«Nos jeunes sont créatifs. Ils ont des idées et rêvent de changer les choses. Mais seules, leurs voix ne portent pas! Ils ont besoin de moyens et du pouvoir des médias pour faire passer leur message et opérer des changements positifs dans la société», explique Randa Yassir, directrice de Smart Center, une société qui œuvre pour impliquer plus activement les jeunes dans la vie politique. En mai 2013, en collaboration avec la Middle East Partnership Initiative (MEPI), Smart Center lance son projet « One voice can change ». En collaboration avec huit universités du Liban – UL, AUB, LAU, AUST, Balamand, Jinan, et l’Université arabe de Beyrouth –, 30 étudiants en journalisme et communication ont entrepris des stages dans plusieurs télévisions libanaises pour se familiariser avec les différents moyens de communication. « Ils sont allés sur le terrain avec les reporters, ont appris à écrire des scénarios, débattu de leurs idées autour de tables rondes et compris l’utilité des réseaux sociaux comme moyens efficaces et rapides pour propager leurs messages. » Au bout de deux mois, ces 30 étudiants ont créé eux-mêmes leurs courts-métrages, dont les sujets avaient trait à la liberté d’expression, la participation de la femme et des jeunes dans la vie publique et politique, les élections législatives, avec un seul objectif : pousser le citoyen à voter pour faire changer les choses !
« Ne laisse pas tes rêves emprisonnés. Vote ! »
Trente courts-métrages, mais surtout trente secondes porteuses des maux de cette jeunesse en mal de liberté, de droits et de justice. Des messages qui reflètent leur détresse, leurs désirs, et surtout leur rêve d’un Liban meilleur : «J’ai le droit de travailler, de manger, de parler», «La liberté est ton plus beau cadeau. Ne le refuse pas. Vote!», «Les cris ne suffisent plus, la fuite ne suffit plus!», «Ton pays est au bord du gouffre. Vote pour le sauver!»... Des slogans pour pousser au changement, avec comme seul et ultime recours: le vote aux élections d’un nouveau gouvernement. Le jury composé d’un panel des gens des médias et de la communication ainsi que les représentants de MEPI ont finalement élu les gagnants des dix meilleurs courts-métrages. Le premier prix est revenu à Yahya el-Saddik de l’Université Jinan avec son slogan «Ne laisse pas tomber ton honneur au fond de l’urne » et, en arrière-plan, des papiers glissés dans l’urne, sur lesquels sont inscrits les mots «honneur», « droit » « liberté » «dignité». Le ministre de l’Intérieur, en remettant les prix aux dix gagnants, a exhorté ces jeunes «à ne pas baisser les bras! Les peuples arabes se sont révoltés pour avoir le droit de voter démocratiquement; nous, nous avons ce droit depuis 1943, mais nous l’ignorons et nous le rejetons». Des mots qui dénoncent des maux, des maux qui tombent souvent dans l’oubli!
Lamia SFEIR DAROUNI
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