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Attentats à Beyrouth: Téhéran évoque "un signal d'alarme pour nous tous"

Liban

Raad dénonce le projet mené par l'alliance israélo-occidentale.

OLJ/Agences
19/11/2013

L'Iran a accusé Israël d'être responsable du double attentat meurtrier perpétré mardi contre l'ambassade iranienne à Beyrouth qui a fait au moins 23 morts, dont l'attaché culturel iranien, selon les médias.

 

"L'acte terroriste" perpétré devant l'ambassade iranienne est un "crime inhumain et haineux des sionistes et de leurs mercenaires", a déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Marzieh Afkham, dans un communiqué publié par l'agence officielle Irna. Elle a confirmé que le conseiller culturel de l'ambassade, Ibrahim al-Ansari, un religieux, avait été tué dans l'attentat.

Selon des sources gouvernementales libanaises, le diplomate a succombé à ses blessures après avoir été grièvement blessé. Un autre ressortissant iranien, membre du service de sécurité de l'ambassade, a également été tué dans la double explosion, ont indiqué les médias à Téhéran.

 

L'attentat s'est produit à Bir-Hassan, un quartier résidentiel du sud de Beyrouth à majorité chiite et bastion du Hezbollah. Il s'agit du troisième attentat visant un bastion du Hezbollah, puissant parti libanais armé combattant en Syrie auprès des troupes de Bachar el-Assad, et dont le principal parrain est Téhéran.

A la mi-journée, mardi, il a été revendiqué par un groupe jihadiste considéré comme lié au réseau extrémiste el-Qaëda.

 

"La tragédie d'aujourd'hui devrait être un signal d'alarme pour nous tous. Nous devons en tenir compte. Si nous le le faisons pas sérieusement, cela pourrait nous engloutir tous", a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif à Rome à l'issue d'un entretien avec son homologue italienne Emma Bonino.

 

L'ambassadeur iranien Ghadanfar Rokn Abadi a, de son côté, assuré que l'attentat n'aura "aucun impact" sur les positions de la République islamique à l'égard de la situation régionale. "Bien au contraire, tous les Iraniens veulent poursuivre la lutte contre l'ennemi israélien", a lancé M. Rokn Abadi, lors d'un entretien avec la chaîne de télévision al-Manar, organe du Hezbollah. Il a également accusé des agents à la solde "de l'entité sioniste" (Israël, ndlr) d'être responsables de l'attentat.

Selon al-Manar, l'ambassadeur avait rendez-vous à 10 heures au ministère libanais de la Culture. L'attentat est survenu vers 9 heures 40.

 

 

Destabiliser le Liban

Côté libanais, le Premier ministre démissionnaire Nagib Mikati a condamné l'attentat, le qualifiant d'"acte terroriste". "L'objectif de cet attentat est de déstabiliser le Liban", a-t-il estimé. Le député Ali Bazzi a, lui aussi, estimé que cet attentat vise la paix civile au Liban.
Le ministre sortant de l'Information Walid Daouk a, pour sa part, appelé les médias à couvrir l'attentat de manière objective et neutre.
Le ministre sortant de la Santé Ali Hassan Khalil a, de son côté, appelé tous les hôpitaux proche de la région à ouvrir leurs portes à toutes les personnes blessés dans l'attentat.

 

Ali Ammar, député du Hezbollah, a accusé "un monstre terroriste" soutenu par certains pays arabes et Israël d'être responsable de cet acte. "Ils ne réussiront pas à vaincre notre peuple. Rien n'arrêtera la résistance (Hezbollah, ndlr)", a-t-il martelé. "Le but est de poursuivre le projet de meurtre, de destruction, de chaos (...). C'est le projet mené par l'alliance israélo-occidentale et dont les intérêts se recoupent avec ceux de régimes de la région (arabe) et des groupes extrémistes", a renchéri le député du Hezbollah, Mohammad Raad.

 

 

L'ancien Premier ministre Saad Hariri a estimé que cet attentat devrait être un argument pour éloigner le Liban des conflits dans la région.
"Nous condamnons cet attentat terroriste et nous appelons à tenir les Libanais à l'écart des dangers de l'implication dans le conflit syrien", a indiqué M. Hariri dans un communiqué diffusé par son bureau de presse.

Le chef du Courant patriotique libre (CPL), Michel Aoun, a qualifié l'attaque de "monstrueuse". "Cet attentat nous donne une idée de ce qui nous attend si ceux-là (terroristes et jihadistes, ndlr) remportent la guerre (en Syrie)", a déclaré Michel Aoun dans un entretien avec la chaîne de télévision al-Manar, organe du Hezbollah.

"C'est un drame. Nous présentons nos condoléances aux proches des victimes, mais cela ne suffit pas. Nous devons construire un mur pour faire face à ces sociétés arriérées qui ne s'attaquent qu'aux innocents", a-t-il ajouté.

Le chef du Parti socialiste progressiste, Walid  Joumblatt, a appelé à "un retour immédiat" au dialogue entre Libanais. "Nous réitérons notre appel aux autorités pour qu'elles renforcent les mesures de sécurité afin d'éviter un nouvel attentat similaire", a dit Walid Joumblatt.

"Tout le Liban est pris pour cible (par cette attaque). Nous devons être solidaires afin de faire face au complot concocté contre la nation", a déclaré de son côté l'ancien président Amine Gemayel.

 

 

Appel à la retenue

La France a également condamné mardi "avec la plus grande fermeté l'attentat sanglant", selon un communiqué de l'Elysée. La France "réitère son soutien au gouvernement libanais pour préserver l'unité nationale", ajoutent les services de la présidence de la République.

"Elle condamne le terrorisme sous toutes ses formes, quels qu'en soient les motifs et les auteurs" et "exprime ses profondes condoléances aux familles des victimes et sa solidarité aux autorités libanaises et iraniennes", ajoute l'Elysée.

 

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a, pour sa part, appelé les Libanais à "agir avec retenue et à soutenir les institutions de l'Etat, notamment les forces de sécurité".

Le Conseil de sécurité de l'ONU a, quant à lui, appelé "toutes les parties libanaises à préserver l'unité nationale face aux tentatives pour déstabiliser le pays". Dans une déclaration unanime, les 15 pays membres du Conseil invitent aussi les Libanais à "s'abstenir de toute implication dans la crise syrienne".

 

Washington et Londres ont fait des gestes envers l'Iran après l'attaque, dans le cadre du rapprochement amorcé après l'élection du président iranien Hassan Rohani qui a permis de débloquer les négociations sur le nucléaire reprenant mercredi à Genève.
Le secrétaire d'Etat John Kerry a condamné "avec force les attentats terroristes insensés et abjects", dans un très rare communiqué de Washington soutenant Téhéran. Et le Premier ministre David Cameron a appelé M. Rohani dans une démarche inédite depuis plus de 10 ans.

 

 

Diaporama

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Jaber Kamel

Israel avec sous traitance takfiriste .....

Sabbagha Antoine

Que l 'Iran cesse ses ingérences et nous vivrons en paix .




Antoine Sabbagha

Pierre Hadjigeorgiou

L'attentat a en pleurer, mais la déclaration Iranienne en rire a pleurer. Tant de bêtises gratuites!

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