Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole - Jamale Rizkallah

L’espoir, malgré tout

Parce qu’on prétend que l’espoir se fait désormais rare,
Parce qu’on prétend qu’il n’y a plus de place pour nous « chez nous »,
Parce qu’on nous conseille de préparer nos équivalences et de faire nos valises,
Parce qu’on prétend que patienter est le verbe de celui « qui peut toujours rêver »,
Je dis merci.
Merci au chauffeur de taxi qui s’arrête poliment à côté de la voiture en panne pour offrir son aide.
Merci à la femme qui vous dit humblement merci d’un mouvement de tête quand vous lui frayez un passage à un rond-point.
Merci au propriétaire du petit restaurant de quartier qui emballe proprement tous les soirs des plats et les donne au vagabond du coin, parce qu’il sait que permettre à ce dernier de farfouiller dans sa poubelle n’est pas exactement un acte de charité.
Merci au gardien de sécurité de l’université ou du lieu de votre travail qui vous accueille tous les matins avec de jolis mots de bienvenue et un sourire chaud alors que la maladie ne lui rend pas la vie facile.
Merci au voisin dont vous ne connaissez pas le prénom mais qui veut bien vous réveiller à minuit pour vous avertir que vous avez oublié vos phares allumés.
Merci à cet autre voisin qui sort de son lit et va frapper sur la porte de l’ascenseur que vous avez fait la bêtise de prendre à 6h (9h, midi ou 15h).
Merci à ces volontaires, à ceux qui font un don de sang, à ceux qui s’acharnent sur les campagnes d’éveil contre la conduite en état d’ivresse ou le sida.
Merci au jeune sur sa mobylette qui veut bien vous aider à changer votre roue, gratuitement.
Je suis peut-être optimiste... Mais je veux croire que toutes ces personnes à remercier sont les acteurs d’une société civilisée qui cherchent encore à embellir la laideur du gouffre où on essaie de nous jeter. Elles sont là, radieuses et propres, malgré un entourage de personnes malveillantes, qui n’ont pour seul intérêt qu’elles-mêmes. C’est par elles que nous gardons l’espoir après tout.
Alors voilà, merci.

Parce qu’on prétend que l’espoir se fait désormais rare,Parce qu’on prétend qu’il n’y a plus de place pour nous « chez nous »,Parce qu’on nous conseille de préparer nos équivalences et de faire nos valises,Parce qu’on prétend que patienter est le verbe de celui « qui peut toujours rêver »,Je dis merci.Merci au chauffeur de taxi qui s’arrête poliment à côté de la voiture en panne pour offrir son aide.Merci à la femme qui vous dit humblement merci d’un mouvement de tête quand vous lui frayez un passage à un rond-point.Merci au propriétaire du petit restaurant de quartier qui emballe proprement tous les soirs des plats et les donne au vagabond du coin, parce...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut