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Liban

Huit ans après le retour de Michel Aoun, le bloc du Changement et de la Réforme fait le point

Une réunion à huis clos a rassemblé tous les cadres du bloc, au monastère Saint-Jean de Deir el-Kalaa, à Beit-Méry.

Gebran Bassil, Michel Aoun et Ibrahim Kanaan lèvent leur verre à la santé du bloc parlementaire. Photo Charbel Nakhoul

C’est à Beit Méry, au monastère Saint-Jean, que le bloc parlementaire du Changement et de la Réforme a tenu hier sa troisième grande réunion à huis clos, à la veille de la commémoration du fameux 13 octobre, qui avait témoigné de l’exil de Michel Aoun en 1990. Le lieu, effectivement, revêt une importance symbolique à cette occasion, ayant reçu son dû de bombardements et de sang de la part du régime syrien en ce jour-là. Et quelques jours avant l’ouverture de la session ordinaire du Parlement, le bloc du Changement et de la Réforme a vu nécessaire de faire le point, soit d’évaluer le travail accompli jusque-là, huit ans après le retour au Liban du général Aoun, et de jeter les fondements de la période politique prochaine en esquissant une feuille de route et les plans futurs. Pour beaucoup au sein du groupe, et à bien des égards, de nombreux projets envisagés lors des deux précédentes réunions, tenues en 2009 et en 2011, n’ont pas abouti, ayant fait face à des obstacles extérieurs ou n’ayant pas bénéficié des efforts nécessaires requis.


Ce sont donc les ministres et députés du Courant patriotique libre (CPL) et du Tachnag, principalement, qui se sont réunis sous les arches de pierre du monastère, qui revient à l’ordre des pères antonins. L’absence des Marada, suite au différend qui a précédé et suivi la prorogation du mandat de la Chambre, était notable, même si elle ne semblait point affecter les participants réunis sous l’égide de Michel Aoun, affublé à sa droite du ministre sortant de l’Énergie, Gebran Bassil, et à sa gauche du secrétaire du bloc parlementaire, le député Ibrahim Kanaan.
Contrairement aux rumeurs colportées par les médias, cette réunion n’a eu aucunement pour but de discuter des affaires intérieures du CPL, encore moins de la succession de Michel Aoun, mais a traité exclusivement d’affaires politiques et sociales au sein du bloc du Changement et de la Réforme.

 

(Lire aussi: Élias Moukheiber : « Ça suffit de faire passer Assad pour l’ange gardien des chrétiens »)


Après une courte prière au monastère, Michel Aoun a prononcé une brève allocution en présence des journalistes, avant que le groupe ne s’isole pour entamer ses discussions.
« Nous avons expérimenté la prise du pouvoir au pays durant ces quelques années, et nous avons pu découvrir l’environnement politique, ses erreurs et la position que nous y occupons. Nous avons aussi appris que nous sommes très différents des autres composantes du pays au niveau de l’exécution du pouvoir », a-t-il dit, appelant à éviter de généraliser et d’accuser toutes les parties de corruption. S’en prenant au Premier ministre démissionnaire Nagib Mikati, le général Aoun a qualifié ce dernier de « champion dans la catégorie de ceux qui se défilent devant leurs responsabilités ». « Il ne sait que prétendre que le Conseil des ministres est divisé. Il l’a fait lors de la prorogation des mandats des hauts responsables de l’armée et c’est ce qui passe actuellement concernant le décret relatif au pétrole », a-t-il martelé.


Le chef du CPL n’a pas manqué de dénoncer « la distanciation du gouvernement libanais à l’égard de la situation sécuritaire dans plusieurs régions libanaises ». Il a alors suggéré de publier les décisions de chaque ministre au sujet des dossiers soumis au vote, « parce que les citoyens ne peuvent pas demander des comptes aux responsables s’ils ne sont pas au courant de tous les détails, surtout que ces mêmes responsables se lancent des accusations réciproques face au blocage des institutions ».
Tout en critiquant les ministres et députés qui font preuve de revanchisme à l’encontre des citoyens, Michel Aoun a souligné que les représentants de son bloc ne faisaient aucune différence entre les Libanais et affrontaient défis et obstacles « en toute responsabilité et dans le respect des lois ».


Michel Aoun s’est en outre penché sur la situation socio-économique du pays, faisant valoir que « la terre libanaise n’est ni un produit commercial ni un camp de réfugiés ». Il a ajouté que les ressources naturelles du Liban devraient être exploitées pour la croissance et le développement du pays, et non pas réparties entre les individus et les communautés religieuses. « Nous devons savoir gérer convenablement ces ressources pour empêcher l’émigration des jeunes », a-t-il scandé, appelant tous les Libanais « à combattre ensemble la corruption, puisque l’argent gaspillé devrait permettre de financer les soins médicaux des Libanais, l’éducation dans les écoles officielles et le réaménagement des routes ». Il a enfin affirmé que « nos alliés sont ceux qui nous soutiendront dans le projet de construction de l’État ».

Vers une remise en question des alliances ?
La réunion entre les cadres du bloc parlementaire s’est ensuite poursuivie par une intervention du député Ibrahim Kanaan, qui a évalué l’application des objectifs des deux grands rassemblements précédents du bloc, avant que le général Aoun et le ministre Bassil ne discutent du sujet épineux des « choix et alliances », évaluant les choix pris par le groupe parlementaire depuis 2005 et la qualité de ses relations avec les pays arabes, européens et les différentes parties libanaises.


Le deuxième volet de la réunion a ensuite traité de la situation aux niveaux des pouvoirs exécutif et législatif. Le député Alain Aoun a sur ce plan étudié l’affaire de la loi électorale, notant « l’incapacité de certaines forces chrétiennes à respecter leurs engagements », et s’interrogeant « à quel point les partenaires au pays comptent respecter la parité ». Le ministre Nicolas Sehnaoui a quant à lui exposé une étude à propos des revenus venant du service des téléphones mobiles aux municipalités. La situation des chrétiens en Orient a ultérieurement été discutée.

 

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Lors de la pause déjeuner, le père Nagib Baaklini, président du monastère, s’est adressé à Michel Aoun, le remerciant au nom de l’ordre des pères antonins pour avoir choisi cet endroit pour y tenir ce rassemblement, et l’appelant à sauvegarder l’État de droit et des institutions. « Vous êtes autrefois passé par là et vous revenez aujourd’hui prendre foi et force de cette forteresse, pour corriger l’activité politique au pays, et changer la performance », a-t-il dit.
Le chef du CPL a, pour sa part, remercié le père Baaklini, se souvenant des pères Albert Cherfane et Sleiman Abou Khalil, qui ont disparu du monastère le 13 octobre 1990. Il a sur ce plan réitéré la nécessité d’accomplir davantage pour le pays, « pour que les sacrifices des Libanais et des martyrs n’aient pas été faits en vain », soulignant la symbolique du lieu à ses yeux.


Par ailleurs, et au terme de la réunion, le secrétaire Ibrahim Kanaan a rendu public le communiqué dans lequel les recommandations du bloc ont été émises. Dans le document, le bloc a, entres autres, condamné une nouvelle fois la prorogation du mandat de la Chambre, appelant à « ne pas permettre au phénomène de prorogation d’atteindre la présidentielle ». Ils ont appelé alors à l’élection d’un président « fort de son environnement et de sa qualité représentative ».

 

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C’est à Beit Méry, au monastère Saint-Jean, que le bloc parlementaire du Changement et de la Réforme a tenu hier sa troisième grande réunion à huis clos, à la veille de la commémoration du fameux 13 octobre, qui avait témoigné de l’exil de Michel Aoun en 1990. Le lieu, effectivement, revêt une importance symbolique à cette occasion, ayant reçu son dû de bombardements et de sang de la part du régime syrien en ce jour-là. Et quelques jours avant l’ouverture de la session ordinaire du Parlement, le bloc du Changement et de la Réforme a vu nécessaire de faire le point, soit d’évaluer le travail accompli jusque-là, huit ans après le retour au Liban du général Aoun, et de jeter les fondements de la période politique prochaine en esquissant une feuille de route et les plans futurs. Pour beaucoup au sein du...
commentaires (7)

ET LE POINT EST : __ COMPTE PERTES ET PROFITS 2005 AVANT LE RAPATRIEMENT = ÉNORME PROFIT. BILAN : POSITIF DE TOUT POINT DE VUE ! __ COMPTE PERTES ET PROFITS DEPUIS ET JUSQU'AUJOURD'HUI = PERTES SUBSTANTIELLES NON RECOUVRABLES ! BILAN : ZÉRO À GAUCHE !

SAKR LOUBNAN

11 h 38, le 13 octobre 2013

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Commentaires (7)

  • ET LE POINT EST : __ COMPTE PERTES ET PROFITS 2005 AVANT LE RAPATRIEMENT = ÉNORME PROFIT. BILAN : POSITIF DE TOUT POINT DE VUE ! __ COMPTE PERTES ET PROFITS DEPUIS ET JUSQU'AUJOURD'HUI = PERTES SUBSTANTIELLES NON RECOUVRABLES ! BILAN : ZÉRO À GAUCHE !

    SAKR LOUBNAN

    11 h 38, le 13 octobre 2013

  • Le point. C'est le terme exact,en fait.

    GEDEON Christian

    11 h 22, le 12 octobre 2013

  • Sauvegarder l’État de droit et des institutions espérons que cet acte de foi vit toujours parmi nos partis libanais avec touts ces changements depuis huit ans . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    11 h 21, le 12 octobre 2013

  • LE PARAVENT TOMBE ? FAITES ATTENTION DE NE PAS ÊTRE EMPORTÉ PAR LES VENTS !

    SAKR LOUBNAN

    09 h 55, le 12 octobre 2013

  • QUEL POINT... ILLA IL TI3TIR ?

    SAKR LOUBNAN

    08 h 53, le 12 octobre 2013

  • La nausee. Non satisfait de nous faire part d'une nouvelle edition de ses eructations hebdomadaires, le chef du CPL a le culot de le faire cette fois-ci d'un lieu hautement emblematique de la date du 13 octobre. Un cynisme digne de ses maitres syriens.

    CM

    07 h 18, le 12 octobre 2013

  • Huit ans d'alliance avec ceux qui détruisent l'Etat et changent le visage du Liban. Ces derniers ont profité au maximum de cette alliance comme couverture à leur plan transnational.

    Halim Abou Chacra

    04 h 32, le 12 octobre 2013

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