armés qui cliquettent de la culasse au milieu des torchis éventrés... et les myriades de groupuscules, de barbus, d'imberbes et autres électrons libres qui pigeonnent autour. Bref, une Syrie miniature où l'on s'entrebouffe jusqu'à l'indigestion. Une ville de plus à ajouter au patrimoine mondial de l'art de vivre où l'habitant de base est réduit à la boucler. Pour tout programme, on lui demande de cracher son fric, baisser son froc et applaudir au cessez-le-feu quand on le sonne.
Au bout de 18 rounds, les génies définitifs qui président aux destinées de ce gouvernement bancal ont fini par se rendre à l'évidence : quand une idée ne marche pas, on en change. Encore faut-il que pour changer d'idée, on puisse commencer par en avoir une.
Alléluia, depuis quelques jours c'est chose faite : on envoie l'armée au casse-pipe. Après Nahr el-Bared et son foutraque de Chaker el-Absi, Saïda et son disjoncté d'Ahmad el-Assir, voici venu le tour de Tripoli et ses agités de la chemise de nuit. À ce rythme, elle doit commencer à être bien amortie cette pauvre armée !
Finalement, les véritables neuneus de toute cette histoire restent ces femmes, ces enfants, ces vieillards... Chairs à canon hachées menu par les roquettes et les balles, à qui l'on débite des âneries en tranches à propos d'un tyranneau voisin dont ils se fichent et d'une truellée d'illuminés islamistes qui ne voient le paradis qu'à travers la lingerie des vierges.
Souffrir à l'ombre de "saigneurs" de guerre mafieux, rêver de fêtes dans des maisons assiégées, parler d'avenir sous le fracas des obus. Comment courir vers le bonheur si on n'a plus de jambes ? Comment agiter des guirlandes quand on n'a plus de mains ?
gabynasr@lorientlejour.com


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Quand Tripoli sera "pacifiée", la redoutable milice du sud trouvera un autre lieu pour faire la petite gueguere locale en attendant que se svaleureux combattants reviennent du pays voisin. Il est curieux qu'avec 20.000, 40.000 missiles logés dans un si petit pays pour le défendre contre l'ennemi israélien, il trouve le moyen d'aller des arabes Pourquoi voulez-vous qu’Israël ne soit pas satisfait? Pendant que des arabes s'entretuent entre eux financés par l'Iran, c'est tout économie pour elle. Les libanais ayant encore des jambes et des mains devront les perdre pour la cause d'une milice?
01 h 04, le 07 décembre 2013