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Nos lecteurs ont la parole - Salim F. Dahdah

Qu’attendent les souverainistes pour prendre leur destin national en main ?

Quand un pouvoir politique multiplie les fuites en avant pour couvrir son absence, ses indécisions, sa justice sélective, en bref son incapacité à assumer (malgré la bonne foi de certains de ses membres), c'est qu'il fait faillite ou qu'il est en voie de s'effondrer. Quand des politiques utilisent le mensonge pour affirmer des contre-vérités et justifier leurs exactions et leurs débordements, ils foulent immanquablement aux pieds la dignité du citoyen, ses libertés élémentaires et les principes sacro-saints de la souveraineté nationale et de l'indépendance.
Tel est malheureusement le constat amer que fait tout un chacun au Liban, quand il observe la succession des incidents qui s'y déroulent et l'absence quasi totale de solutions de la part des autorités en place, comme si l'État tournait en « roue libre » du fait de la menace permanente et exclusive d'une de ses principales composantes, le Hezbollah, qui s'est drapé du fanion de la Résistance islamique pour justifier un long chapelet
d'actions politiques provocatrices et arrogantes à l'égard de tous ses opposants, et un déni constant des lois et des règlements en vigueur. Mais dans cette tourmente qui secoue le pays du Cèdre depuis trente ans, que reste-t-il aujourd'hui de la formule de cohabitation multiconfessionnelle qui en a fait sa richesse et sa singularité? Force est de reconnaître que le panorama qui se dégage est pour le moins décevant et inquiétant :
« Un peuple hagard, méfiant et neutralisé, une citoyenneté bafouée, une scène politique intérieure profondément divisée, et enfin un État otage de ravisseurs qui cherchent, sous le couvert d'un grand leurre stratégique, à changer l'identité constitutionnelle de la République. »
Chaque jour apporte en effet son lot de déstabilisations supplémentaires, de dysfonctionnements graves au niveau de la cohabitation sunnito-chiite et des atteintes permanentes aux symboles de la sigha nationale. Face à cette situation, la gent politique souverainiste est carrément au tapis,
désarçonnée et incapable, du fait de ses disparités, de se mobiliser autour d'un programme national fédérateur, convaincant et incontournable. L'affaiblissement des institutions étatiques et le mensonge politico-stratégique du parti en question favorisent l'apparition constante de lézardes dans les structures constitutionnelles fondamentales du Liban de 1943, avec à la clé un risque sérieux de leur réorientation en faveur des intérêts du représentant de l'axe stratégique syro-iranien au Liban, le parti de Dieu.
Quand donc les souverainistes finiront-ils par se réveiller de leur torpeur ? Quand commenceront-ils à agir et non uniquement à réagir ? Quand se décideront-ils à annoncer aux citoyens leur vision du Liban de demain et les moyens de la réaliser ? Qu'attendent-ils pour mobiliser leur base autour d'un programme d'action et de communication, et lancer la machine dans les meilleurs délais possibles pour envoyer des messages forts et convaincants aux autres partenaires nationaux et arabes et aux décideurs internationaux ?
Sans avoir la prétention de prendre la place des éminents penseurs et des hommes politiques qui ont participé depuis de longues années aux nombreux combats qui ont jalonné la scène intérieure, je souhaiterais, en tant qu'observateur, suggérer deux projets de vision intéressants, parce que chacun d'eux pourrait répondre, s'il est adopté, aux attentes et aux objectifs d'au moins la majorité du peuple libanais, à savoir :
1– La neutralité permanente du Liban : il existe de nombreuses recherches, études, conférences et tables rondes sur cette option, tant au Liban qu'au niveau de l'UE et des différentes chancelleries européennes au Liban.
2– La décentralisation administrative et économique : cette option, qui a été étudiée sous forme de projet de loi en commissions parlementaires, pourrait être votée et permettre de décongestionner les tensions et les blocages du système actuel.
Il est bien entendu que la première de ces deux options, qui est la plus difficile à concrétiser, reste de loin la meilleure et la plus sécurisante pour l'avenir du peuple libanais, la perduration de son identité nationale et le rôle régional et international du Liban, en tant que terre message de paix, de tolérance et de cohabitation des religions et des cultures. Elle permettra de dégager le pays des influences étrangères, des tiraillements déstabilisateurs qu'elles occasionnent, et poussera les citoyens à construire enfin un État indépendant, souverain, libre et démocratique, déconfessionnalisé, civil et respectant les principes de l'alternance des pouvoirs entre toutes ses composantes. La décentralisation préconisée dans la seconde option pourrait y être éventuellement appliquée.
De grâce donc, que tous les politiques qui ont à cœur l'avenir de ce pays et de ses fils s'attèlent à cette tâche, mettant de côté tous les débats qui risquent de ralentir ou de bloquer la réalisation de cet objectif fondamentalement important et vital pour la survie de notre identité nationale et de celle du pays du Cèdre.

 

Quand un pouvoir politique multiplie les fuites en avant pour couvrir son absence, ses indécisions, sa justice sélective, en bref son incapacité à assumer (malgré la bonne foi de certains de ses membres), c'est qu'il fait faillite ou qu'il est en voie de s'effondrer. Quand des politiques utilisent le mensonge pour affirmer des contre-vérités et justifier leurs exactions et leurs débordements, ils foulent immanquablement aux pieds la dignité du citoyen, ses libertés élémentaires et les principes sacro-saints de la souveraineté nationale et de l'indépendance.Tel est malheureusement le constat amer que fait tout un chacun au Liban, quand il observe la succession des incidents qui s'y déroulent et l'absence quasi totale de solutions de la part des autorités en place, comme si l'État tournait en « roue libre » du fait de...
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